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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 07:42

 

 

Quand au cours de l'été 1875 Vladimir Pétrovitch Begitchev, l'intendant du grand théâtre de Moscou, demande à Piotr Illitch Tchaïkovski de composer un ballet ces deux hommes ignorent que 135 ans plus tard le dit ballet servira de base à un film de Darren Aronofsky mettant en scène, si j'ose dire, la quête impossible de Nina Sayers. Ballerine celle-ci aspire depuis longtemps à se retrouver dans un rôle principal, cela tombe bien, Beth Macintyre, l'étoile de la troupe, quitte la troupe à la fin de la saison et Thomas Leroy, le chorégraphe, cherche qui incarnera le rôle principal du Lac des Cygnes...

 

 

Affiche de 'Black Swan' 

Que doit-on donner de soi pour incarner un rôle, que doit-on abandonner de soi, laisser prendre peut-être, le chorégraphe cherche à manipuler sa danseuse afin qu'elle livre le meilleur d'elle-même, la sachant capable mais aussi prisonnière d'un comportement restreignant son aptitude à se laisser aller, or en ce domaine artistique, comme dans les autres, si la technique est nécessaire, elle est insuffisante pour donner mieux qu'un(e) interprétation. Leroy veut une recréation et que son étoile soit aussi brillante en incarnant le cygne blanc qu'en représentant le noir. Ainsi suivons-nous le cheminement de Nina qui cherche en elle les moyens de briser son corset, mais si celui-ci la comprime, comme pour la plupart des gens il lui permet aussi de tenir debout. Tant de vies trouvent dans la médiocrité le seul espace à leur convenance et regardent au travers d'écrans ou de journaux des incarnations de ce qu'ils croient au-dessus d'eux, regardant mieux elles verraient qu'en fait elles baissent les yeux.

 

 

L'ambition est un ogre insatiable (pléonasme, vous avez dit pléonasme ? ) dont la voracité altère la compréhension, la perception, que veut vraiment Lily, sa mère, danseuse ratée qui lui impute son échec est-elle sa complice ou une manipulatrice ? Le sommet est là, elle l'entrevoit, le sait accessible mais si le chemin se rétrécit il implique de bousculer les autres, et puis, le moins évident à deviner : une fois atteint, que conquérir, tout n'est-il pas que vertige ?

 

Tout le monde n'est pas un cygne, l'immense majorité se satisferait d'être représentée par un mouton grisâtre, fussent ceux qui se croient des aigles ou des loups et jouent, péniblement, leurs rôles, sans les comprendre, ignorant que dans l'ombre de la salle...

 

Quid de Lee Rony feins-je de vous entendre murmurer afin de pouvoir répondre ? Si vous voulez une '' vraie'' critique vous en trouverez facilement. Le Lac des Hippos donnerait une idée de mes compétences physiques, je me vante souvent de, à l'inverse de Nina, être naturellement du côté sombre, il y a là plus de vanité que de réalité. Mais ce libre-arbitre dont j'entends causer parfois n'est vrai que dans l'alternative offerte.

 

Alors, l'obscurité où les ténèbres ?

  

Pour en revenir au film j'espère que Nathalie Portman aura l'Oscar© de la meilleure actrice tant elle s'est investie dans son rôle physiquement et psychiquement. Sans oublier la musique de Tchaïkovski, c'est lui le grand oublié de ce film, mais dans 135 on verra encore le Lac des Cygnes, pour ce qui est de Black Swan n'attendez pas aussi longtemps.

 

 

 

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