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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 07:44

El Orfanato – Juan Antonio Bayona – 2008 – 106'

Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d'autres

enfants qu'elle aimait comme ses frères et sœurs. Adulte, elle

retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans,

Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison et d'en faire

un lieu d'accueil pour enfants handicapés. La demeure réveille

l'imagination de Simon, qui commence à se livrer à d'étranges

jeux avec "ses amis invisibles". Le jour de l'inauguration du

nouvel établissement, une dispute éclate entre Simon et Laura :

Simon refuse de descendre pour accueillir les nouveaux arrivants

(les enfants handicapés) ; refusant de céder à un caprice, Laura

laisse Simon seul et va s'occuper des invités. Après la fête, elle

retourne voir Simon et s'aperçoit qu'il a disparu...  Véritable

machine à engranger les prix dans les festivals, ainsi que plus

gros succès de l’histoire du cinéma espagnol, L’orphelinat se

présente comme la somme de tout ce que le genre horrifique

ibérique a produit de mieux ces dernières années. Puisant son

inspiration première dans l’oeuvre d’Henry James (Le tour

d’écrou entre autres), ce premier long métrage de Juan Antonio

Bayona fait immédiatement penser à des films aussi aboutis

que Les autres d’Alejandro Amenabar,Fragile de Jaume

Balaguero, L’échine du diable de Guillermo del Toro - ici

producteur - ou encore, pour remonter plus loin dans le temps

aux Innocents de Jack Clayton. On y retrouve notamment une

grande demeure à l’écart du monde ayant abritée des enfants,

des fantômes qui hantent les lieux, des personnages torturés par

un passé trouble et surtout une haute teneur métaphorique

entretenue par un twist final bouleversant.

Dépourvu de la moindre originalité, ce jeu de piste cérébral et

psychologique est toutefois d’une diabolique efficacité et d’un

classicisme parfaitement assumé. Racée, la réalisation de

Bayona épouse adroitement les entrelacs d’une intrigue

tarabiscotée : sachant se faire intimiste lors de la présentation

des personnages, le cinéaste nous procure également quelques

belles montées d’adrénaline grâce à des ressorts horrifiques

simples mais ayant fait leurs preuves (comme la peur du noir ou

la menace d’un enfant masqué), avant la révélation finale.

Malheureusement, Bayona peine à terminer son métrage et

conclue sur une note plus apaisée, sonnant comme une

réconciliation entre la vie et la mort. 

 

D’une incroyable justesse, la star de sitcom Belen Rueda porte

tout le film sur ses épaules. Faisant preuve d’une force peu

commune dans le drame qui la touche, elle incarne à merveille

cette femme décidée dont le seul désir est de retrouver son

enfant disparu. Etude psychologique d’une grande

finesse, L’orphelinat se sert donc du fantastique pour évoquer

des thèmes aussi délicats que la parenté, l’amour maternel, ainsi

que les liens qui unissent les êtres par-delà la mort elle-même.

Sans jamais chercher à révolutionner le genre, ce très beau

poème visuel revisite avec brio et sensibilité des thèmes

classiques du fantastique. Préparez vos mouchoirs !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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