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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 07:06

Lee Chang-Rae – 2001 - traduction de Jean Pavans – Éditions de l'Olivier

 

Franklin Hata s'occupe depuis trente ans de son magasin de matériel médical dans la ville de Bedley Run et envisage non sans satisfaction la retraite qui vient, une retraite bien méritée dans la belle villa qu'il a acquise après une vie dédiée à son travail.

 

Tout serait parfait si une ombre ne se posait sur ce tableau. Il se souvient de Sunny, la jeune coréenne qu'il a adopté quand elle avait sept ans bien qu'il fut célibataire, se révoltant contre lui elle avait quitté la maison pour rejoindre une bande de voyous, lasse d'un père trop attentionné, étouffant avec ses ''valeurs'' d'un autre temps, d'un autre monde, fatiguée d'être polie, sage et bonne à l'école, comme elle se devait de l'être. L'exemple d'une intégration réussie qui n'était que l'ambition de son père adoptif et qu'elle ne reconnaissait pas pour sienne.

 

Tout avait été remis en cause pour Hata, lui dont la vie semblait posée sur des rails depuis son arrivée aux états-unis, se faisant passer pour un Japonais avant d'être naturalisé. C'était la faille qu'attendait son passé pour lui sauter au visage, pour lui remémorer cette époque où il avait intégré l'armée japonaise comme officier de santé dans la région de Singapour, et ce drame qu'il aurait voulu enfouir à jamais. Cinq jeunes coréennes avaient été amenés pour servir de ''femmes de réconfort'' aux soldats. Leurs conditions de vie étaient lamentables et auraient fait pensé à celles de poulets en batterie ! Elles devaient ''travailler'' sur une espèce de planche dont la forme rappelait celle d'un couvercle de cercueil. Là, chacune recevait entre vingt et trente hommes par jour, les plus gradés commençaient... Certes, les premiers femmes à ainsi servir étaient des prostituées japonaise, mais elles avaient trop servies et avaient dues être remplacées.

(Jiro Kuro)Hata s'était épris de l'une d'elle, la préférée de son supérieur. Or il savait celui-ci, le capitaine Ono, particulièrement violent et prêt à tout pour assouvir ses pulsions. Celle-ci lui avoue qu'elle a deviné qu'il était coréen. Il va tenter de la sauver, mais n'obtiendra que le résultat inverse.

 

Les fantômes n'attendaient que cette opportunité afin de revenir le visiter, lui expliquer que fuir ne pouvait durer toujours et qu'il devait retrouver les ombres de son passé, comprendre que s'il s'était construit une vie de rigueur et de probité cela n'effaçait pas ce qu'il avait fait auparavant.

 

 

Lee Chang-rae, né en 1965, arrive trois ans plus tard aux états-unis avec sa famille. Après de brillantes études à Yale il devient analyste financier. Le décès de sa mère remet tout en cause et il décide de se consacrer à la littérature. Son premier roman, paru en 1995, Langue natale, attire l'attention sur une population qui jusque ici avait peu eu voix au chapitre, celle des émigrés qui ont fait des états-unis leur pays sans pour autant renier leurs origines.

 

Il s'est imposé avec Les sombres feux du passé, nous faisant partager la vie d'un vieil homme qui alors que sa vie touche à sa fin fait le bilan de celle-ci et voit le masque qu'il mit tant de soins à maintenir sur son visage se désagréger et le passé revenir lui faire face.

 

 

Lui reste à l'affronter, espérant sans doute, ainsi, trouver sa rédemption...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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commentaires

Sandrine 23/10/2016 12:52

C'est un roman que j'ai apprécié et qui met en lumière un fait de guerre méconnu chez nous...

Lee Rony 30/10/2016 12:20

La littérature est parfois un projecteur se portant vers des faits ou situations que sans elle nous n'aurions jamais connues.

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