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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 16:39

Né en 1904 à Hongseong, Chungcheongnam-do, il entame ses études en 1922 sous la férule de Hae Kang (Kim Kyu-chun) respectant le style coréen classique. À 21 ans il participe à l'exposition ''Bambou vert'' à Joseon. La trentaine voit sa personnalité s'affirmer, il se tourne vers la nature et une façon de travailler plus réaliste, en 1935 il part étudier l'art oriental et occidental à l'École Kawabata et à l'Institut Hongo à Tokyo où il découvre les œuvres impressionnistes symbolistes et fauves. En 1939 sa première exposition personnelle a lieu à Séoul et une belle carrière s'ouvre à lui aussi bien en Corée qu'à l'étranger. En 1943 il participe à l'exposition Amis de la peinture japonaise.

À la fin de la seconde guerre mondiale il devient

directeur des études d'Art Oriental à l'université Hong-ik dans la capitale coréenne et opte pour un style plus abstrait, il fonde l'Académie de peinture Go-Am à Séoul. La fin de la guerre de Corée le voit quitter son pays pour la France alors berceau de l'art Informel où se retrouvent Hartung, Michaux, Riopelle, Serpan, Soulages ou Zao Wou-ki. Abandonnant les formes traditionnelles apprises il se tourne vers des formes modernes et abstraites, inspirant une nouvelle génération d'artistes coréens.

En 1959 son œuvre est exposé à la Galerie Municipale à Bonn, il décide alors de rester en Europe et de mieux connaître l'art occidental. Venu à Paris en 1956 à l'invitation du critique Jacques Lassaigne, il y revient après son passage dans la capitale (de l'époque) Allemande, Bonn, et un an passé en Allemagne de l'Est, et s'installe à Montmartre. En 1962 il signe un contrat avec la Galerie Paul Facchetti et présente de nombreuses toiles abstraites en utilisant la technique du collage. Les années suivantes le verront exposé en Allemagne, aux USA, en Suisse, en Italie...

Son emprisonnement de 2 ans et six mois en 1967 dans son pays d'origine après son implication dans l'affaire de Dongbaeklim au temps de la dictature – il sera soupçonné, à tort, d'être un espion pour la RDA - laissera une cicatrice profonde dans sa vie et une sensation de solitude qu'il parviendra à transcender en s'impliquant davantage avec l'Académie Orientale de peinture créée par Go-am en 1964 avec le soutien de Vadime Elisseeff, le directeur du Musée Cernuschi, et de nombreuses personnalités : Hartung, Lassaigne, Soulages, Chaig Dai-chien, Chou Ling, Fujita, Lee Hee-seung, Mei Thu, K. Tchang, Zao Wou-ki. Elle comprendra plusieurs milliers d'élèves, certains devenus professeurs à leur tour. Son fils unique Lee Yung-se devint peintre lui aussi.

En 1970 il participe à l'Exposition Universelle d'Osaka avant de rapprocher calligraphie et abstraction, donnant ainsi à ce qui sera un thème récurrent de son œuvre, les Foules, symbole d'une démocratie alors balbutiante dans son pays.

Son œuvre exprima dans un premier temps les joies et les tristesses de la vie quotidienne puis la déconstruction de la calligraphie qu'il apprit durant ses études, créant les "lettres abstraites" en ''recréant'' les caractères asiatiques avant d'explorer le mouvement en laissant courir son pinceau dans des compositions de personnages pleins d'énergie et de grâce.

 

Une de ses dernières toiles représente un groupe d'amis dansant et semblant inviter le spectateur à se joindre à eux.

'' Ma vie en prison, de ne pas pouvoir travailler était comme la mort en tant qu'un peintre. Mais grâce à cette période je me suis révélé. J'ai enfin ouvert mes yeux si tard. Cette nouvelle vision m'a rajeunie. Tous les éléments plastiques se trouvent dans la calligraphie. Le mouvement de ligne, la composition d'espace et la touche d'encre sur l'espace vide sont des points essentiels et fondamentaux pour l'art moderne. ''

Comme le rapporte son épouse, Park In-Kyung, elle-même artiste, Lee Ung-no ne cessa jamais de penser qu’un tableau a beau être déchiré, le temps a beau l’éparpiller morceau par morceau, s’il en reste, ne serait-ce qu’une infime partie, capable de dévoiler l’esprit de ce que fut cette œuvre, alors cette partie est à elle seule une véritable œuvre d’art. Ainsi ne doit-on négliger aucun endroit d’une toile.

Dans les années 80 il se consacre à des séries de ''groupe'', l'apothéose de son art.

Il vivra à Paris jusqu'à sa mort le 10 janvier 1989, 2 jours avant son 85ème anniversaire à la suite d'une crise cardiaque alors qu'il préparait une rétrospective à la Hoam Gallery de Séoul.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. 

Il laisse plus de 10 000 œuvres, témoins de la fertilité et de la puissance de son inspiration, formant un pont entre l'Asie et l'Occident. Ses toiles se trouvent, entre autre, au Museum of Modern Art de New York, au Centre Georges Pompidou, au Musée des arts décoratifs de Paris, et en Suisse, au Danemark...

 

Le 3 mai 2007 s'ouvrit le Musée Lee Ung-no à Daejeon.

Pour en savoir plus vous pouvez allez .

httpsdepuislecadredemafenetre.blogspot.com202004challenge-coreen.html

httpsdepuislecadredemafenetre.blogspot.com202004challenge-coreen.html

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commentaires

C
C'est très intéressant Lee ! Je ne le connaissais pas. Merci !
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L
Il y a tant d'artistes coréens méritant d'être découverts, celui-ci en fait partie, sans parler des générations plus proches de nous.

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