Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:41

秋刀魚の味Sanma no aji -  Yasujirō Ozu – 1962 – 113'

Shuhei Hirayama est âgé, veuf et père de famille. Ses amis Horie et Kawaie lui suggèrent régulièrement de marier sa fille unique alors que son fils aîné, Koichi, habite avec son épouse. À la maison il reste donc, outre le patriarche, Michiko et le benjamin de la fratrie, Kazuo. Michiko est la femme de la maison et devine que sans elle son père et son frère auraient du mal à s'en sortir. Quand Shuhei lui pose la question elle affirme ne pas être intéressé par le mariage. Pourtant le vieil homme devine qu'elle est prise entre ses ''obligations'' familiales et son envie de ''vivre sa vie'' à l'extérieur d'un cadre trop étriqué pour elle.

Puisqu'il aime sa fille il comprendra qu'il ne peut faire montre de tant d'égoïsme et que lui trouver un compagnon est son devoir.

Raconté ainsi le dernier film d'Ozu semble à la fois simple et semblable à ses précédents. Ce qui est vrai ! Tout le talent du réalisateur est justement de trouver dans cette banalité matière à représenter une société. Un microcosme à l'image d'un macrocosme, permettant en quelques traits de dessiner le portrait, partiel mais réaliste, d'une civilisation. Comme souvent c'est le père, l'homme, qui voit partir les êtres qu'il aime, celui qui pour dernière compagne se retrouve avec la solitude et le constat d'une époque dévorée par le temps.

 

Le Japon n'est plus ce qu'il était, les villes grandissent en même temps que l'influence du monde occidental. Ozu regarde, témoigne mais ne juge pas, cela ne changerait rien. Il voit le nouveau rôle de la femme, désormais désireuse de prendre son destin en main, non sans que cela s'accompagne de remises en causes et de difficultés à s'affirmer contre sa famille, contre ses parents, contre des habitudes séculaires.

 

Le saké n'a plus le goût qui était le sien auparavant, c'est peut-être pour cela que les hommes aiment à en boire trop, le cherchant au fond de chaque verre pour ne trouver que l'amertume d'un constat implacable. Il sera le compagnon de Shuhei quand sa fille aura quitté la maison, finalement le plus fidèle faute d'être le plus amical.

 

Ce fut le dernier film de Yasujiro Ozu, observateur attentif d'une période de mutation, cinéaste des femmes japonaise et, ici encore, servi par de remarquables actrices, ici Shima Iwashita et Mariko Okada. Que penserait-il des Japonaises d'aujourd'hui ? Plutôt du bien je pense. Regardant les jeunes filles du vingt et unième siècle comme les dignes petites filles des femmes qu'il filma durant sa vie.

Ainsi se termine ce mois aux dimanches consacré à un des plus grands réalisateurs Japonais. Moins spectaculaire que Kurosawa, moins drôle que Naruse, moins historique que Misoguchi mais aussi universaliste qu'eux, par son talent à transcender le quotidien pour en montrer la richesse et cette valeur que chacun peut espérer dans le sien.

Acceptez l'invitation de Yasujiro, prenez le temps de découvrir ce qu'il vous propose. Je suis sûr que vous ne serez pas déçu.

 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages