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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 06:18
... Ou rêve ? - 08 

 

                                                  09


Quelle idée traînait dans son esprit ? Oui, elle était un rêve, le rêve d’absolu d’un homme insatisfait du réel. Elle se sentait pourtant vivante, pourquoi cette pensée ? S'effrayer en attendant le réveil ? Qu'arrivera-t-il alors ? Le néant ou un nouveau tour de manège ? Peut-elle s'incarner ou son créateur la rejoindre ? Chacun reniant sa réalité peut faire une partie du chemin pour en choisir une troisième. Si tous deux le veulent l’amour ne peut-il pas tout ?

On lui dit un jour qu’elle était belle comme un rêve. Cet homme était sincère mais s’il était le fruit de son imagination ? Le plaisir justifie l’illusion. Si elle est un songe qui sera le sien ? Deux idéaux peuvent se mêler, alors oui tout est possible.

Elle se croit appelée, se tourne mais ne voit que le ballet spectral des autres autour d’elle. La voix dans son âme répète : "Rêve, le plus parfait des rêves !" Elle écoute l’écho répétant inlassablement son nom, cherchant à l’absorber pour en faire un cauchemar. Non ! Elle n’intégrera pas la ronde démoniaque qui l'entoure. Elle ne craint pas de dépendre des pensées de celui qui jamais ne cessera de l'aimer. Bientôt, réunis ils riront de la réalité et de ses pièges.

Son destin se prolongera pour surpasser la mort et s’imprimer dans l’éternité. Imprimer pouvant être le mot juste et tant pis s’il leur faut, refaire sans fin le même chemin, ils seront réunis.

Elle s’éloigne, il n’est pas temps encore de se perdre, elle regarde ses soi-disant camarades jusqu’à ce qu’ils retrouvent leurs airs de pantins inconscients attendant que la mort en action en eux achève son travail, ronge leurs yeux, grignote leurs langues et leurs cœurs afin que leurs cris ne pouvant se libérer résonnent dans leurs esprits, appels au secours restant sans réponse.

Ils ne connaîtront jamais le repos, quand de leurs corps ne restera que poussière, que leurs souvenirs auront disparus. Leurs esprits face à la volonté les manipulant seront cendres agitées par le néant créant dans le vide d’étranges formes qui seront autant de souffrances !

- Et bien ?

Elle est encore là tentant de renouer les fils de leur conversation qu’elle toile retenant sa proie avant de la dévorer.

- Tu sembles heureuse.

- Je le suis souvent.

- En affichant un visage grave. Sourire te va si bien.

- Je ne sais pas faire semblant.

- Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ta promenade fut bonne ? Tu vois je ne suis pas tombée malade, ni noyée, cela eut été dommage.

- Pour qui ?

- Pour moi.

- Bien sûr, ça vous aurait pourtant fait des vacances.

- Je n’en ai pas besoin, tant d’enfants ont besoin de moi.

- Ou est-ce vous qui avez besoin de le croire ?

Elle regarde dans les yeux la directrice qui blêmit bien qu’elle ait décidé de ne pas se laisser démonter par cette enfant et voilà qu’en une phrase ingénument dite, en apparence, vient lui remettre en tête ses problèmes ! Elle ne veut plus s’interroger, le plus important est le résultat, qu’importe ce qui permet de le réaliser.

- Tu as le sens des mots et ton regard est agressif.

- Je suis un miroir, mon vis-à-vis voit ce qu’il ressent, c’est tout.

- Ce n’est pas gentil pour moi.

- L'êtes-vous pour vous ?

- Curieuse question.

- Mais bonne ! Réponse ?

- Je suppose que…

- Vous voyez, j’ai raison !

La voix est douce, le regard calme mais dans l’un et l’autre s’insinue une telle violence que la direction est secouée.

- Vous niez vos problèmes en vous intéressant à ceux de vos élèves ? S’ils en manquaient vous les créeriez pour mieux les résoudre.

- Comment une enfant peut-elle parler ainsi, ce n’est pas de ton âge.

- Qu’est-ce que l’âge ? Au mien on ne doit rien connaître, ne pas réfléchir, au votre on doit tout savoir. Malheureusement ni vous ni moi ne cadrons avec ces définitions, nous sommes des mauvais exemples.

- Tu es sidérante, sidérante… Tu parles mieux que moi.

- C’est vous qui le dites.

- Tu parles souvent, il me semblait que non.

- Il vous semblait juste, avec qui parlerais-je ?

- Tu aurais pu dialoguer avec la directrice qui m'a précédé.

- Si vous l’avez vu, ne serait-ce qu’une seconde, vous savez que c’est impossible, on ne discute pas avec une masse. Je soliloque.

- Je ne demande qu’à parler avec toi.

- Non… non…

- Tu allais dire autre chose.

- Trop tard. Je n’ai aucun problème et vous ne résoudrez pas les vôtres en vous intéressant exagérément à moi, bien que vous vous convainquiez du contraire. Il y a quelques mois, quelques semaines… Le chemin aboutit toujours quelque part, traîner les pieds ne modifie pas la destination, ça donne seulement l’illusion qu’il dure plus longtemps, ce voyage qui conduit à la fin. Après tout ce n’est pas désagréable de parler, à force de le faire en pensées je doutais d’en être capable à haute voix. Je constate que mes craintes étaient non fondées, c’est bien. Quant à être comprise ça n’a aucune importance, aucune. Vous ne pouvez pas le faire alors ne perdez pas votre temps.

- Quelqu’un peut-il y parvenir ?

- Oui, dont je ne vous dirais rien, surveillez donc l’heure, les classes vont commencer, je dois rejoindre mes condisciples…

- Ne me dis pas que tu te plais avec eux. Toi et moi sommes différentes, ce point commun nous rapproche.

- Ou nous éloigne ! Que vous dire de plus, un mot résume ce que vous pouvez faire pour moi : Rien ! On ne peut être plus claire ! Il me faut rentrer sinon mes copains vont penser que vous m’accordez trop d’importance. Je la mérite peut être mais vous n’en tirerez rien. Je vous le répéterai autant qu’il faudra : trop tard.

Ayant dit d’un ton n’acceptant aucune réplique elle se détourne et réintègre la classe et sa place sans faire attention aux regards jetés sur elle. L’institutrice a bien son avis, elle connaît la directrice, l’enfant, voudrait s’en mêler mais n’ose pas.

Prenant la place de l’enfant comme pour pénétrer son esprit l'adulte s’appuie contre la rambarde, songeuse, humant dans l’air des pensées incompréhensibles.

Ses "copains" l’amusent, elle se demande ce qu’ils pensent, espèrent, attendent de la vie. Imaginer un écran sur lequel défileraient deux films. D’un côté celui des souhaits qu’à chacun pour soi, de l’autre ce qu’il aura. La différence serait souvent impitoyable. Qui concrétise ses aspirations d’enfant ? Beaucoup croient changer d’avis, erreur ! C’est un renoncement, une adaptation. L’offre dirige la demande. Que dirait untel comprenant que sa vie ne sera que cela ? Ne risquerait-il pas de se jeter dans l’échappatoire du néant où les souhaits n’existent plus, peurs et craintes pas davantage. Beaucoup se voient un avenir grandiose, peu l'érigent, ainsi, telles une pyramide, s’érige la société, la base devant être beaucoup plus grande que le sommet.

Elle n’est pas dans cette construction logique et culturelle ! Être au sommet est-il plus agréable qu’à la base ? Tout n’est-il pas dans la faculté d’accepter sa vie, de limiter ses exigences à ses aptitudes ?

Belle définition de la sagesse, être un zombi attendant la fin du film.

Il lui advint de désirer réintégrer le troupeau, c’est fini. Elle souffrait d’être seule, elle ne l’est plus. N’a-t-elle pas dit qu’il était trop tard ?

Un jour elle sera un nom gravé mais son esprit survivra. Lui seul compte ! Toutes ces pierres formant la pyramide sont ainsi marquées, retour au stade premier de la vie, le minéral !

Tous les films ont la même fin, curieux que chacun la connaissant veuille faire durer la projection.

Pour un peu elle se lèverait, irait au tableau inscrire leurs noms à tous et leur expliquerait qu’ils ne sont que cela. Puis elle les effacerait.

Distraction mentale, ils ne comprendraient pas. La mort fait partie de la vie. À l’heure dite elle récolte une dépouille desséchée.

Combien de temps avant que l’éternité efface son nom ? Les grands tiennent-ils plus longtemps ?

Elle est seule à distinguer autour de chacun de ses camarades la forme bombée d’un bocal de formol.

Noter ses réflexions ? Elle y pensa parfois, mais elle ne veut rien laisser, à qui ? L’indifférence coule dans ses veines comme dans presque toutes, elle le sait bien. Le dernier mot est sur son tableau intérieur, promesse d’un avenir s'approchant.

Observer ses condisciples sans qu’ils s’en doutent, pense-t-elle, est un de ses jeux préférés. Dans la rue elle agit parfois ainsi, regardant sous le nez les passants, s’imaginant dans un zoo dont les résidents ne distinguent pas leurs cages. Et ils se disent intelligents ! La seule supériorité de l’humain est de pouvoir le dire.

Une formule qu’elle pourrait noter, mais non, elle se souvient, elle l’a lu dans le recueil d’aphorismes d’un auteur méconnu mais de qualité.

Mieux vaut qu’ils ne se doutent de rien.

Mieux ? Veaux ?

Du regard elle parcourt la salle de classe, seul les cartes lui plaisent, noms d’ailleurs, pays, frontières… À quoi tout cela sert-il, à qui ? Dans combien de ces villes une petite fille lui ressemble-t-elle ? Ce pourrait être un petit garçon ? Non, elle sait que non, la beauté, l’intelligence, la douceur, la sensibilité, combien d’autres, les mots signifiants sont féminins. Rêve est masculin ? C’est vrai. Amour ? Féminin au pluriel ? Une règle a droit à une exception, une seule.

De pierre ? Statue alors, beauté inaccessible, perfection figée… Cette image rappelle celle d’un désert où elle errait seule. Ses larmes touchant le sol auraient pu, dues, rappeler la vie.

Grains de sable par milliards déplacés au gré du vent, heureux de se laisser faire. Ils ne sont que cela, particules minérales dépouillées d’une animalité inutile.

Elle ne regrette pas d’avoir discuté avec la directrice bien qu’il lui semble en avoir trop dit. Maintenant elle est trop loin pour être rejointe. A-t-elle été trop moqueuse ? Et alors, l’autre n’en souffrira pas longtemps, mieux, elle y trouvera confirmation de ses préjugés.

Récréation, la cour, et l’adulte qui l’attend.

- Tu sais j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit. Je ne suis pas de ton avis.

- Ce qui ne signifie pas que j’ai tort ?

Nouvelle réponse cinglante désarçonnant la directrice cavalière qu’elle verrait mal sur un fantastique cheval de nuit. D'écuyère apprentie elle deviendrait amazone repentie, à coups de sabots d’or !

- Tu es douée pour me surprendre, si toi et moi restons sur nos positions nous ne nous entendrons pas.

- C’est vous qui voulez entendre, moi je vous écoute seulement.

- Tu jouer avec les mots.

- Pas seulement avec eux.

- Rien ne dit que tu seras la plus forte.

- Si, moi !

- Alors nous parlerons souvent, j’ai envie de te connaître mieux. Tu es une enfant attachante pour laquelle j’ai beaucoup d’affection, d’a…

- Non ! Je vous interdis de prononcer ce mot !

La grande personne recule sans regretter ce qu’elle a dit, ainsi elle connaît un mot important pour cette enfant et a bien l’intention de l’utiliser. Elle l’imagine symbole de frustration, de peines et de souffrances alors qu’il est l’incarnation du contraire.

- Je te demande pardon, je ne savais pas ce qu’il ne fallait pas dire.

- Alors taisez-vous !

La rage dans ses yeux contraint la directrice à admirer les pointes de ses chaussures, à nouveau elle est la plus faible. Mauvais moyen de mériter la confiance d’une enfant, difficile de respecter un paillasson !

- Parles-moi de ce qui compte pour toi, tu as des goûts personnels.

- Des dégoûts également, les autres par exemple.

- Tous ?

- Presque, il y a toujours des exceptions.

- Puis-je le prendre pour moi ?

- Si ça vous arrange ! Puisque vous voulez que je vous parle, un livre a retenu mon attention ce matin. Un excellent roman : Frankenstein ! Vous allez dire que ce n’est pas une lecture pour une petite fille.

- Une enfant lit autre chose mais cette lecture te ressemble.

- Comme le monstre ? Un personnage dont je me sentais proche puisque différent, rejeté, incompris. Vous devriez le rencontrer.

- Je le ferais, pourtant ce monstre est laid, pas toi.

- Trop laid, trop belle…La différence est chez les spectateurs ? D’un côté le dégoût, de l’autre l’envie, les extrêmes se rapprochent en s’éloignant du centre. Il devient un assassin par effet des réactions à son égard, sans oublier son créateur qui lui imposa une existence insupportable. Il ne pouvait échapper aux instincts fondamentaux, tant pis pour ses victimes. Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez jamais regardé les autres en vous sentant différente d’eux ?

Elle tait qu’elle aurait parfois voulu posséder la force de la créature, se soulager par la violence plutôt que par les larmes. Les autres n’ont plus assez d’importance pour qu’elle leur veuille encore du mal.

La directrice observe cette surprenante enfant qui s’assimile à un être terrifiant. Si jamais elle ne le lut elle en connaît le héros pour avoir vu un film tiré de ce roman. Elle voudrait expliquer à l’enfant que ce monstre est rejeté naturellement par les humains, il a figure humaine sans être vivant, nul ne peut l’accepter comme la vie repousse la mort quand cette dernière porte son masque. Elle a tort de se sentir proche de cette créature même si d’être trop belle, trop intelligente, trop sensible l’isole. Ils ne la chassent pas comme ils le firent avec la créature. La repoussent-ils seulement ?

- Tu sais pour rencontrer ses semblables il importe de faire un pas dans leur direction, ils se détourneront si ton attitude trahie qu’ils ne seront pas bienvenus. Ce premier mouvement est moins difficile que tu l’imagines, tu leur ressembles, tu es vivante !

- Mais eux, le sont-ils ?

- Bien entendu, un cœur bat dans leur poitrine, ils bougent, ce ne sont pas que des spectres. Tu as tort de t’enfermer dans un monde où tu serais seule vivante victime de créatures sans âme. Il faut arracher ces idées, t’éloigner d’une imagination qui t’emporte trop loin. Que faire pour te convaincre ?

- Peut-être avez vous raison et suis-je enfermée, mais cet univers est le mien, j’y suis heureuse, devrais-je y passer le reste d’une très longue vie. Que machin et truc me regardent, je ne les vois plus. Si je suis dans une cage de verre que l’intérieur soit de miroir si elle ne peut être opaque, que je me vois jusqu’à me perdre dans mes reflets, je vous l’ai dit, il est trop tarde, pour tout, pour moi, pour…

Elle ne peut en dire plus, le poids qu’elle croyait disparu réapparaît plus pesant que jamais, insoutenable. Les regards sont oppressant, elle doit fuir avant d’être détruite ! Elle s’élance, traverse la cour avant qu’un geste ait été esquissé pour la retenir. Elle ouvre le portail et court comme si pour étouffer son esprit il lui fallait épuiser son corps, le vider de ses forces, tentative vaine, elle le sait, mais qu’elle ne put contenir. D’un signe la directrice arrête les mouvements, c’est à elle qu’il incombe de rejoindre cette enfant.

Le jardin en face de l’école, la grille ouverte est une invitation, elle s’y précipite avec l’espoir d’atteindre le parc plus haut pour s’y perdre. Elle se sait gibier dans une chasse, proie qu’elle ne peut échapper au chasseur trop fort, physiquement, pour lui. Elle voudrait être grande, courir plus vite, être plus forte pour se retourner et se battre.

D'habitude elle monte tranquillement, en courant elle sera vite épuisée. Elle ne voudrait pas s’écrouler sur les marches de pierre, ultime obstacle, comme un pantin aux fils tranchés nets.

Sa poitrine est en feu, ses jambes lourdes. Pourrait-elle se forcer jusqu’à trop exiger de son cœur ou céderait-il de sa propre volonté si elle le poussait trop loin ? Parfois l’instinct de conservation domine le désir d’autodestruction.

Un moyen, la falaise ! Un trou dans le grillage de protection, trop petit pour une grande personne, suffisant pour une petite fille qui le connaît pour l’avoir souvent utilisé, s'assoyant jambes pendantes, cinquante mètres de vide au-dessous. Le moyen d’échapper aux autres qui l’épient, lui veulent du mal, tous, tous.

Non ! Elle ne veut pas leur offrir une victoire qui les remplierait de joie. Le chemin continue et la conduira loin. Elle doit encore les subir mais bientôt elle leur deviendra inaccessible.

Épuisée, chaque pas est un effort inutile, autant s’arrêter.

Un banc à l’écart, entouré de bosquets, un arbre le protège. Elle s’y laisse aller, oubliant tout pour retrouver sa respiration.

La directrice eut plus de mal qu’elle le pensait, elle aussi a perdu l’habitude de courir. Elle est soulagée de voir l’enfant s’asseoir. Elle est tentée de la rejoindre, se retient, mieux vaut pour le moment qu’elle reste à l’écart, debout, pour elle. Cette fuite est une victoire, signe que l’enfant eut peur de se rendre et vit dans la fuite l’unique moyen de ne pas venir se réfugier vers cette adulte seule capable de la comprendre, de l’aider, de la conseiller… Les murailles de l’enfant faiblissent, elles vont s’abattre comme un château de carte.

Prostrée, incapable de surmonter les souffrances dont son corps est empli. Elle se calme alors que le feu en elle s'apaise, s’étonnant de ne voir personne près d’elle. Elle pensait que le chasseur la forcerait jusque-là, il n’en est rien et pourtant elle le sent tout proche. Si elle ne peut le voir c’est qu’il est dans son dos et l’observe. Elle pourrait lui échapper. Descendre est plus facile que monter, l’effet de surprise lui donnerait assez d’avance pour exploiter sa connaissance du terrain et disparaître. Et ensuite ?

Elle n’aurait jamais dû laisser son émotion muter en pulsion, elle n’avait aucune chance de s’échapper de cette façon alors que la nuit prochaine sera différente. Trop tard ! Elle devine l’adulte cherchant ses mots, prête à emprunter le masque de la compassion pour dissimuler, en partie, un sourire de satisfaction de ce qu’elle prend pour une victoire. Qu’elle en profite, bientôt elle n’aura plus de masque et son sourire deviendra celui de la mort. Quand les chairs disparaissent, que les yeux fondent et qu’enfin chacun reçoit ce qu’il mérite il n’a plus que son rire pour l’escorter en enfer.

Rire ! Tous ont rit quand elle s’est enfuie, pourquoi cessa-t-elle de les détester alors qu’eux ne cessent pas de la mépriser, de se moquer d’elle, tous, elle voudrait pouvoir les…

Non ! Ils ne comptent plus, elle préfère sourire, sachant qu’elle ne se trouve pas seule sur ce banc, une présence la réconforte, qu’elle seule perçoit, elle seule.

Que la nuit vienne vite, vite !

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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