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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:00

DOSSIER pour la SCIENCE 92

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

(Carolynn SMITH/Sarah ZIELINSKI)

Oiseaux réputés stupides, ces gallinacés présentent des capacités cognitives étonnantes. Elles communiquent, manipulent les informations et seraient douées pour les mathématiques.

Nous disons, myope comme une taupe, gai comme un pinson, bavard comme une pie, têtue comme une mule, laid comme un pou... la langue française fourmille d'expressions associant une qualité à son représentant du monde animale. Intellectuellement ce sont renards (rusés) ou les singes, (malins), qui tirent leur épingle du jeu. C'est oublier Gallus gallus domesticus : la poule domestique. Celle-ci sert pour se coucher, est mère ou mouillée, il manque une référence à ses compétences tant elle étonne par ses facultés.

La poule appartient pourtant à une classe brillante : les oiseaux et sa réputation de cancre est régulièrement battue en brèche par les découvertes des éthologues. Elle est futée et a des capacités de communication proche de celles de certains primates. Pour décider elle tient compte de son expérience et de la situation. Elle résout des problèmes complexes et fait preuve de compassion envers des individus en danger. Ainsi doit-on admettre que des capacités cognitives attribuées aux seuls primates sont plus répandues qu'on le pensait et faut-il porter un nouvelle réflexion éthique sur des élevages de poules, conçus pour le rendement sans considération de leur bien-être.

Les premières études sur le cerveau de la poule furent menées dans les années 1920 par le biologiste norvégien Thorleif Schjelderup-Ebbe. Il détermina leur organisation hiérarchique. Les mâles dominants ont un accès prioritaire à la nourriture et aux femelles. Trente ans plus tard Nicholas et Elsie Collias ont montrés que les poules disposent d'un répertoire de 24 cris associés à des événements particuliers. La proximité d'un prédateur aérien ou terrestre amène un cri différent. Leur répertoire n'a été décrypté que dans les années 1990. gloussements, caquètements et dandinements constituent un complexe système de communication. À l'audition du cri les poules adoptent le comportement idoine, preuve qu'elles savent ce qu'il signifie. Mieux, ces oiseaux peuvent choisir d'avertir ou non, par exemple, un coq qui voit une menace cri s'il y a une femelle à proximité, si c'est un rival, il ne dit rien. La question se pose aussi de leur capacité à donner de fausses informations pour en tirer profit.

L'observation proche des gallinacés permit de mettre en avant des comportements inconnus jusqu'alors puisque limités à des lieux discrets de remise en cause de la hiérarchie par des coqs habituellement soumis. La mise en place de micros permit de découvrir des vocalisations si ténues qu'elles étaient passés inaperçues.

La liste des capacités cognitives des poules s'allonge de jour en jour. En 2011 l'étude publiée par Joanne Edgar révéla que ces oiseaux ressentent de l'empathie.

Dans le poulailler l'intelligence commence au berceau ! Giorgio Vallortigara de l'université de Trente montra que les poussins sont des calculateurs émérites et de fins géomètres. Comment se fait-il que la poule domestique ait de telles capacités alors qu'elle n'est pas étroitement apparentée à des oiseaux connus pour leur intelligence ?

L'intelligence est plus fréquente que le pensait l'humain [qui l'imagine mal chez d'autres animaux], elle apparaît quand les conditions sociales la favorisent sans être le résultat de l'évolution de facteurs physiologiques et environnementaux.

La poule a probablement hérité ses capacités de ses ancêtres sauvages qui vivaient en groupes, chacun ayant un couple dominant. Sociétés complexes induisant l'accroissement des capacités mentales des poules ancestrales. Confrontés à un environnement hostile elles durent faire preuve d'intelligence pour survivre.

Mais admettre que ce sont des animaux intelligents va amener une remise en cause des très mauvais traitements qui leur sont infligés pour finir dans nos assiettes. Il serait temps de tenir compte de leur bien être, dont, comme leur prédateurs, nous profiterons également. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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