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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 07:36

     DOSSIER pour la SCIENCE 92

 

Intelligence : Notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?

L'intelligence animale : un concept flou

(Interview de Georges Chapouthier par Loïc Mangin)

 

Pour définir l'intelligence animale on lui associe des caractéristiques : vision, conscience, interaction avec l'environnement, vie sociale, prédation...

Commençons par l'intelligence humaine. Elle serait un ensemble de fonctions mentales visant à la connaissance conceptuelle et rationnelle souvent associées au langage. De là l'idée de chercher cette intelligence chez les animaux disposant d'un langage. Il est simple de la considérer comme limitée, l'humain seul ayant un langage élaboré et articulé.

Depuis un demi siècle cette notion a évoluée grâce à la découverte d'une pensée sans langage, chez les humains et les animaux.

Exemple : en une fraction de seconde nous reconnaissons un visage parmi des milliers mais nous sommes gênés pour le définir en termes précis. Ce phénomène passe par un processus de pensée sophistiqué non fondé sur le langage qui n'est pas assez discriminant. La pensée animale dispose, au plus, d'un langage restreint. Qu'en est-il de leur intelligence ?

Pour l'éthologie le langage est une communication se référant à des éléments absents. Les abeilles ont un protolangage, limité sans règle de grammaire. Chez les singes il résulte toujours d'un apprentissage dispensé par des humains.

L'intelligence animale s'associe à l'adaptabilité comportementale. La comparaison entre espèces animales est difficile quand elles vivent dans des milieux différents. Comment comparer dauphins et éléphants ? Elle n'est pas linéaire, et est apparue dans des groupes distincts, oiseaux, mammifères, pieuvres, sans trace d'évolution.

La reproduction d'un nouveau comportement en fonction du milieu est insuffisante pour parler d'intelligence animale. Le conditionnement n'est pas la manifestation d'un intelligence. Un ver de terre peut apprendre à privilégier une direction, est-il intelligent pour autant, considérant cette règle comme non explicite pour lui. Une règle pour être cognitive doit être ''consciente''. Encore que l'on en sache peu sur l'émergence de la conscience. Contrairement à l'idée de Descartes, les animaux fortement céphalisés sont dotés d'une conscience d'accès permettant la reconnaissance de leur environnement. Un chien ou une pieuvre ''sait'' si un endroit est risqué ou non.

La conscience est ensuite dite phénoménale : la conscience d'être conscient. Elle est mise en évidence par le test du miroir passé avec succès par des animaux visuels (dauphins, chimpanzés, éléphants et pie). Le chien échoue parce qu'il utilise principalement son odorat, un miroir ''olfactif'' lui conviendrait. Pour autant échouer à ce test ne prouve pas l'absence de l'intelligence.

Autre aspect de l'intelligence animale, la capacité de faire un détour pour atteindre un but, elle implique une aptitude à la planification, l'anticipation, et une mémoire spatiale.

 

Deux facteurs montrent l'importance de la biologie. D'abord le développement de l'encéphale. La complexité de son organisation est plus probante que sa taille ou le rapport du volume du cerveau sur celui du corps ; ensuite, la vision. Les radiations électromagnétiques donnent des informations plus précises et riches que les odeurs ou les sons.

Autres signes d'intelligence, compter, la capacité d'agir sur le monde, mains, becs, trompes, tentacules... sans oublier la prédation. Le prédateur est plus intelligent, l'adaptabilité du chasseur est supérieure à celle de la victime qui fuit.

Différencions l'intelligence sociale et l'intelligence collective des insectes, sociaux.

Les animaux les plus intelligents parmi les mammifères sont les singes, les cétacés, principalement les dauphins, les éléphants, les grands carnivores, fauves et ours, chez les oiseaux ce sont les corvidés, les pics, les perroquets et chez les invertébrés, les pieuvres, défavorisées par une vie courte.

Chaque année apporte de nouvelles preuve de l'intelligence animale et posent des questions sur la façon de les traiter. Le dogme cartésien affirmant que les animaux parlers ont tous les droits sur les autres est obsolète.

N'oublions pas notre cousinage avec les chimpanzés. Nos caractéristiques intellectuelles ne nous permettent pas de les traiter de façon abominable.

L'intelligence animale : un concept flou

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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