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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 08:42

Kim Jung-hyuk  김중혁 – 2008 – Decrescenzo éditeurs

Préface de Aurélie Gaudillat. Traductions par Moon So-young, Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joo, Lee Goo-hyun, Aurélie Gaudillat.

 

 

La Corée (du Sud) est à cheval entre deux mondes, celui du passé, de son Histoire, de ses traditions et obligations, celui d'une culture millénaire riche et mouvementée. Elle fait face à une modernité vorace, à une rapidité accrue des échanges, à une redéfinition des rites à observer, à une remise en cause de la hiérarchisation sociale et familiale, à une technologie dominatrice et exigeante. Kim Jung-hyuk fait face à ce monde en essayant de trouver une place pour l'individu, croyant peut-être que chacun dispose d'une personnalité que broie la société alors que celle-ci est d'abord l'enfant de qui en manque.

 

4 micro-fictions composent ce court volume, la première donnant son nom au livre. Un homme y croise la mort dans un accident de la circulation, rentrant du travail il est fauché sur un passage piéton par une voiture. Alors que son corps est projeté dans les airs il se dit qu'il est injuste de mourir anonyme.

Cette pensée l'aura sauvé, du moins en est-il persuadé, elle aurait protégé son corps. Preuve que la force de l'esprit peut repousser la mort. Il ne se souvient plus des circonstances exactes de l'accident mais cette phrase ''frétillait dans ma tête comme un poisson dans un bocal''.

Elle le protégeait de la nuit, la preuve, au matin il était encore vivant ! Il parle à N, sa copine de l'époque, de cette phrase, elle se moqua de lui, préférant la musique classique comme méthode de soin bien qu'elle ne semblât pas convenir.

Cet accident fut prétexte à de nombreux changements, d'abord quitter son travail, contre l'avis de son chef, puis se mettre à boire, l'alcool ne le soignait pas mais l'ivresse l'aidait à trouver le sommeil, libérait son corps de cette phrase. Cette situation aurait pu durer longtemps s'il n'avait vu le magasin d'instruments de musique. Sa petite amie ne s'occupait-elle pas d'une petite école de musique ? Pourquoi ne pas lui offrir un violon ? Mais cela ne lui enlève pas son ambition de ne pas mourir anonyme. Pourquoi ne pas apprendre lui-même à jouer. N'a-t-il pas compris le système de classification des instruments, un savoir suffisant pour travailler dans le magasin.

Finalement il accepte cette proposition.

Il renonce à apprendre un instrument, trouve une classification, par tonalité qui lui paraît plus sensé. Jusqu'à ce qu'il ait une nouvelle idée : enregistrer tous les sons de chaque instrument.

Dans le magasin il y en a environ 600.

Finalement le patron exprime sa lassitude de son métier, de son négoce, et proposer à notre anonyme de reprendre le magasin.

Et, pourquoi pas, d'en changer le nom, Musica c'est ringard.

Le nouveau propriétaire a une nouvelle idée, pourquoi ne pas réunir les sons qu'il a collecté pour en faire une ''bibliothèque des instruments de musique'', les gens pourraient venir emprunter un son pour l'usage de leur choix. Certains apportèrent les leurs.

C'est ainsi que le magasin, s'il conserva son appellation officielle, finit par porter ce nom pour tous : La bibliothèque des instruments de musique.

 

Quel(s) son(s) irais-je prendre ? Et vous ?

Dans le deuxième texte B et moi (Nawa B) nous découvrons un homme trop réactif au soleil, une allergie survenue il y a 4 ans alors qu'il travaillait dans un magasin de disque (la musique, encore), une activité alors en pleine déliquescence. Un jour il surprend le comportement étrange d'un individu qu'il appelle B. dans le sac de celui-ci il trouve une vingtaine de CD. Problème, il ne peut prouver qu'ils ont été volés dans son échoppe. Par hasard il le rencontrera une semaine plus tard, dans un parc public, alors qu'il jouait de la guitare pour quelques spectateurs. Pourquoi ne pas l'inviter à boire un verre. B accepte, confie qu'il travaille la journée dans un magasin d'instruments de musique et joue le soir dans des clubs, mais il ne roule pas sur l'or.

Et puis l'allergie va se déclarer... Mais vous n'allez tout de même pas croire que je vais tout vous raconter !

 

Deux autres récits suivent D le décalé (Eotbakja D) et Les maniaques de vinyles (Binilang sidae). À la lecture il apparaît que la musique est partout présente, plus ou moins.

 

Kim Jung-hyuk a-t-il trouvé sa voie, et vaincu l'anonymat, avec l'écriture ? Si ces textes étaient des contes, s'ils avaient une morale, ce serait sûrement qu'il importe de suivre sa vocation quand bien même s'écarterait-elle de celle tracée par notre culture, notre éducation ou/et notre environnement.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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