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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 07:36

トウキョウソナタ - Kiyoshi Kurosawa – 2008 – 95'

Tokyo Sonata

Le fantastique et le surnaturel ne sont pas toujours présent dans les films de Kiyoshi Kurosawa, pourtant ceux dont ils sont absent ne sont pas les moins inquiétant.

Ainsi cette histoire dont le point de départ est d'une grande banalité. Le drame familial est très présent dans le cinéma Japonais, exposant l'obligation de sauvegarder les apparences, de faire semblant que tout aille bien, pour les autres, la famille, les voisins, mais aussi pour soi, jusqu'à y croire vraiment.

Mais drame familial n'est-ce pas un oxymore ?

Tokyo Sonata

Cette fois il s'agit de Rhûhei Sasaki, un père qui se voit licencié sans préavis. Impossible d'en faire part à sa femme, Megumi, ni à ses enfants. Toute sa légitimité, sa raison de vivre, tient, croit-il, dans la tenue de ce rôle de père, de soutien de famille ; dans l'argent qu'il rapporte et son implication dans la vie économique du pays, fut-ce à un niveau réduit.

Chômeur n'est pas une situation désagréable, c'est une réalité infamante, une négation de soi.

 

Pourtant ce n'est pas le seul événement qui se produit. Le fils ainé, Takshi, en effet annonce qu'il va s'engager dans l'armée américaine afin de partir se battre en Irak. La nouvelle jette un froid dans le cadre familial ! Le cadet, Kenji, en revanche ne dit rien de ses ambitions, du reste personne ne le lui a jamais demandé. Le premier né porte les espoirs de la famille ! Parfait pour le plus jeune qui ne rêve que de musique et prend des leçons de piano en secret. Un artiste dans la famille ! Quelle honte !

 

Le père garde son rythme de vie mais au lieu de se rendre sur son lieu de travail, où son épouse ne viendra jamais le voir, il cherche un autre emploi, comme d'autres, si nombreux, tous si semblables qu'ils semblent des clones, fantômes en costume avec leur ordinateur devenu aussi inutile qu'eux.

Pas de fantôme donc dans ce film, sinon celui du passé, de ses conventions, et de ceux qui n'ont que lui pour les animer, qu'elles pour les remplir telle la paille donnant forme à un pantin. L'économie nouvelle se répand, un jour, c'est sûr, elle n'aura plus besoin que des ordinateurs sans personne pour, en les portant, avoir l'illusion d'exister.

Megumi regarde le spectacle d'une famille se décomposant. Et pourtant l'espoir demeure, l'émotion persiste, s'accroche, quand Kenji se met au piano et interprète Schubert...

 

Et si, parfois, les fantômes mouraient ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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