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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 06:16
... Ou rêve ? - 10 
 

                                                  11


Cette fois pas de regret de ces paroles. Une poupée, l’enfant parfait, pas de mots, de comportements déplaisants, pour cela un jouet est l’idéal. L’enfant, même bien dressé peut s’écarter du souhait de ses créateurs. Un jouet ne présente pas ce risque ou alors c’est que ses parents l’auront voulu pour exercer leur pouvoir. On frappe sur plus faible que soi, logique, une des règles de la vie en société. Ce jeu dont les instruments ont la taille d'adultes s’amusant avec des pions plus petits. De vrais enfants crient, pleurent, quelle jouissance de les effrayer pour les rassurer ensuite. Les serrer, fort, qu’ils ne voient pas le sourire déformant la face de leurs géniteurs.

Jeter le gadget qui déplaît est permis, un marmot, la société l’interdit, chacun peut lui servir. La reprogrammation est possible et ceux qui y échappent servent la société en incarnant le mauvais exemple.

Elle aurait voulu dire cela. Elle reste muette, à quoi bon ? Elle connaît ses pensées. Dans quelle poubelle jeter un jouet taille adulte ?

Elle sourit de ses cogitations, se souvient qu'elle n'utilisa jamais les poupées qu’on lui offrit, à quoi bon animer un objet, ça ressemble à ceux qui bougent comme l’automate sur une boite à musique, en moins joli, eux sont DANS la boite.

- Je comprends, t’exprimer te fait du bien. Ce qui en soi est complexe se simplifie d’être verbalisé. Les mots forment une pelote, trouve les premiers, tire dessus, les suivants arrivent et ce qui semblait embrouillé se démêle aisément. Tu as commencé par une courte phrase, la seconde sera plus longue et ainsi de suite. Je te demande seulement de parler et lentement, sûrement, tu te surprendras. C’est toujours ainsi, on cache le plus douloureux, le plus important sous l’apparence. Je te parle sans te considérer comme un jouet ou un bibelot pouvant parler et bouger seul dont on s’occupe pour qu’il brille à l’extérieur mais vide. Ils ne virent pas ce qui s’accumulait en toi qui ne montrais rien. Tant d’émotions à libérer, d’envies à t’avouer sans te briser. Je te souhaite vivante sans en vouloir à des gens incapable de te comprendre. L’exception effraie mais a le pouvoir de pardonner à ceux ignorant ce qu’ils font.

Blablabla… A quoi bon parler pour l’atteindre, elle se sait inaccessible.

- Tu t’es efforcée de ressembler à l’image que l’on voyait de toi mais tu as grandi et cette apparence t’enferme. Tu peux la détruire sans disparaître. Du temps sera nécessaire, une aide sera indispensable, la mienne ou celle de n’importe qui de compétent. Des mots pour des maux, formule connue mais souvent vraie. L’enfance en toi cohabite avec une adulte, le conflit se fait toujours plus âpre. Le temps a beaucoup à t’apporter, il estompera les difficultés du passé.

Ces mots l’atteignent, forent un chemin pour la troubler. Elle ne veut plus entendre, plus d’espionne lisant en elle, même, surtout ! pour découvrir la vérité. Elle ne veut plus de regard, se veut gadget insensible à la curiosité passant sur elle.

Elle sera vide en apparence !

Qu’a-t-elle dit cette grande personne ? Des mots qui l’effleurèrent sans égratigner la surface de diamant de son masque, dur, brillant, mais qui peut se briser s'il est frappé au bon endroit. Personne ne le pourra. Elle ne le veut pas et dissimule l’endroit en question qu’elle connaît bien, tenant en un nom. Elle l'abandonnera, les charognards le déchiquetteront mais le vide qu'ils découvriront les engloutira.

- Tu réfléchis, je te laisse tranquille. Mes paroles feront leur chemin. Tes yeux se dessilleront. Le temps joue pour nous et le résultat sera favorable. Il est temps d’entrer en classe, décor familier auquel tu prêteras peu d’attention. Nous nous retrouverons pendant la récré, fais-moi confiance et tout changera !

Bien entendu, pense l’enfant, mais d’une façon plus personnelle. Si elles avaient le temps… Mais il est trop tard maintenant. Elle va s’enfuir, c’est le meilleur moyen. Elle voudrait ne plus penser, difficile, sauf pour ceux chez qui c’est un talent naturel. Eux ne sont pas des débiles profonds, non, ce sont des débiles creux. Leurs esprits traquent la plus infime trace de réflexion. Un travail à plein temps, histoire qu’il y ait quelque chose de plein chez eux.

Seule, elle sourit, s’ils savaient… Ils l’ont échappé moche.

Elle ne lit pas en eux ce qu’ils pensent d’elle, curieuse, étrange, pas seulement, inquiétante. Voilà le mot sur lequel sans se concerter ils se sont accordés, esprits réunis pour en produire un du niveau d’un pois sauteur. Le sachant elle se dirait qu’ils n’ont pas tort. Son sourire, son expression, son regard sont parfois illuminés d’une lueur venue d’ailleurs, d’un monde où rares sont les invités sont rares.

Différent rime avec inquiétant.

Dans son univers la compréhension est tacite, tout y est possible.

Jamais la classe ne fut plus studieuse qu’en cet après-midi comme si tous désiraient s’accrocher à du concret qui chasse de leurs pensées la perception du gouffre qui faillit les aspirer. Tous, sauf une dont les pensées plongent dans l’abysse en un maelström multicolore qui l’amuse, la fascine, l’entraînant de plus en plus loin.

Il y a longtemps qu’elle sait que tout doit s’achever. L’angoisse du temps disparaît, son être se délite, elle est entraînée où la nature est chamboulée, où les lois se déforment, s’inversent, où rien n’est plus compréhensible parce qu'instable. Son esprit observe ce spectacle, en absorbe les émotions, chaque seconde amène une perception différente, bouleversante. Il n’est pas assez présent pour se laisser entraîner, il a réussi à surpasser le chaos des images pour en saisir une et ne plus voir qu’elle emportée loin, vite, vers le centre de son univers où il est attendu. Vers une lueur que lui seul peut supporter, pour les autres, elle est une bougie dans l’immensité, pour lui, la plus puissante étoile qui soit, et il court, galope vers elle, galope !

Rare sont les âmes en quête de cette lueur, moins encore réussissent à la déceler pour chercher à l’approcher. En fut-il une seulement qui le réussit ? La majorité préfère une fausse lueur apaisante à une espérance inassouvie. Ils ont raison de choisir ce qu’ils peuvent supporter, le néant attire le vide.

Mais, pour qui veux chercher, souvent malgré soi, sans pouvoir reculer quand il comprend ce qui l’attend, le chemin est difficile, voyage sans retour à la destination introuvable. La mort le saisit avant qu’il approche une lumière qui l'anéantirait, alors…

Continuons puisque nous ne pouvons faire autrement, rêvons, cela nous aidera, attendons ce que nous savons mériter.

Récréation, son corps se déplace tel un cheval habitué au trajet. La rambarde à la peinture écaillée, son regarde errant au travers d’un décor qu’il ne perçoit plus. On lui parle, elle n’entend pas, on la secoue, elle ne réagit pas. Elle n’est plus présente que physiquement.

La directrice l'observe, cherche à deviner si elle peut simuler un tel regard non pas vide mais contemplant un spectacle que lui seul peut supporter. Un regard transperçant l’extérieur, contemplant un infini tentateur. Un regard qui l’effraie.

Se serait-elle trompée, renonçant à fuir physiquement cette enfant aurait choisi l'unique voie restant : Effacer le réel.

Ses paroles ont-elles provoquées cela ? L’esprit de l’enfant plutôt que revenir préféra-t-il l’illusion ? Elle la regarde cherchant dans le regard de ciel l’éclat auquel s’accrocher. Étrange et prodigieux spectacle que ce paysage immense où tout n’est que beauté, douceur, dans lequel une enfant chevauche en sachant où et vers qui elle va.

Cœur affolé elle baisse les paupières, l’attrait fut si puissant qu’elle craignit un instant de s'y laisser prendre comme un poisson au leurre dissimulant l’hameçon. Elle se raidit, s’accroche à la barrière, produit un effort pour paraître normale, qu’on ne se doute pas de la violence qu’elle se fit pour revenir à la réalité. Quelle attraction saisit-elle son esprit pour qu’elle ait cette sensation de chute ? Ce regard confirme ses craintes. Elle ne veut plus courir de risque, l’horreur se pare de douceur et se révèle au dernier moment pour être plus destructrice. Elle veut sauver cette âme qu’elle pressent attirée par une puissance nocturne. Seule peut-elle réussir, n’est-il pas nécessaire de chercher d’autres moyens que les mots en espérant qu’il ne soit pas trop tard ?

Mais l’espère-t-elle vraiment ? La mort serait une solution.

Le démon aime la pureté, c’est son masque préféré. Mais quel est le visage de la vérité ? Des influences contradictoires fluctuent en elle, pénètrent son âme pour y semer les germes du doute.

Fuir, l’enfant le fit comme pour lui indiquer la marche à suivre. Mais non, d’autres enfants ont besoin d’elle pour les guider. Qu’une soit offerte en sacrifice, pourquoi pas si nombre sont sauvés ?

Son bureau, l’abri d’une fragile porte de bois, à plat dos elle cherche des pensées rassurantes. Elle va se ressaisir, être forte, se redresser et… Par hasard elle croise son reflet, s’arrête tétanisée, ce visage est le sien mais ce regard… c’est celui de…

Dans la cour l’enfant est immobile au centre de l’attention générale. Son regard parcourt le décor sans exprimer la violence de ses pensées. Les mots qui faillirent l’atteindre, l’oubli qu’elle voulut mais se révéla un piège. Elle y eut oublié ces paroles mais aussi ce qu’elle voulait, le voyage à terminer. Le néant tendit ses filets, en vain !

Curieusement les paroles de la directrice furent une aide, l’image d’un couloir, d’hommes en blancs, de poisons pénétrant son cerveau pour violer son âme la firent trouver la force de réagir. Ces produits en la ramenant dans la réalité l’aurait empêchés d’achever un voyage dont elle sait l’aboutissement proche.

Dans son bureau elle se calme, arrange ses vêtements en se regardant dans le miroir. Le regard qu'elle croise, froid et décidé, lui affirme qu’elle fut ridicule, la faute à cette gamine trop joueuse. Elle sera plus explicite si la petite ne veut pas collaborer. Quand une âme veut se perdre il existe des lieux pour les... aider ! Elle qui sait quel effet cela fait de voir sa propre âme les connaît bien.

C’est pour SON bien après tout !

Sortie des classes, l’enfant ne se soucie pas d’être suivie mais l’adulte reste derrière par peur d’un regard miroir, ignorant qu’un reflet peut s’imposer par d’autres biais.

N’est-ce pas ?

- Ne pas répondre est risqué. Me suis-je trompé ? Cultiver le bizarre te donne une impression fausse de personnalité, est-ce l’unique moyen pour te différencier. Es-tu même vivante ?

- Vivre serait vous ressembler ? Je souhaite que mon existence soit ce que je veux malgré les difficultés et l’adversité plutôt qu’un cumul de conventions. Votre civilisation m'indiffère, vos intérêts sont des instincts masqués sous une vanité étouffante. Je ne veux pas être comme ceux, et celles, qui disent Ma femme, mon mari, mes chaussettes, mon fils… oubliant le plus important : Ma tombe ! L’endroit où ils passeront le plus de temps, le seul dont ils pourraient dire qu’il est à eux. La vie est une suite de concessions mais seule la dernière est à perpétuité. Ils n’y pensent pas, ils pensent le moins possible, ils pourraient comprendre ce qui les attend. Eux qui ne sont pas vivants craignent la mort. Vous avez oublié ce que je vous ai dit ? Trop tard. Vous voulez que je parle, maintenant c’est vous qui êtes muette. Ce n’est pas ainsi que l’on discute, c’est pourtant ainsi qu’ils se parlent, les autres, chacun son tour, bien dans ce qu’il dit, feignant d’écouter son interlocuteur en échange de l’inverse. Regardez la rivière, elle suit son cours sans directrice sur le dos, je n’ai pris ce chemin que pour vous dire cela, amusant, non ? Moi je trouve. Elle est tranquille, les activités humaines ne l’intéressent pas.

- Elle ne vit pas, ne pense pas.

- Qu’en savez-vous ? Elle fait partie d’un tout vivant comme une veine fait partie du corps. Oser le comprendre est difficile. Vous devriez rentrer chez vous, une douche et dodo. Demain sera différent, surtout pour vous ! Encore un mot, faites attention aux cauchemars, certains débordent sur la réalité jusqu’à l’emporter.

La directrice s’arrête, ébahie une fois de plus. Le décor à changé, le ciel est couvert, la nuit est là. L’angoisse ressentie le matin revient et la fait frissonner. Ces arbres l’observent, leurs branches s’abaissent pour la pousser dans l'eau.

Délire ! Courir, rattraper l’enfant qui s’éloigne l’ayant déjà oublié. Ses jambes sont de plomb, le piège se referme sur elle, un effort, partir, vite, laisser tranquille cette enfant et rentrer, vite, vite…

Courir… Et ce rire, ce rire !

Elle est épuisée, la petite avait raison, elle a besoin d’une douche, de sommeil et… Non ! Les cauchemars sont interdits, elle n’en veut plus ! Comment cette enfant pouvait-elle savoir ?

Pas peur, non, pas peur ! elle sera la plus forte, elle se le dit, se le répète, de là à en faire, (Enfer ?) une certitude…

Elle va dormir profondément après la douche et un repas léger. Sa nuit sera longue, demain… Attention, il est des nuits semblant sans fin, des cauchemars empêchant d’en sortir, poussant dans un autre sommeil, celui que l’on poursuit dans sa seule véritable possession.

Le premier est, dit-on, le plus réparateur.

Et le dernier donc !

                                        * * *

De sa chambre elle observe le monde et le découvre pris dans un brouillard encore diffus mais dont elle sait qu’il va s’épaissir, sortant de terre pour le recouvrir d’un linceul impalpable. Déjà elle distingue à peine les feux des voitures passant dans la rue, bientôt elle ne verra plus rien. Elle ferme les yeux, ce brouillard existe-t-il où est-il le fruit de son imagination pour effacer une réalité dont elle s’éloigne à chaque seconde un peu plus. Elle voit passer le cortège de ses souvenirs, spectres heureux de leur libération, agglutinés pour se rassurer dans l’immensité ouverte devant eux. À l'inverse des humains, qu’un seul tente de sortir du lot et mille esprits se ligueront contre lui. Pour être accueilli à nouveau il devra supplier, se traîner à genoux, commettre les pires bassesses jusqu’à ce que ses semblables l’acceptent à nouveau. Il faut pour se sentir bien parmi le troupeau renoncer à la pensée, à la curiosité, à la volonté d’être plus qu’une somme d’habitude, ainsi devient-on un rouage parfait pour l’horloge humaine dont le cadran est sans aiguille et le balancier figé, incapable de choisir entre la vie et la mort.

La brume s’épaissit. Le front contre la vitre la fraîcheur passe en elle. Calme, elle attend qu’il recouvre un monde qu’elle aura fuit à temps.

Elle ne s’étonnerait pas que le verre fonde, larmes opalines coulant sur son visage, tombant sur le sol sans y laisser de trace.

Un reflet dans le verre, visage terne aux yeux de ténèbres qu’elle regarde sans vertige.

Pourquoi bouger ?

Plus de question inutile, elle sait comment s’achèvera la nuit, comment elle quittera cet univers. Son cœur s’accélérera au rythme d’un cheval au galop, sombre comme la nuit, sabots de lumière ne touchant pas le sol. Pas de traces surtout ! Elle seule l'entendra.

Les mains du temps glissent sur elle, doigts façonnant les montagnes, allumant les étoiles avant de les éteindre et laissant leurs empreintes sur les visages.

Soupir, le visage dans la vitre n’est pas le sien mais celui d’un homme s’approchant, il la regarde, sourit et embrasse son front brûlant. Elle regarde les pupilles brillante qui ne voient qu’elle. Une main prend les siennes, L’autre caresse son visage, il est là.

Ce regard l’enveloppe de douceur, ce murmure à son oreille lui dit les mots dont elle ne se lassera jamais.

Il sourit, l’appelle : "Rêve…" ils frémissent ensemble.

                                        * * *

L’eau coule violemment sur elle, frappe sa peau et la fait frissonner, froide comme celle imposée à certains malades. Comme si la folie se dominait ainsi ! Elle est repoussée, enfermée dans un dédale dont il existe toujours une sortie. Elle cherche, cherche… Une fente suffira, une lézarde, minuscule comme une pensée ou un souvenir.

Elle se voit de l’extérieur, silhouette derrière un rideau de douche qu’elle écarte subitement sous le coup d’une angoisse non fondée, souvenir d’un film peut être. Sa peur l’amuse, l’eau gicle sur le carrelage, elle s’en fout. Elle le sait mais en elle une ombre de terreur subsiste. Que risque-t-elle, seule, la porte est close, elle le vérifie dix fois plutôt qu’une, personne ne peut l’atteindre, elle en est sûre. Que fait ce rasoir sur la tablette surplombant le lavabo ? Long, comme il ne s’en fait plus. Souvenir d’un temps, récent, où elle ne pouvait rester seule. Fini maintenant. Elle n’est pas du genre sous le coup de la solitude ou se jeter par la fenêtre pour s’écraser sur le trottoir.

L’image la fait frissonner plus que l’eau froide, elle la chasse, vite.

Souvenir ?

Sa fourchette plane au-dessus de l’assiette, indécise, elle avait faim pourtant en rentrant. Finie, envolée… Par la fenêtre ?

Serait-elle en train de se manger qu’elle aurait davantage d’appétit. Rien à faire, inutile de se forcer, la poubelle va se régaler. Elle observe curieusement cette chose, les ordures qu’elle contient, se demandant si elle y aurait sa place puis sourit. Elle pourrait aussi se réincarner en poubelle, ce serait plus drôle.

Réincarnation ou continuation de sa vie présente ? Il y a si peu de différence entre un sapiens et une poubelle qu’on peut les confondre, surtout l’intérieur de l’esprit.

Elle se secoue, se traite de quelques noms d’oiseaux comme on dit alors qu’ils ne désignent pas de volatiles et va déposer son assiette dans l’évier attendant une bonne volonté nettoyante.

Décor quelconque, quelques livres, pas celui auquel elle pense. Elle n’a pas envie de lire craignant de susciter quelques images pendant son sommeil. Le mieux justement est d’aller se coucher. Dormir, faire la nique au temps. Lui et ses esclaves, montres, horloges, réveils qui empêchent de se détendre, se manifestant dans les moments où l’on voudrait les oublier. Le réveil sur la table de nuit la regarde de ses yeux rouges, une prise à débrancher et ils se fermeront. On peut arrêter l’horloge, écraser sa montre d’un coup de talon, le temps continue sa marche inexorable, il n’a que cela à faire.

Elle soupire dans son lit, se tourne d’un côté, de l’autre. Quel temps de cuisson pour être à point ? Pas moyen de se calmer, de faire le vide, pour une fois !

Que faire sinon attendre en s’exhortant au calme ? Elle se lève, quelques pas dans la chambre avant de passer sur le balcon. L’air frais lui fait du bien. Elle observe les voitures, toutes pressées d’arriver quelque part semble-t-il. Pressées, bientôt comme des citrons libérant un jus rouge et épais !

Si une automobile s’arrêtait, qu’un homme en descende ? Non… Ces pensées sont indignes d’une directrice d’école, d’une femme en pleine maturité.

Digne ? De quoi ? 

                                                                                                                                 ... Ou rêve ? - 12

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