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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 08:15

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Le règne des lettres est passé ; les physiciens remplacent les poètes et les romanciers ; la machine électrique tient lieu de pièce de théâtre, écrit Louis-Sébastien Mercier dans ''Tableaux de Paris''. Simple constat que le monde des salons des Résultat de recherche d'images pour "galilée" Lumières se passionnait d'anatomie et d'électricité, de probabilité et de magnétisme. La révolution scientifique symbolisée par Copernic, Galilée, Descartes ou Newton, fonde la science que nous connaissons aujourd'hui. La quête du savoir s'affranchit du joug des Anciens ou de l'Église. La conception de l'Univers est bouleversée ; notre planète tourne autour d'une étoile comme il y en a des millions !

Les élites cultivées se passionnent pour cette science qui bouleverse la représentation du monde. La raison, caractéristique de la mentalité des Lumières, s'accorde avec les nouvelles méthodes de la Révolution scientifique. Tous les grands penseurs de cette époque ont une solide formation en sciences, aucun ne laissa de contribution notables mais tous étaient d'honnêtes amateurs. Il était de bon ton de disposer d'instruments scientifiques et de réaliser avec des expériences. Les plus férus fréquentent une des 50 académies de province. Celles-ci diffusent le savoir mais forgent peu de nouvelles connaissances. En 1776 Condorcet Résultat de recherche d'images pour "condorcet" écrit à toutes les académies pour leur proposer de s'associer aux travaux de l'Académie royale des sciences dont il est secrétaire perpétuel. Il reçoit peu de réponses positives. Les académies provinciales sont surtout des lieux de sociabilité réunissant noblesse et bourgeoisie éclairée, explique Simone Mazauric.

C'est l'Académie royale des sciences qui donne le la de la science pour l'Europe. Ses 300 affiliés sont pensionnés par le roi et peuvent se consacrer à plein-temps à leurs travaux. Ce sont les premiers chercheurs professionnels de l'histoire. Chaque année, le secrétaire perpétuel rédige un volume d'Histoire de l'Académie, comprenant 3 sections adressées à des publics différents. Les Mémoires décrivent la science de pointe et sont destinés au ''vrais savants'' ; l'Histoire raconte la vie de l'Académie et s'adresse aux moins spécialistes ; les Éloges, eux, relèvent de la chronique mondaine.

Plusieurs publications sont de véritables best-sellers scientifiques, comme les huit volumes du Spectacle de la nature de l'abbé Pluche ou les Entretiens sur la pluralité des Résultat de recherche d'images pour "entretien sur la pluralité des mondes" mondes, de Fontenelle. Ouvrage mettant en scène le dialogue d’une marquise soucieuse de s'instruire et d'un savant décrivant la cosmogonie faisant de la Terre un astre parmi d'autres. Son style imagé est typique du ton plaisant et mondain de beaucoup de livres de sciences du XVIIIe. Ceux-ci ne sont lu que par le ''beau monde'', les paysans en restent aux livres religieux, almanachs ou livres de contes. Il faudra attendre le siècle suivant pour que l'on parle de vulgarisation pour désigner une diffusion vers le plus grand nombre.

 

Peu à peu la science va devenir une affaire de spécialistes. Au début des Lumières une expérience est validée si elle est réalisée en présence de gens influents et connus. Il faudra à la fin du XVIIIe réaliser une expériences en laboratoire devant experts et spécialistes

pour qu'elle fut validée. Les nouvelles connaissances portées par Lavoisier, Linné ou Leibnitz sont trop complexes pour être expliquées à tous avec la rigueur requise. La science de mondaine devient ''sévère'' pour reprendre le terme de Jean-Luc Chappey. L'usage des mathématiques en physique contribue à la montée d'une science privée, seulement accessible aux initiés. Le public extérieur à ce monde Résultat de recherche d'images pour "carl von linne" ésotérique doit se contenter d'une compréhension de surface le mettant hors-jeu de toute discussion sérieuse en ces matières, confirme Yves gingras. La science devient professionnelle, des périodiques apparaissent qui sont destinés aux seuls hommes de science ainsi que des sociétés savantes comme la Société linnéenne ou la Société philomatique. L'amateur de sciences apparu avec les Lumières disparaît dès l'époque napoléonienne.

Simone Mazauric. Fontenelle et l'intention de l'histoire des sciences à l'aube des lumières. Fayard 2007

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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