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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 07:29

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Anna SMET/Catherine HOBAITER et Richard BYRNE)

Éléphant et intelligent riment, on le sait. Ses facultés de mémorisation, de coopération, de communication sont à la hauteur de sa réputation. Portait d'un génie méconnu.

Depuis 2 décennies les études prouvant leurs qualités se succèdent, leur société montre des comportements traduisant de multiples facultés cognitives.

Celles-ci se répandent dans une espèce si elles répondent à une nécessité, manger, survivre, se reproduire, ou, plus généralement, remplir certaines fonctions sociales.

Ils n'ont pas besoin d'outils pour se nourrir, ils disposent de ressources alimentaires variées et le manque d'efficacité de leur système digestif les oblige à manger tout le temps, ou presque mais en utilisent pour prendre soin de leur corps. Ils se grattent et enlèvent les parasites, avec des branches.

 

Leur taille dissuade les prédateurs. Seuls hommes, tigres et lions l'attaquent. Les fauves s'en prenant principalement aux petits. Cette pression les amena à développer des capacités de détection fine. Ils savent classer leurs ennemis selon leur dangerosité, mémorisant caractéristiques olfactives, visuelles et vocales. Ils peuvent reconnaître une catégorie humaine, ainsi différencient-ils les Massaïs qui les attaque, des Kamba, qui sont pacifiques avec eux. Ils montrent des réactions différentes en écoutant un enregistrement de plusieurs lions ou d'un seul. Les femelles expérimentées différencient les rugissements des males et des femelles.

La lutte contre la prédation fut donc un moteur de leur évolution cognitive, moins important toutefois que celui induit par leurs interactions sociales complexes qui nécessitent des compétences cognitives élaborées.

Ils vivent en groupes qui se croisent, fusionnent et se séparent en permanence. Le groupe familial réunit les femelles adultes apparentées et leurs progénitures, les jeunes mâles s'en vont pour vivre en bande. Puis vient le groupe de liaison, il regroupe des familles apparentées, enfin le clan rassemblant les habitants du même territoire pendant la saison sèche. Celui-ci peut atteindre des milliers de kilomètres carrés. Les groupes d'un clan s'y rencontrent de telle sorte qu'un individu en croise beaucoup d'autres.

Autre exemple d'attitudes traduisant des capacités élaborées, la réaction face aux morts ou mourants. Rares sont les animaux montrant de l'intérêt pour un congénère dans ces situations. Les pachydermes, eux, se rapprochent du malade, en silence, le touche avec la trompe, essayant de le relever, de le nourrir, le protégeant contre les prédateurs. Quand il est mort ils le couvrent de terre et de végétation, comportement adopté également envers des humains décédés.

Que comprennent-ils exactement de la mort, impossible de le savoir, mais leur comportement démontrent une certaine approche de la chose.

 

Longtemps la théorie de l'esprit fut l'apanage de l'homme. De plus en plus de spécialistes en psychologie animale l'attribuent à d'autres espèces, les grands singes, les dauphins. Les éléphants semblent en être dotés. En 2008, Lucy Bates et ses collègues analysèrent 250 observations sur 35 années d'études sur des éléphants sauvages. Ceux-ci se comportent comme s'ils étaient dotés d'une empathie équivalente à celle des humains. Ils forment des alliances sociales, se réconfortent, récupèrent les petits séparés du groupe, adoptent les orphelins, aident ceux qui sont tombés, embourbés ou coincés dans un trou, ils retirent les lances...

Lucy Bates et Richard Byrne montrèrent en 2010 que les éléphants se transmettent des connaissances. En 2011 Joshua Plotnik, de l'Université Emory, et ses collègues montrèrent que les éléphantes d'Asie coopéraient pour un but commun.

Se confronter à de nombreux individus nécessitent des capacités spéciales pour identifier les autres et s'en souvenir.

Les éléphants communiquent par des signaux visuels, chimiques et auditifs. Leurs signaux vocaux comprennent une large gamme de sons : grondements doux, cris, hurlements assourdissants. Ils émettent des cris dans le domaine des infrasons, inaudibles pour l'homme afin de communiquer avec des congénères hors de vue.

Les recherches récentes renvoient l'image de géants sensibles, sociaux, pour qui coopération, communication et entraide sont fondamentales. Malheureusement, là encore la réduction de leur territoires à cause des humains, le braconnage pour l'ivoire, augmentent leurs difficultés malgré les efforts fait pour les préserver. Les campagnes d'abattages nuisent gravement à la survie d'un groupe entier.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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