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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 06:07

Prisonnier d'une dimension étrange dont je ne peux parler ici j'ai laissé passé le rendez-vous philo de Heide du mois de mai, pour me (et vous) punir, en voici deux :

Lundi philo – 7 : La littérature (06 05 2013)

Si tout est littérature alors elle intègre la philosophie, mais quand la première dit ce qu'elle veut, ce qu'elle croit ou imagine, la seconde se veut porteuse de sens, expliquer l'être et la pensée plutôt que les comportements de l'un et les erreurs de l'autre. L'imaginaire et le Vrai, pour autant que ce mot ait un sens, sont-ils inconciliables ou le second peut-il user de la première pour chercher, explorer, jusqu'à ce que l'illusion tombe et le réel seul subsiste ?

La question pourrait être que la littérature comme œuvre de l'esprit ne s'oppose pas à la philosophie mais en est une parente, parfois grotesque, souvent débile, mais, quelquefois, porteuse d'un sens que l'esprit découvre parce qu'il avançait masqué quand la réflexion se heurte au mur de l'objectivité. Avancer dans l'inconnu permet des découvertes que la conscience ne verrait pas, éblouie qu'elle est par la lumière, parfois faiblarde, de la réflexion.

Ainsi que le dit Descartes : ''Il y a en nous des semences se science, les philosophes les extraient par raison, les poètes les arrachent par imagination''. Apprécier une idée sous divers angles n'est-ce pas le meilleur moyen de la mieux comprendre, encore qu'à mon sens il manque la dimension de la réalité, physique, chimique, biologique, mais c'est là une question au-dessus de mes moyens et compétences.

Au commencement était le Verbe, paraît-il, ensuite vint le verbiage et sous couvert de philosophie ou de littérature nombreux s'en firent sujets, et, avec assiduité, produisent

Le beau, l'apparence, le style, trop souvent retiennent l'attention et le fond alors se noie dans l'illusion, le masque est plus important que ce qu'il dissimule alors que l'essence même de la philosophie est de révéler.

Socrate, il y a longtemps, fut le promoteur de cette séparation de la pensée et de la poésie didactique telle qu'elle existait. La poésie ''poétique'' vint plus tard. Il prit le dialogue, instrument d'échange et de liberté dans l'expression, et en fit le mode d'expression, sinon de La vérité, du moins de l'envie de s'en approcher.

Pour beaucoup, qui la connaissent mal, la philo est rebutante, barbante, ses textes sont des volumes épais, écrits petit, d'autant plus aujourd'hui où la vitesse et le besoin de stimulations rend étrange le geste de se pencher sur un gros bouquin dans lequel le lecteur part en quête de lui-même.

L'écriture est une mère qui a plusieurs enfants, ce rôle lui interdit d'en privilégier un, nous avons la chance de pouvoir tous les fréquenter, ne nous en privons pas. Nous lirons mieux les yeux ouverts !

Impossible, pour moi, de ne pas citer Nietzsche ''La philosophie est une forme de la poésie. Le philosophe connait en inventant, invente en connaissant''.

Il me l'a enlevé de la plume !


Lundi philo – 8 : Au bout du monde (03 06 2013)

      Le thème de ce jour m'a titillé l'esprit, que savais-je en fait des philosophies, quel que soit le sens donné à ce mot, existant ailleurs qu'en Europe ou en Asie ?

Pas grand chose dus-je me répondre, aussi suis-je parti en exploration loin de ces rivages connus. Par analogie je ne pouvais que me tourner vers l'Amérique du Sud et m'embarquer sur la Caravelle de la curiosité pour aborder sur ces terres inconnues, pour moi.

Le Popol Vuh s'est imposé de lui-même, expression d'une culture disparue et qui failli être effacée pour ne laisser, comme d'autres, que des squelettes de pierre gorgés de mystères.

Les mêmes causes donnent les mêmes effets semble-t-il, dans ce livre nous trouvons une genèse proche de celle que nous connaissons, dans sa forme, si ce n'est que plusieurs dieux s'unirent pour le façonner à partir de la glaise et le peupler de créatures dont ils souhaitaient être adorés. Ce ne fut pas une réussite aussi durent-ils recommencer, usant cette fois du bois comme matière première. Nouvel échec, ces êtres étant incapables de penser.

Qui sait si le diction : Jamais 2 sans 3 ! ne vient pas d'eux. En effet la tentative suivante fut la bonne, cette fois à partir du maïs. L'homo sapiens existait enfin.

Si je peux donner mon avis un essai supplémentaire n'aurait pas été de trop...

Bien sûr il ne vous a pas échappé que cela ressemble au passage du minéral au végétal, sans se poursuivre pourtant avec l'animal.

Nous suivons ensuite des aventures extraordinaires et quasi mythologiques avant de retrouver nos humains. Les dieux, jaloux de la qualité de leur œuvre la modifièrent en en limitant les sens, ils étaient capables de voir à distance et de tout connaître de l'univers, et l'intelligence (on s'en rend compte tous les jours), et les contraignant à procréer, ce qui eut pour conséquence que quatre femmes furent crées. De ces huit individus vint la globalité de l'espèce humaine.

Finalement pour se rapprocher du présent nous pouvons voir dans le Net l'envie de retrouver cette omniscience.

Vous me direz que cela ne fait pas une philosophie au sens ou nous l'entendons, pas plus qu'il n'est convainquant de comparer Socrate à Confucius. Pour les Mayas l'important est leur place dans l'univers et leur capacité à comprendre le temps, à vouloir le maîtriser, peut-être à l'excès puisqu'ils quittèrent un jour leurs cités pour se perdre, qui sait s'ils n'avaient pas deviné l'inanité de leur ambition, à moins qu'ils n'aient atteint leur but et laissé le relais dans l'attente que d'autres le prennent.

Leur cyclique était achevé sans que cela n'eut rien à voir avec la fin du monde !

Le Popol Vuh éduque aussi les hommes, leur dit qu'ils doivent se soumettre à un destin décidé depuis longtemps et contre lequel ils ne peuvent rien. De simples conseils de vie : Prenez soin de votre foyer, de votre contrée, prenez garde à vous.

Une fois encore l'arrivé du monothéisme fut digne d'Attila, derrière lui le savoir ne repousse plus et il faut creuser pour trouver quelques racines, quelques traces, quelques souvenirs flous laissant place à trop d'exégètes autoproclamés.

À l'image des cités retrouvées qui sait si, quelque part, leur savoir ne nous attend pas. J'espère qu'il est assez bien caché pour n'être pas accessible par n'importe qui. 

 

      Ne manquez pas les articles de Heide, Coccinelle, Anis, Denis.

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Publié par Lee Rony - dans Divers
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commentaires

Coccinelle 05/06/2013 00:07


Bonjour Lee Rony, intéressant ton article, ou plutôt tes deux articles


Le premier sur la littérature complète l'article que j'avais publié en mai !


Le deuxième m'apprend des choses sur ce Popol Vuh dont j'avais vaguement entendu parler, merci pour la découverte.


Je repasserai pour noter tes liens d'articles coréens.


Bonne soirée et bonne semaine.

Lee Rony 05/06/2013 22:30



J'avais en effet laisser passer le lundi fit l'eau de mai... Je devrais suivre Colomb et découvrir moi aussi le monde Américain, ça promet d'être un long voyage.


Dommage que le printemps coréen soit proche de sa fin, il y a tant à dire.


Bonne semaine à toi.



Heide 04/06/2013 20:55


Quelle chance nous avons d'avoir deux plats de résistance aujourd'hui !


Pour la littérature, Nietzsche était un génie ! Et puis, la littérature, en suggérant, stimule au moins autant la réflexion que les ouvrages didactiques de philosophie. Enfin, c'est mon point de
vue et j'aime aussi les textes philosophiques, sauf quand ils sont si "savants" qu'ils en deviennent hermétiques et qu'ils me ferment alors les portes de la réflexion.


Pour le voyage en Amérique du Sud, le Popol Vuh, est-ce une sorte de "Bible" ? Un texte sacré ou quelque chose dans le genre, je ne connais pas du tout.

Lee Rony 05/06/2013 22:27



Comme son nom l'indique la réflexion n'est jamais que le reflet de nos propres pensées, elles-mêmes influencées, sinon dirigées, par nos connaissances ou nos ignorances, et plus souvent par
celles-ci, par notre passé, par les poids respectifs de l'inné, un peu, de l'acquit, beaucoup. Dès lors, la vérité n'est-elle pas qu'une définition limitée à notre compréhension. Petit laïus pour
montrer que les mots ont un sens à géométrie variable et que littérature et philosophie sont siamoises, filles du Verbe. Inutile de les opposer, aimons l'une et l'autre pour leurs qualités
respectives.


La réalité est ailleurs mais c'est une autre histoire.


Mon ignorance des civilisations sud-américaines est grande et le Popol Vuh m'est apparu comme une porte d'entrée intéressante, irais-je plus loin ? Je l'espère mais sans certitude de trouver la
motivation suffisante...


Flemme quand tu nous tiens !



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