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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 08:54

Pickup on South Street – Samuel Fuller – 1953 – 80'

La rame de métro arrive à pleine vitesse, prête, semble-t-il, à traverser l'écran. À l'intérieur, debout dans une tenue légère, Candy ne fait pas attention aux agents du FBI qui la suivent. Ils sont pourtant aisément identifiables à leurs costumes sombres. Les passages sont nombreux et nul ne fait attention à Skip McCoy qui s'approche. Le journal qu'il tient à la main dissimule ses actions, en l’occurrence plonger une main dans le sac de la jeune femme pour en voler le portefeuille.

Skip descend à la première station et disparaît dans la foule, ce qu'il ne sait pas c'est qu'avec le portefeuille il a volé un microfilm contenant la formule d'une arme chimique.

Sitôt le larcin découvert la chasse va être ouverte, le gibier ignorant qu'il est l'objet de tant de convoitise. Les chasseurs sont aussi bien le FBI, que les communistes et Candy.

McCoy est plus un médiocre qu'un héros, condamné plusieurs fois, vivant dans une cabane en bois vers les quais où il subsiste comme il peut, ce qui ne l'empêche pas de se la jouer.

Prétexte pour Fuller de visiter, et montrer, les bas-fond new-yorkais qu'il connait pour les avoir parcourus dans tous les sens quand, journaliste, il s'occupait des rubriques nécrologiques et des meurtres. Les deux vont bien ensemble.

Un monde où la violence règle la vie de chacun, la preuve, quand Candy retrouvera Skip celui-ci n'hésitera pas à la frapper. Sa première réaction, le premier geste dont il est capable.

Malgré ces débuts brutaux ils se comprendront. N'exerce-t-elle pas le plus vieux métier du monde ? Elle n'est pas étrangère au royaume de Skip. Une fois les présentations faites tout va bien.

Mais ils ne sont pas seuls au monde !

La petite histoire du cinéma retient que ce film, montrant les communistes sous un jour peu flatteur, mais bien en deçà de la vérité, et ceux-ci ayant encore de l'influence en France à l'époque, le film mit du temps à sortir, en 1961, et fut distribué sous un titre loin de son script original, le doublage se chargeant de transformer l'arme bactériologique en formule de drogue et les communistes en méchants trafiquants. Aux états-unis, au contraire, il passa pour trop peu patriote. Ceux deux réactions opposées signent une qualité que le temps lui reconnu. Il reçu pourtant un Lion de bronze à Venise en 1953. maintenant qu'il a retrouvé son sens il vaut d'être vu. Fuller n'avait rien d'un idéologue, ne défendait aucune thèse, mais savait montrer des situations fortes, construire des histoires denses, violentes mais non dénuées d'un humour grinçant, et diriger ses acteurs.

Vous n'allez pas faire les difficiles !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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