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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 08:52

Yann Le Bohec

 

Nul n'ignore que Jules César fut un des meilleurs stratèges de l'Histoire et qu'il soumit de nombreux peuples, dont les Gaulois, nos ancêtres, dit-on. Raison de plus pour se pencher sur les qualités qui assurèrent son succès.

Né à Rome en 100 avant notre ère dans une famille modeste, mais illustre puisque censée descendre de Vénus. Il suit de bonnes études, parle latin et grec, ainsi il accède à une vaste littérature militaire. Il dut pourtant faire preuve de patience avant de recevoir un commandement qui satisfasse ses ambitions et mette en valeur ses qualités. Parmi celles-ci la pertinence du choix de ses aides, basée sur la compétence, pas sur les affinités politiques. D'abord Brutus, mais aussi Cicéron (frère) ou Labienus. Ses armées se partageaient en deux groupes, les légionnaires et les alliés. Les premiers étaient des professionnels, fantassins, utilisant casque et armure, glaive, bouclier et javelot. Répartis en légion de 5000 hommes subdivisées en 10 cohortes, 30 manipules et 60 centuries, les ''alliés'' étaient constitués de cavaliers, frondeurs et archers. La plupart des uns et des autres venaient de Gaule.

Au total, en comptant les troupes qui s'agrégèrent au fil du temps, César dispose d'environ 100000 hommes, combattants et personnels de services : artillerie, génie,r enseignement, logistique, transmissions et le train. JC connaissait l'importance du renseignement, il faisait interroger voyageurs et prisonniers, son armée était toujours précédée d'éclaireurs. Chaque soir ses hommes construisaient un camp en respectant la ''trilogie défensive''. Un fossé, un bourrelet de terre, puis une palissade. Une protection très efficace. La logistique n'était pas oubliée. Une armée aussi importante a des besoins variés, en matériaux, équipements, eau et vivres. César achetait du blé sur place pour éviter toute rupture de stocks, des marchants marseillais fournissaient ce qu'il fallait au fur et à mesure. Les transports ainsi sollicités mobilisaient 4000 bêtes parfaitement nourries et soignées. Celles-ci transportaient également les armes, les balistes par exemple, mues par des nerfs de bœuf et lançant pierres brutes, boulets, flèches ou javelots. Très précises elle pouvaient décapiter trois hommes alignés.

Le déplacement des troupes était parfait, la tactique en cohortes leur donnait une grande souplesse, elles se séparaient ou se regroupaient suivant les besoins. Le déroulement de la bataille était simple : enfoncer un coin entre une aile et le centre du dispositif ennemi ou envelopper une aile. Les romains maîtrisaient en outre l'art du siège comme tous les types de combats connus à leur époque. En ville, en montagne, de nuit...

 

Face aux légions romaines les Gaulois présentaient trop de mésententes pour résister. Combattants reconnus les celtes fournissaient des mercenaires aux Carthaginois et aux Grecs. De même les Belges qui avaient l'habitude des affrontements avec les germains. Malheureusement leur infanterie disposait d'un équipement médiocre. Sur mer en revanche les Vénètes du Morbihan avaient l'avantage grâce à leurs navires plats laissant passer sous leur coque les éperons des galères. Les Romains bénéficièrent d'un concours de circonstances, les bateaux furent encalminés pour cause de manque de vent et un centurion mit au point un fléau permettant de couper les cordages des navires assaillis.

Leurs fortifications en revanche, le murus gallicus, étaient admirées par César. Au combat pourtant ils manquaient de la cohésion des légionnaires ce qui donnait l'avantage à ceux-ci.

La stratégie de César est divisée en cinq phases :

En 58 il cherche un prétexte pour entamer les guerre et attaque les Helvètes puis les Germains. En 57-56 il attaque les Belges puis les peuples de l'Océan. En 55-53 il se rend dans l'île de Bretagne et en Germanie, réprime la révolte des Trévires puis celles des Éburons. Face à la guérilla que mène ces peuples les légionnaires tuent tout ce qui bouge et incendient ce qui ne bouge pas.

La quatrième phase commence en 52, cette fois les Gaulois ont un chef : Vercingétorix qui mène une guerre selon la stratégie de la terre brûlée, César doit reculer, mais le chef Gaulois change sa stratégie il veut coincer l'armée romaine entre un marteau et une enclume. Alésia doit jouer ce dernier rôle, l'armée attendue pour faire office de marteau ne viendra jamais. Il ne peut briser le siège romain et doit se rendre.

En 51 c'est l'ultime phase, la victoire est promise au général romain, les gaulois restant peuvent reprendre leurs combats fratricides, quelques-uns se replient dans Uxellodunum, ce sera leur dernier échec.

La romanité s'imposa aux traditions celtiques, notre langue est latine, notre droit est romain, notre littérature et nos art ont été formés à la renaissance, de Rome.

800 agglomérations furent détruits, il y eut entre 400 000 et 1 millions de morts, sans compter quelques centaines de milliers d'esclaves.

 

La gloire assise sur un monceau de cadavres défie le temps !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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commentaires

chenzen, le seul 11/12/2016 17:40

Bonjour Lee.
Comme l'on dit certains, lorsqu'un homme en tue un autre, c'est un "assassin", mais lorsqu'un homme en tue 10 000 autres, c'est "un grand stratège". Il faut alors penser que les historiens, et leurs questeurs politiciens, tentent de légitimer les crimes de masse de certains, au détriment de la justice humaine la plus simple. Jules César n'est-il pas de la même mouture que des napoléon, des attila, des hitler, des Staline, des hindenburg, des botah, des victoria, des robespierre, des pol pot, et toute la terrible longue lignée des criminels de masse que notre Histoire humaine trimbale ? J'y inclus la cohorte des religieux en tout genre qui terrifient, lapident, bûchétisent, lynchent ou décapitent tous azimuts, "au nom de Dieu".
Même orné d'une couronne d'or un assassin demeure un assassin, et devrait avoir la place qui lui échoit dans les fameux "livres d'histoire" ; celle de criminel contre l'humanité. Honore-t-on ted bundy ou jack l'éventreur ?

Lee Rony 12/12/2016 12:07

Bonjour Chenzen, le seul

Certains honorent en effet les derniers cités. Les serials-killers ont des sectateurs à l'échelle du nombre de leurs victimes.

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