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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 14:55

S'il est un sujet qui semble loin de moi c'est bien le bonheur, c'est pourquoi je saisis l'offre de Heide, transmise par Catherine, pour me pencher sur ce concept mystérieux, son contraire me siérait davantage, encore que, en y repensant, ils ne semblent pas s'opposer mais se compléter. Le premier est-il l'oubli du second ? Il y a peu je le voyais emplissant le regard de bovin ignorant de leur sort et synonyme d'un état quasi végétatif et pour tout dire proche de l'idiotie.

C'est l'opportunité d'une remise en cause de ce point de vue.

Homme de mots (de maux aussi parfois...) je vois que l'étymologie donne à ce mot ''Eür'' le sens de ''l'accroissement accordé par les dieux'' et le fait voisiner avec ''fondateur'', ''auteur'' et les diverses formes de ces termes.

Ainsi se pose la question du bonheur comme satisfaction présente dégagée de toute projection dans le futur sous quelque forme que ce soit. Faut-il suivre Épicure et chercher la paix de l'âme et du corps, une forme de momification, la vie existe-t-elle hors du temps qui passe et des changements qu'il instille en nous. Faudrait-il se rapprocher de Blaise Pascal qui fait du bonheur le fruit de la foi, fruit amer aujourd'hui mais qui serait délicieux au paradis. Autant dire que je ne suis pas près de le déguster.

Et vous ?

Peut-être la vision de Baruch Spinoza est-elle préférable : ''Bien agir et être dans la joie''. Réaliser des désirs raisonnables sans être troublé par ses passions dans le cadre d'une nature amicale. 

Bref, s'em...nuyer grave ! Pour user d'une terminologie moderne loin du style spinozien mais ayant l'avantage de la précision dans la concision.

 

Reste la vision kantienne, celle pour laquelle j'avoue le maximum de connivences qui voit dans le bonheur un concept oublieux de son sens originel et sujet philosophique propre à d'autant plus de thèse que chercher à le définir devient synonyme de le connaître. Cette fois le fruit n'a même plus de goût sinon l'idée de celui qu'il pourrait avoir. Vous faut-il la santé, l'argent, une famille aimante, un travail plaisant, une voiture, un...

Chacun veut ceci ou cela mais sa nature, pour ne pas dire LA nature, le porte à céder à des passions qui n'en sont pas opposées à cette dernière mais sa progéniture.

Vaste sujet, les questions qu'il soulève justifieraient des pages et des pages, quoi de plus difficile à définir que ce qui, au final, ressemble à une idole. Une idée que l'on perçoit mais qui se modifie à mesure que l'on s'en approche pour la voir mieux. Mais savoir que l'horizon est une ligne imaginaire n'empêche pas de vouloir s'en approcher n'est-ce pas ?

Passez devant !

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Publié par Lee Rony - dans Divers
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commentaires

siobhan 05/11/2012 22:52


Très jolie et complète analyse, l'intellectualisation du bonheur et si le bonheur c'était tout simplement lacher son verre de vodka (ou de whisky), tomber avec, et laisser son coeur cogner celui
de l'autre.

Lee Rony 06/11/2012 19:19



Je laisse tomber mon verre quand il est vide, sinon je le jette derrière moi ! J'aime ton image des coeurs se heurtant, tels des verres... Il n'est pas si bonne heure que ça, n'empêche que je te
souhaite tout le bonheur possible, jusqu'à ce que la bouteille soit vide 


 


 



Heide 05/11/2012 22:25


Bonsoir Lee Rony !


J'ai trouvé ton article passionnant et certains passages m'ont fait sourire, donc j'ai déjà trouvé ici un peu de bonheur, non ? Merci en tous cas pour ce bon moment et pour ta participation.



Le bonheur est peut-être un mythe, une île imaginaire sur laquelle chacun aimerait accoster et définitivement si possible. Mais au final, ce qui compte, c'est de trouver de l'enthousiasme dans notre vie et en soi, d'être en éveil et donc de bien se connaître, d'avoir un peu de bienveillance pour soi-même aussi.
Après on est plus fort pour affronter l'adversité.


A très bientôt !

Lee Rony 06/11/2012 19:15



Bonsoir Heide.


J'essaie toujours de donner matière à sourire faute de pouvoir le faire à penser, chacun son rôle. N'est-ce pas le chemin qui importe plus que le but, ce premier est notre vie, notre maintenant,
avec ses joies et ses peines, les secondes permettant de savourer les premières ; ce dernier étant ce à quoi nous ne pouvons échapper. Il y a (presque) toujours sous nos yeux une raison
d'apprécier le présent. 


Merci de proposer ces lundis philo, c'est un souffle d'air frais pour mes méninges parfois engluées dans leur routine. Ce qui semble simple l'est souvent moins dès lors qu'on s'en rapproche, pour
autant que ma vue soit aiguisée, ce dont je doute.


Merci aussi à Catherine qui m'a fait connaître ton blog. Le partage est bien la force du Net.


A bientôt, sans aucun doute 


 



Catherine 05/11/2012 22:06


Merci Lee Rony, je pense que tu es passé chez Heide et que tu as vu le prochain thème "la sagesse" proposé par Denis. Tu as un mois pour réfléchir, j'espère que tu participeras à chaque
rendez-vous, tu as un background philosophie/psychologie important et intéressant à partager.

Lee Rony 06/11/2012 18:49



Cet article n'est sans doute qu'une première version, j'étais pris par le temps pour respecter le délai. J'ai quelques idées pour la sagesse... En attendant de découvrir les tiennes  



DENIS 05/11/2012 21:04


c'est agréable d'être 4 à présent pour "oser" parler philo le lundi et du bonheur encore plus.


Mot tabou aujourd'hui dans les medias. Il faut du malheur pour intéresser le public.


Et le bonheur dans tout cela? C'est se construire soi-même et plus encore en diffuser aux autres, à ceux que l'on cotoie.


Oser le bonheur c'est être plutôt optimiste. Et rester toujours heureux, "nager dans le bonheur", un challenge, un défi à lancer.

Lee Rony 06/11/2012 18:47



Un mot au sens protéiforme et individuel, ce qu'il est diffère de ce qu'il sera. Comme disait Jacques Prévert : J'ai reconnu le bonheur au bruit qu'il a fait en partant.
Comme si l'absence de son contraire permettait seul de le dessiner.


Bonne idée en effet que de s'approcher de la philosophie, mise à tant de sauces au point qu'en retrouver la saveur originelle paraît difficile, raison de plus pour apporter un ingrédient
personnel. Elle ne saurait appartenir aux officiels, qui feraient mieux d'être officieux.


Effectivement on peut ''nager dans le bonheur'', ça doit être pour ça que je n'ai pas, pas encore, appris.



Catherine 05/11/2012 19:14


C'est super que tu aies participé et ce que tu dis est très intéressant. J'ai rajouté un lien vers cet article dans mon article. Bonne semaine.

Lee Rony 05/11/2012 20:57



C'était tentant et tu fus une excellente ambassadrice.


 



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