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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 08:17

ARNAUD DELALANDEBERNARD GRASSET - 2014

Tout commence par un mail du patient X, de l'asile d'Arkham, à Michel Houellebecq. L'interné reconnaît la passion du célèbre romancier pour HPL et s'adresse à lui comme au seul homme capable de saisir ce qu'il veut dire. Nul ne l'écoute, tous le croient fou, mais MH, lui, contempla les Sphères extérieures et jeta un œil au-delà de l'abîme pour Le contempler, Lui et Ses Semblables... Houellebeck seul peut leur dire qu'il n'est pas dément.

Houellebecq répond : Avez-vous été en contact avec un ouvrage nommé Necronomicon ? La réponse, on s'y attendait, est positive mais le ''malade'' demande au romancier de venir le voir. Il sera déçu par un refus définitif et l'aveu de devoir cesser tout contact. Se pourrait-il que Michel fut lui aussi Leur pantin ?
 

Quelle édition du Necronomicon avez-vous lu ? Le patient se contenta de l'exemplaire détenu par l'université Miskatonic, à Arkham, en regrettant que l'original, en arabe, ait disparu. Il le lut et depuis voit ses nuits envahies de cauchemars. Sa conclusion est une prière : brûlez ce livre, mais surtout, ne l'ouvrez pas. Dans cet ouvrage impie la logique, le cartésianisme rassurant sont mis à mal. Le piège est là, sous l'apparence d'une publication ironique et délirante, mais sans objet, se dissimule une réalité terrifiante, une puissance bien réelle, une fascination à laquelle il est impossible de résister, tout en s'affirmant protégé par l'ineptie apparente des textes et croquis. La partie visible d'un iceberg aspirant l'âme de qui le lit vers des profondeurs d'où il ne reviendra jamais.

Bien sûr l'auteur, comme tant avant lui, se crut prévenu, se pensa plus fort. Lui résisterait, conserverait sa lucidité. Mais qui voit la première page ouverte, qui lit ses premiers mots s'amuse de ce qu'il découvre sans entendre la porte de la raison claquer derrière lui. Qu'il se retourne et c'est un mur qu'il découvre.

Le rédacteur présente son parcours pour nous prévenir. Tout commença à Québec ou, au 801, rue de Bougainville, une plaque a été apposée rappelant le passage en ce lieu de Lovecraft en 1930. Il se présente, David Arnold Millow, anciennement Milaud, descendant d'une famille huguenote installé au Québec depuis le XVIe siècle. Inscrit dans un cercle littéraire Les Bateaux ivres, il y fit connaissance de Spencer Willet. Garçon secret, d'une sensibilité exacerbée dont les textes surpassaient ceux de ses compagnons. David et Spencer se rapprochent, partageant la même épreuve, la disparition anticipée de leurs mères. Mais Spencer abandonner le groupe rimbaldien pour un autre, curieusement nommé Le Cercle de Cthulhu. Association s'adonnant à une reprise de jeux de rôles en vogue dans les années 1980, en particulier L'Appel de Cthulhu, inspiré de H.P. Lovecraft. Internet avait amplifié le succès du jeu et créé une communauté à laquelle il était très difficile de s'intégrer. Quand David lui demanda la raison de ce changement Spencer lui dit simplement qu'il avait trouvé plus intéressant et que la poésie était morte. Finalement il s'éloigna aussi de ce groupe.

Déborah, amoureuse de lui sans espoir semblait en savoir un peu plus, un peu trop.

David se rend à la nouvelle adresse de son ami, 45 Chemin des Plants. Une grange de bois près de ruines d'un bâtiment de pierre. Il entre, découvre une grande pièce presque vide et sur un établi des livres, De Vermis Mysteriis, les Manuscrits Pnakotiques... un ordinateur éteint et de grandes feuilles de papier couvertes d'une écriture minuscule et irrégulière sur lesquelles était posé un petit carnet noir. Un mot revenait, Necronomicon, des dessins hideux accompagnaient des paragraphes ressemblant à des invocations. Plus étrange encore, ou inquiétant, des traces sur le sol, les empreintes de Spencer sans doute, celle de David probablement, et aussi d'autres. Trop grandes pour avoir été faites par des pieds humains sans ressembler aux traces d'animaux connus. Pire, elles menaient à un renfoncement, une espèce d'alcôve avec une trappe en son centre dont le verrou était ouvert.

''N'y va pas !'' avait dit Déborah, parlait-elle de cet endroit ?

Un seul moyen de le savoir ! 
Tout est là, dans un roman qui semble destiné à procurer une peur factice en accumulant adjectifs, lieux et ambiances comme autant d'artifices convenus que l'on affecte de craindre pour se procurer un petit frisson. Là est le vice, ne pas y croire mais s'intéresser, se passionner, ne plus pouvoir reculer.

Difficile de résister à l'appel de l'obscurité n'est-ce pas ? Si vous m'avez lu jusque là, moi-même suivant Arnaud Delalande, c'est qu'il est déjà trop tard pour vous.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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