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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 07:18

秋日和 (Akibiyori) – Yasujirō Ozu1960 – 129'

Trois amis (Mamiya, Taguchi, et Hirayama) assistent aux funérailles de Miwa, un ami du temps de leurs études, en compagnie de sa veuve, Akiko, et de sa fille de 24 ans, Ayako. Les trois hommes sont d'accord sur la beauté des deux femmes et pensent à trouver un mari pour Ayako. Ce qui ne leur interdit pas de penser que la jolie veuve pourrait se remarier... N'étaient-ils pas tous amoureux d'elle dans le temps, et jaloux de son mari, eux qui maintenant ne peuvent que remballer leurs désirs et frustrations.

 

La jeune femme pourtant n'envisage pas de se marier, elle a 20 ans et la perspective de vivre avec sa mère lui paraît favorable. Mais ce ne sont pas ainsi que les choses fonctionnent au Japon à cette époque. Les hommes voudraient qu'elle se marie. Elle s'y refuse, avec énergie, redoutant de laisser sa mère seule. Qu'importe se disent nos trois complices, il faut commencer par marier la mère pour que la fille suive le même chemin, elle y sera alors obligée.

Akiko s'interroge, non qu'elle ait le désir d'un nouveau mari mais sur sa responsabilité de mère. N'est-ce pas son devoir d'aider sa fille à construire un avenir stable, une famille sereine, des lendemains qui chantent ? Plus ou moins justes ! La société est toujours là, ses obligations, ses rites, plus ou moins subis, parfois dénoncés mais auxquels il est rassurant de se raccrocher quand trop de questions se posent. Les hommes, comme souvent dans le cinéma d'Ozu sont secondaires, ce sont les femmes qui supportent la famille, même, et surtout, quand c'est l'homme qui la dirige, ce sont elle qui portent l'avenir, le regardent avec sérénité en sachant qu'il est impossible à éviter. Reste que trouver un prétendant digne, un peu, de ce nom est difficile. Les hommes sont plus attachés à l'idée d'une partenaire de lit, d'une cuisinière, d'une mère qui prouverait qu'ils font ce qu'ils faut pour que la société continue, elles cherchent autre chose, un peu plus, un peu mieux.

Ozu montre les êtres dans leur simplicité sans jamais les exhiber, il n'a pas besoin d'effets grandiloquents. Il est aidé ici, comme souvent, par une excellente distribution dominée par un duo d'actrice qui jouent ensemble sans forcer une note, sans en manquer une non plus. Il suffit d'un geste, d'un regard, d'une allusion pour que le spectateur comprenne ce que pense le personnage qu'il suit. Aucune de ces vies ne sort vraiment de l'ordinaire mais chacune donne à celui-ci un relief qui le rend si vraisemblable qu'on le croirait sien.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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