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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 08:00

Les dossiers de La Recherche N° 2

 

Définir la vie !

Juli Peretó – Jesús CataláÁlvaro Moreno

 

En 1790, Emmanuel Kant propose : ''Il s'agit, par essence, d'une forme spéciale d'organisation dotée de sa propre finalité''. Pourtant ce n'est que depuis quelques dizaines d'années que les scientifiques tentent de définir scientifiquement la vie alors que cette question était jugée sans intérêt, portés par l'évolution des sciences donne une nouvelle importance à cette interrogation. Les études sur les origines de la vie sur Terre et de traces de vie sur d'autres planètes, l'ambition de créer une vie artificielle et l'appréhension des organismes vivants en tant que systèmes globaux.

Deux difficultés principales se présentent. D'abord la diversité des formes d'organisation du vivant, la seconde du fait qu'il est permis de penser qu'il en existe d'autres, ailleurs.

Considérant qu'elle naquit à partir de matière inerte nous pouvons déduire quelques principes généraux applicables à toutes. Définir la vie, outre l'effort intellectuel, est devenu un programme de recherche expérimentale : révéler la nature essentielle de la vie grâce à sa production en laboratoire.

 

Deux tendances se présentent. D'abord considérer les organismes individuels comme l'expression fondamentale de la vie. Ses partisans imaginent un réseau de réactions récursives. La théorie de l'autopoïèse illustre ce concept, il est basé sur l'existence d'un réseau de processus de production de composants régénérant constamment le réseau qui les a produits et constituant le système en tant qu'unité distincte dotée d'une limite physique. La seconde met l'accent sur l'historicité de la vie, la connexion temporelle entre les populations successives, et en constante évolution, formées par ces individus. Les organismes individuels ne sont dont qu'une partie d'un processus collectif historique qu'ils contribuent à perpétuer et dont ils sont également le résultat. La capacité d'évoluer étant la caractéristique essentielle des êtres vivants.

L'évolutionniste britannique Richard Dawkins considère la vie comme la simple sélection naturelle de gènes ou de réplicateurs (entité recopiée à l'identique de génération en génération) alors que la NASA la voit comme un système chimique autonome capable de suivre une évolution darwinienne. Un facteur commun résume la définition génétique de la vie : un système capable d'évoluer à travers la sélection naturelle.

Pour autant la vie ne se limite pas à de la matière auto-organisée, une tornade ou la flamme d'une bougie présentant cette caractéristique.

 

La vie n'est pas une substance mais un processus autonome et complexe. Un processus où la structure de chaque organisme est causalement liée aux structures qui l'ont précédée. L'historicité est présente dans l'étude de la vie depuis Charles Darwin. Les êtres vivants sont ce qu'ils sont pour des raisons historiques. La comparaison entre tous les êtres vivants montre que les similarités biochimiques sont plus frappantes que les dissemblances, ce qui témoigne de legs au fil du temps. La dynamique et les contingences de l'évolution façonnent la biodiversité tout au long des temps géologiques.

La vie terrestre prend la forme d'un réseau planétaire d’entités reliées dans l'espace par leurs activités métaboliques, et dans le temps, par leur descendance. La matière vivante est radicalement différente de la matière inerte, la biologie est une science essentiellement différente d'autres sciences telles que la physique.

 

L'évolution seule permet la complexité, l'intégration d'une série de contraintes héritées, élaborées au cours du processus évolutif. La vie est donc de la matière dotée d'une histoire individuelle, ontogénétique, et collective, phylogénétique.

 

L'origine de la vie serait le moment du découplage entre le génotype et le phénotype, le moment où les instructions génétiques et leur exécution se sont séparées en différentes familles chimiques-acides nucléiques et protéines. C'est-à-dire après l'invention du code génétique et de la synthèse protéique.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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chenzen, le seul 21/04/2016 20:24

Bonjour Lee.

Tout le monde bute sur LA définition de la Vie, entre biologistes et autres scientifiques, il n'y a toujours pas de consensus. Une feuille est-elle vivante ? L'océan est-il vivant ? Tout ce qui consomme et/ou produit de la chimie est-il vivant ?
L'anthropocentrisme a tendance à tout ramener au nombril de l'Homme, comme si ce dernier avait réponse à tout l'univers. Il s'agit donc d'une quête, jusqu'à ce que nos esprits englobent chaque singularité de ce qui fait le Tout. Le monde de l'au-delà est-il du monde du vivant ?

Lee Rony 23/04/2016 18:29

Bonsoir chenzen, le seul

Le vivant s'interroge sur lui même. C'est une vieille question de savoir si la partie qui regarde peut se voir. Plus probablement s'imaginer, plus souvent se croire. J'ai l'impression que l'Homme regarde une autre partie de son anatomie sans s'en être rendre compte.

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