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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:55

クロユリ団地 (Kuroyuri Danchi) – Hideo Nakata – 2012 -

Asuka Ninomiya vient d’emménager avec sa famille, son frère cadet et ses parents, dans un immeuble du complexe Kuroyuri. Rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin, le 401, occupé par M. Shinozaki, un homme âgé. Préoccupée par le bien-être du vieillard, elle sonne chez lui, attend, rien ne se passe, puis elle entend un bruit. À travers la porte elle se présente, expose le motif de sa visite, mais personne ne vient ouvrir. Elle sort, visite le quartier, remarque un tas de sacs poubelles. Décor banal d'un quartier sans rien de remarquable. Quand elle salue un enfant qui jouait dans un bac à sable celui-ci s'enfuit.

Dépitée elle rentre chez elle, retrouve ses parents, sa vie.

Sa chambre est mitoyenne de l'appartement voisin, elle pose son oreille contre le mur, va même voir sur le balcon si elle peut distinguer l'appartement d'à côté.

Mais non !

La sonnerie du réveil fait son office, si ce n'est que ce n'est pas le sien qui a sonné avec tant de puissance.

Idem le lendemain ! Au lycée elle entend dire que Kuroyuri est hanté. Mais ce qui surprend la jeune fille c'est que ses parents ont le même dialogue que la veille. Dehors elle retrouve le gamin dans son bac. Il ne fuit pas, et donne son nom, Minoru. Elle peut jouer avec lui pour construire une forteresse. C'est amusant. Il lui dit que son grand-père, qui n'est pas tout à fait son grand-père, habite ici, il montre l'appartement, celui dont la porte resta close la veille.

La nuit suivante Asuka fait un cauchemar, pour couronner le tout le professeur évoque un couple retrouvé mort chez lui... avant de retrouver ses parents elle décide de retenter sa chance avec son voisin. Cette fois la porte s'ouvre, sans qu'elle voit personne. Elle entre, se présente une nouvelle fois, progresse dans l'appartement, son portable en guise de lampe de poche. Une odeur nauséabonde frappe (avant d'entrer) ses narines venant de divers aliments oubliés. Elle continue cependant, regarde les meubles, les photos, tout ce qui est entassé sur les tables. Jusqu'à la chambre... pas de surprise, pour le spectateur, c'est bien le cadavre du propriétaire qu'elle trouve !

Le policier qui l'interroge lui dit qu'il était veuf et n'avait probablement pas eu d'enfant.

La nuit suivante elle entend d'autres bruits... il y a quelqu'un, ses parents doutent. Avant de répéter le dialogue de la veille.

Partant pour le lycée elle voit l'appartement ouvert, entre, se promène, est captivée par des traces de griffes sur le mur, puis, interpellée, sursaute, c'est Sasahara, envoyé d'une société de nettoyage spécialisée dans les tâches de cadavres. Le soir le policier revient, explique que M. Shinozaki est décédé naturellement, ce n'est pas une affaire criminelle. Ouf ! Plus tard c'est Minaru qui vient lui demander de jouer avec lui.

Le lendemain c'est le fantôme du voisin qui la surprendra et lui affirmera qu'elle va mourir. La jeune fille est choquée, cherche de l'aide... son émotion grandira quand elle retrouvera son propre appartement vide, hormis ses affaires.

Mais c'est logique, ses parents, et son frère, sont morts dans un accident de bus qui fit quarante victimes et dont elle fut l'unique survivante. Événement dont elle ne se remit jamais. C'est pour cela que tous les matins se ressemblent, elle revit le dernier passé avec sa famille. L'esprit essaie parfois de masquer la réalité, surtout quand il se sent coupable.

 

Difficile de trouver sa place pour Asuka, ses fantômes sont intérieurs, si présents qu'elle en est venue à s'interroger sur elle-même. Avec Sasahara elle va tenter d'affronter les spectres qui l'entoure, à commencer par celui du voisin.

Reste l'autre.

Minoru !

Difficile de dire non à sa propre envie de tourner le dos à la vie.

 

Hideo Nakata est devenu célèbre avec son premier film, l'adaptation de Ring. Il suivit ensuite un chemin semé d'angoisse, de spectres mécontents dans un environnement déshumanisé. L'horreur gagne de n'être pas montrée, réduite à une attente qui la nourrit. Nul besoin de gore pour effrayer, une ombre, un bruit, un silence parfois, suffisent à laisser planer un doute inquiétant. Tous les fantômes ne viennent pas de l'au-delà, certaines naissent des regrets, de la culpabilité, de l'incapacité à rejoindre le monde des vivants.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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