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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 08:30

B. R. Bruss – 1956 – Angoisse n° 24

Le narrateur, Jim Hoggins, arrive à Cockshill par une nuit de printemps sans prévoir faire plus qu'y passer. Il ignore qu'il va vivre à cet endroit une expérience dont il se serait bien passé. Et tout ça parce que Davis Pearl, collègue du ''Winnipeg Standard'' s'était saoulé comme un Polonais le 17 mai à l'occasion de son enterrement de vie de garçon.

Il somnolait donc au matin du 18 mai quand le téléphone se mit à sonner. Bret Deltour décrocha. On devait demander Pearl mais celui-ci étant indisponible c'est Higgins qui se retrouva dans le bureau de Jack Cattigshire, le patron, et donc envoyé à Cockshill dans le Saskatchewan, vers le lac Buffalo où quelque chose d'étrange venait de se produire.

Jim est moyennement ravi, il espérait un reportage à sensation, celui-ci en semblait loin, impossible de refuser !

Le voyage ne se passa pas comme prévu, la voiture, de location, se révéla une guimbarde qui l'abandonna en route mais près d'une maison dans laquelle il fut accueilli par John Heckburne. Lequel lui apprend qu'il est arrivé, le bourg est à un mille puis l'invite, à dîner d'abord, puis à rester pour la nuit. Il sera temps le lendemain de trouver une chambre.

Durant le repas la discussion se porte vers la raison de la présence du reporter. Mais que se passe-t-il réellement, si ce n'est que des habitants quittent la ville, trois cent en six mois ! Pourtant la ville est prospère, les terres à blé sont riches, les exploitations forestières rentables, les praires, propices à l'élevage, sans parler de la chasse aux fourrures. Heckbune apprend à Hoggins que la peur est la raison parfois donnée par ceux qui s'en vont. Que se passe-t-il donc, psychose collective, hallucination ? L'eau est saine, pas d'émanation délétère.

La soirée se passe merveilleusement, Jim s’endort ravi d'être là.

Son réveil sera bien différent, arraché au bras de Morphée par un cauchemar qui le fit se lever, tremblant, pour constater que le soleil est déjà levé. Pourtant ce n'est pas son habitude d'avoir de telles peurs nocturnes, au contraire. Il se revoit marcher sur une lande désertique, l'angoisse lui serrant le cœur. Il avance vite sans savoir où il va, le silence est pesant, menaçant. Une voix finit par résonner, rauque, étouffée, dont la source était introuvable et qui répétait ''Aho... Aho... et parfois : Ahom !'' et puis soudain c'est son prénom qu'il entend ''Jimmy ! Jimmy !'' crié par sa mère. Et soudain une bouche immense apparaît, des lèvres épaisses, grasses, visqueuses, répugnantes, des dents pointues, jaunes, des chicots... et cette bouche répétait (Aho... Ahom...''. Mais autour de cette bouche il y a un visage, indistinct, un corps, indiscernable. La voix devient plus claire, elle répète en fait ''Blahom...''. Il discerne maintenant une moustache, un nez épaté et pustuleux, deux yeux petites, jaunes et verts, perçants, chargés d'une expression d'indicible cruauté. Un front étroit et fuyant surmonté d'épais cheveux, l'ensemble formait une tête énorme, le corps semblait monstrueux, bossu, avec des bras énormes pendant presque jusqu'à terre.

La bouche parle plus clairement :

- Blahom ! Je suis Blahom ! Tu vas apprendre à me connaître.

Et puis sa mère apparut, luttant contre une force invisible. Déjà Blahom l'a rattrapée, saisie, il la dévore vivante. Le spectacle le fait hurler de terreur, et s'éveiller.

Pour se rassurer il appelle sa mère, et celle-ci répond. Ouf !

Enfin il découvre Cockshill, des maisons en bois à l'exception de la mairie et du cinéma, un décor accueillant, sympathique. Jim était heureux d'être là. Visite chez le mécano pour réparer sa bagnole, celui-ci est peu communicatif, laisse entendre qu'il pourrait ne pas s'éterniser dans le coin. L’hôtel enfin, tenu par Arthur Bribsdale, Irlandais comme Heckburne, enchanté d'avoir un journaliste de Winnipeg comme client, un peu moins en apprenant la raison de la visite de Jim. Dès sa première sortie Hoggins remarque que les gens le regardent rapidement puis détournent les yeux. La buraliste ne lui répond pas, les visages sont aussi fermés que les maisons. Il ne put discuter qu'avec un homme qui l'interpela, un routier venu chercher du bois qui ne put lui donner aucune explication. Le plus étrange fut quand il vit sortir les enfants de l'école, pas de cri, de course, les gosses étaient silencieux, raides comme de petits somnambules.

Le bar pourrait être un poste d'observation efficace, même les joueurs de cartes paraissaient se forcer à blaguer, jusqu'à ce qu'il soit invité à rejoindre la table. Ce fut l'occasion de faire quelques connaissance, surtout avec un ancien trappeur, Joë Grey qui parut soulagé quand Jim lui avoua qu'il ne faisait que passer et lui confia de lui-même que les gens avaient peur et que cela valait pour lui aussi sans qu'il put expliquer de quoi.

La nuit suivante fut idéale, dix heures de sommeil, le journaliste était en pleine forme et bien décidé à mener sa tâche à bien. Pourquoi ne pas aller interroger le pasteur ? Il fut surpris de la jeunesse de celui-ci, 25 ou 26 ans, respirant la gentillesse et la bonté, son regard bleu était direct, doux et rêver.

Malheureusement il ne put rien dire qui put aider Jim sauf que ses ouailles ayant quitté les lieux ne ressentent plus de peur. L'instituteur ne fut pas d'une grande aide non plus, d'autant qu'il préparait ses bagages quand il reçut le reporter. De toutes façons les élèves ne peuvent rien apprendre, ils sont trop préoccupés.

Reste le médecin. Il ne fut pas étonné de cette visite, c'est lui qui avait alerté le correspondant du journal à Fort Lacorne. Lui aussi a peur, est malade, mais il veut savoir, comprendre, et surtout, trouver une solution.

Le mystère s'épaissit.

Jim, journaliste, doit rédiger son papier, rendre compte de ce qui se passe, et qu'il n'en sache encore rien ne peut l'en empêcher.

L'ambiance n'empêche pas que le couple Moore célèbre ses noces d'or. Le moment devrait être festif, il n'en sera rien. L'épouse, montrant son époux du doigt, l'accuse d'être responsable de tout ce qui arrive aux villageois et demande qu'on le tue avant qu'il soit trop tard.

Le banquet sera un échec, mais est-ce utile de le dire.

Au cœur de l'inquiétude un rayon de lumière peut surgir, et être d'autant plus intense. Pour se distraire Jim s'essaiera au Kayak, occasion d'une rencontre avec une jeune femme, Edith Gibson, son père était le plus important négociant en fourrure de la région. Ayant fait ses études loin de Cockshill elle avait un portait un regard distancié sur ce qui s'y passait.

Le soir suivant Jim s'endormit dans la joie.

Le réveil fut différent, Blahom revint, plus inquiétant, plus terrifiant, plus monstrueux.

Au courrier de midi il aura la réponse de son rédacteur en chef, l'acceptation de son article et la mission de rester sur place le temps nécessaire. Article en question qui attirera l'attention du ''Herald'', Bob Smith, journaliste plus côté que Jim, venu se rendre compte, l'air dubitatif sur ce qui se passait et qu'il prenait pour un épisode de folie collective ''médiévale''. Il découvrira vite que la réalité était plus épouvantable.

Méfiez-vous si vous lisez ce roman, pour en connaître la fin, que Blahom ne vienne vous rendre visite à votre tour.

 

 

 

 

 

Un Angoisse digne de ce nom par un des meilleurs auteur de la collection.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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