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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:12

彼岸花Higanbana -  Yasujirō Ozu – 1958 – 118'

Une fois encore Ozu met en scène la famille Japonaise aux prises avec un monde qui change et une société nippone qui ne sait plus, qui ne peut plus, rester à l'écart des bouleversements que connaît le monde en ces années d'après guerre. La modernité ronge les traditions, comme celle, pourtant bien établie, des mariages arrangés. Si l'amour, on le sait, passe, l'intérêt commun, lui, dure.

Prenons Wataru Hirayama, cadre supérieur travailleur, une litote au Japon, un ami fiable, un époux soucieux du bien être de son épouse et de ses enfants. Ce n'est pas pour rien qu'il rappelle alors que commence le film ces préceptes, exprimés comme s'il contemplait une pierre tombale !

La famille est l'unité de base, le père en est le chef et décide de ce qui est le mieux pour chacun de ses éléments.

D'un côté il réconforte Mikami venu lui raconter que sa fille est parti avec un homme, comme il est compréhensif envers Yukiko qui ne veut pas des projets maritaux de sa mère. Dans les deux cas il parle de l'amour, de ce sentiment si merveilleux qui emporte tout sur son passage...

en revanche quand il s'agit de sa fille, Setsuko, il en va autrement, et quand elle lui annonce son refus de l'union qu'il lui propose il met son véto au mariage de celle-ci avec l'homme qu'elle aime.

Hirayama voit son monde trembler sur ses bases, être l'homme lui donnait l'avantage, perdre ce statut l'effraie, n'est-il pas entouré de femmes, de mère, de filles, celles de ses amis y compris qui aiment lui parler ? Il s'accroche à un passé défunt en refusant de l'accepter.

Il est aussi un archétype des hommes de son époque, du reste dans ce film tous se ressemblent, dans leurs costumes comme dans leurs comportements. Les femmes aux contraires sont différentes, nombreuses, elles sont ces fleurs poussant sur le terreau du renouveau d'un pays qui se redessine ne demandant qu'à s'épanouir au printemps nouveau qui approche.

Wataru sera finalement vaincu par la finesse de ses adversaires, pris au piège de contradictions qu'il doit avouer.

 

Le sujet est habituel, on le voit, la réalisation ne l'est pas puisque pour la première fois, et non sans réticences, Ozu se sert de la couleur. Idéale pour magnifier les fleurs du titre comme les femmes de son film. Elles portent les couleurs et l'avenir quand les hommes sont gris et engoncés dans le passé.

La nature est belle, Tokyo est photogénique, le temps de la mue est venu. Et pour vous celui de regarder ce film. À moins que vous ne portiez un costume terne vous aussi.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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