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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 08:08

David Gordon Green – 2014 – 97'

A. J. Manglehorn est serrurier, solitaire il va de sa grande maison à son magasin où il attend les clients, quand il ne se déplace pas pour ouvrir une porte, libérer un enfant qui s'est enfermé dans une voiture. Hors son métier sa vie tourne autour de sa chatte, Fannie, sa famille la plus proche. Laquelle Fannie connaît quelques problèmes de santé, ce qui est un remarquable sujet de conversation pour quelqu'un qui déteste parler de lui-même.

Il n'est pas complétement isolé pour autant, il garde un contact épisodique, et superficiel, avec son fil, Jacob, et, surtout, sa petite fille dont il s'occupe régulièrement.

Quand il va boire un verre il lui arrive de rencontrer Gary, un des jeunes qu'il entraînait quand il s'occupait de base ball, lequel Gary ne cesse de dire du bien de ses qualités, de ce qu'il aurait pu, s'il avait voulu... Mais Manglehorn ne voulut jamais rien, sa vie semble s'être arrêté depuis qu'il s'est séparé de Clara, sa femme, dont le souvenir l'obsède en même temps qu'il l'utilise pour se protéger d'un monde dont il pense n'avoir plus rien à attendre.

Seul moment de rupture dans sa routine hebdomadaire, quand il passe à la banque déposer l'argent gagné. Là il rencontre Dawn, la caissière avec laquelle il échange quelques mots, parle de Fannie, Dawn, n'a-t-elle pas un petit chien elle aussi, ça crée des liens. Il s'arrange toujours pour avoir affaire à elle, ce qu'elle a remarqué. Elle n'est pas insensible au charme bougon de cet homme si différent des autres, alors quand il l'invite est-elle heureuse d'accepter.

Si elle avait su ce qui l'attendait elle aurait été moins empressée. Manglehorn est désagréable, la convie dans une brasserie bon marché où il a ses habitudes et ne cesse de parler de son ex-femme, de dire du mal de tout le monde. Dawn pourtant ne lui cache pas qu'il lui plait, ce qui ne semble pas intéresser le serrurier qui sait mieux que personne se montrer méprisant et déplaisant.

Il finira son repas seul, ça tombe bien il avait faim !

Mais nous sommes au cinéma où le pire s'il est probable n'est jamais sûr. Manglehorn peut avoir une crise de conscience, une montée de lucidité, une remise en cause suffisante pour tenter de se faire pardonner, de changer de vie, et d'abord en bazardant les souvenirs poussiéreux derrière lesquels il s'enterre depuis tant d'années.

Rien de nouveau sous le soleil, électrique, du cinéma, mais le plaisir de regarder Al Pacino cabotiner, en faire des caisses dans son rôle de vieux casse-pieds faisant face au dernier croisement de son existence. Restons optimiste en pensant qu'il n'est jamais trop tard.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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