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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 08:48

Pour la Science N°90

Le Faucon et sa proie

Harald KRÜGER

Un faucon peut-il se poser sur un astéroïde ? Oui s'il porte le nom du faucon pèlerin japonais : Hayabusa et qu'il s'agit d'une sonde spatiale, la première à réussir cet exploit en atterrissant sur le planétoïde Itokawa, également nommé 25143.

Le 13 juin 2010 dans le désert australien retombe à la vitesse de 40 000 km/h la capsule de la sonde Hayabusa, envoyé 7 ans plus tôt, par l'agence spatiale japonaise (Jaxa) à la rencontre de l'astéroïde géocroiseur Itokawa dans le but d'en ramener des échantillon. Mission périlleuse, mais pas impossible, la preuve. Au point que jusqu'au dernier moment le doute plana sur sa finalité. L'analyse pourtant confirma que les 1500 grains rapportés étaient extraterrestres.

Itokawa est un des nombreux planétoïde gravitant autour du soleil entre Mars et Jupiter.

Partie en mai 2003 la sonde arriva à proximité de son objectif en septembre 2005 mais resta en orbite pour le photographier, le cartographier pour trouver l'endroit le plus adapté à un atterrissage puis à un prélèvement. Le corps céleste présente la forme d'un haltère, pauvre en cratère mais montrant deux régions différentes : aux extrémités de nombreux blocs de roche, au milieu une couche de plusieurs mètres de particules d'un millimètre à un centimètre.

Le site idéal fut trouvé, la sonde s'y prit à deux reprises pour se poser avant de libérer un tuyau de récupération en forme d'entonnoir devant tirer un projectile pour soulever des poussières qui auraient été aspirées.

Malheureusement son fonctionnement fut défectueux et la récolte faible. Le retour connu également des problèmes à cause de pannes des systèmes informatiques et de propulsion.

On imagine donc l'impatience des planétologues attendant de voir le résultat d'un voyage si périlleux. Les éléments rapportés n'étaient pas ceux espérés néanmoins ils permirent d'en prouver l'origine, la ressemblance avec les autres météorites de la même région cosmique, qu'ils contiennent des silicates, du sulfure de fer, des oxydes de fer et de chrome, et d'autres.

Ainsi s'établit l'histoire géologique d'Itokawa dont la matière se trouvait dans un corps céleste de 20 km de diamètre qui se fragmenta en une multitude de fragments. Quelques-uns s'assemblèrent pour former un planétoïde qui semble perdre plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur par million d'années. Son espérance de ''vie'' ne devrait donc pas excéder un milliard d'années, ce qui n'est pas si mal. Mais l'étude de sa trajectoire prouve qu'il se rapproche parfois des planètes telluriques du Système solaire, il est probable qu'il devrait entrer en collision avec la Terre, Mars ou Vénus.

L'expérience fut difficile mais fructueuse, Hayabusa 2 fut donc lancée en direction de l'astéroïde Ryugu, avec la collaboration des agences spatiales allemande et française. Ryugu est une microplanète de type C, corps célestes qui renferment de la matière organique et font partie des matériaux les plus primitifs connus.

Hayabusa 2 est partie le 3 décembre 2014 et devrait atteindre Ryugu en 2018. Si tout se passe bien nous en apprendrons davantage sur la naissance de notre système solaire.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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commentaires

chenzen, le seul 30/11/2016 18:15

Bonjour Lee.

Sacré exploit que les scientifiques Japonais ont réalisé là, car "astéroïdir" (atterrir sur un astéroïde ! :+)) ) sur un rocher en pleine course au milieu du vide spatial demande une précision digne d'un katana. Ces astéroïdes sont les vestiges de notre système solaire, ils n'ont pas été incorporé aux planètes telluriques, pour différentes raisons, notamment leur éjection aux confins du système, lors de la migration de Uranus et Neptune. La gravité de Jupiter a également contenu ces roches. De ce fait, toute cette matière originelle est demeurée celle qu'elle a été il y a 4,7 milliards d'années.
Espérons qu'un truc comme ça ne nous tombe pas dessus un matin, il est donc important de les étudier, afin de savoir quelle technique sera la meilleure pour les éloigner de la Terre, ou alors, nous rejoindrons les dinosaures au paradis des grandes exctinctions.

Lee Rony 04/12/2016 17:46

Bonsoir Chenzen, le seul.

Nous les rejoindrons sûrement un jour. Belle démonstration nippone en effet, il y a beaucoup à apprendre de nos origines dans l'étude de ces traces de la naissance de notre galaxie.

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