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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 07:36

Les Dossiers de La Recherche N 2

 

                               (Laurent Giordano)

 

Nous prenons tous un médicament quand nous en avons besoin, le problème est qu'une petite partie seulement de leurs principes actifs sont efficaces, le reste est dégradé puis évacué. Il semble logique de produire des médicaments capables de cibler les cellules malades.

La nanomédecine est l'utilisation de nanoparticules synthétiques transportant des principes actifs mais aussi pour des implants osseux ou des régulateurs cardiaques. L'organisation internationale de normalisation définit les nanomatériaux comme compris entre 1 et 100 nanomètres pourvus de propriétés spécifiques à cette échelle.

Certaines industriels préfèrent pourtant éviter la qualification de ''nanos'' pour éviter des réglementations trop contraignantes. La limite des 100 nanomètres n'a pourtant aucun fondement scientifique, certaines propriétés peuvent apparaître à 10 comme à 500 nanomètres. La limite, supérieure, du micromètres semble la plus valide.

 

Les nanomédicaments associent deux composantes : le principe actif et la nanoparticule qui la transporte vers les cellules malades. Cette méthode est appelé vectorisation par nanoparticule, elle permet d'envoyer vers les cellules des agents chimiothérapeuthiques, diagnostiques ou d'autres accroissant les effets des radiothérapies. Ces vectorisations sont associés pour une plus grande efficacité. Les nanovecteurs protègent la molécule active des enzymes de l'organisme et visent le cellule cible pour le libérer. Ils permettent d'atteindre de très petites zones lésées et de détecter les maladies, en particulier les cancers, à un stade précoce.

 

Son domaine le plus abouti est celui du remplacement et de la régénération des tissus et organes lésés, en particulier les dents et les os. Pour qu'un implant s'intègre bien il doit stimuler la synthèse des tissus dans lesquels il est introduit en favorisant la multiplication des cellules qui l'entourent. Des implants nanoporeux offrent une surface de contact 100 fois supérieure aux implants classiques et peuvent être améliorés par l'insertion de nanoréservoirs contenant des substances thérapeutiques ou des facteurs favorisant la croissance cellulaire. D'autres domaines profitent de la nanomédecine : pansements, masques chirurgicaux, stimulateurs cardiaques, prothèses auditives... tant que certains semblent appartenir à la science-fiction. Des artères artificielles pourraient simuler les vaisseaux sanguins naturels, des nanotubes de carbone pourraient surveiller la quantité de glucose dans le sang. Mieux : des nanorobots pourraient sonder l'organisme et les cellules à la recherches d'éventuelles maladies, éliminer ou réparer directement les cellules malades en préservant les saines.

Les premiers nanomédicaments ont 15 ans et leur progression devraient être largement supérieure à celle du secteur pharmaceutique. Plus efficaces, générant moins d'effets secondaires, ils réduisent les frais de santé publique.

 

Toute nouveauté générant la peur des individus les plus obtus, il en est de même de celui-ci chez ceux qui guettent l'occasion de se mettre en avant pour protéger des certitudes aussi étroites que leurs capacités intellectuelles sont limitées. Pour eux le monde doit se figer, et s'il régressait ce serait encore mieux. Dans ce domaine comme dans les autres les nanotechnologies ne sont qu'un moyen. En médecine elles doivent respecter les mêmes obligations que n'importe quel médicament même si leurs spécificités rendent difficiles l'examen de leur usage au fil des années. Le goût des autorités pour toujours plus de réglementation ne peut que aller dans le sens de la sécurité.

 

Du moins, en principe ! 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Chenzen, le seul 16/05/2016 20:07

Bonjour Lee.

Les nanosceptiques devront bien s'y mettre un jour, car la médecine " à effets secondaires" multiples est dépassée ; soigner, c'est soigner, pas tomber malade davantage. Cette science a un large avenir devant elle, aussi importante que le sont les pathologies humaines et animales. L'important demeurant le souhait de soigner les souffrances.

Lee Rony 16/05/2016 21:46

Bonsoir Chenzen, le seul.

Cette science, comme les autres, n'est pas autonome, elle n'est qu'un moyen. Promesses et menaces viennent de ceux qui les utilisent, parfois, souvent, sans les comprendre. Elles ne sont pas pour autant une panacée.

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