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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 08:26

Jung Kyung-a – Au diable vauvert - Traduit par Youn-Sill Kim et Stéphane Couralet – 2007 – 268 p

Femmes de réconfort

Après avoir ''utilisé'' des prostituées japonaises pour satisfaire les militaires nippons en poste en Corée les dirigeants de l'armée constatèrent que celles-ci s'usaient rapidement. Pour les remplacer ils choisirent donc des natives de ce pays mais aussi des victimes ''recrutées'' dans ceux qu'ils occupaient.

Au total ce sont environ 200 000 femmes qui subirent ce sort entre 1894 et 1945, même si le gouvernement de Tokyo préfère éviter le sujet, fuir sa culpabilité. Peu survécurent au traitement qui leur était infligé, et celles qui en revinrent étaient encore plus traumatisées que blessées, au point d'en avoir honte, de se cacher, jusqu'à ce qu'elles décident, au début des années 1990, suite à un premier témoignage publique, que la honte ne devait pas être de leur côté et manifestent régulièrement devant l'ambassade japonaise de Séoul. Elles devinrent les Halmuny.

 
Femmes de réconfort

Jung Kyung-a, décide pour sortir cette partie de l'Histoire de son pays du domaine des chercheurs et autres spécialistes de réaliser ce manhwa. Pour incarner cette réalité elle présente deux victimes, réelles ; la fille de colons hollandais née à Java et kidnappée là-bas (combien d'autres vinrent de Taïwan, des Philippines et d'ailleurs), une jeune Coréenne et un médecin chargé de surveiller l'état de santé de ces jeunes femmes. Pour les Japonais les autres peuples étaient inférieurs, dès lors les utiliser ne posait pas de problème, même s'il fallait changer régulièrement les éléments usagés. La rencontre de l'éducation très stricte des militaires et de la déshumanisation des esclaves sexuelles ne pouvait que déboucher sur les pires traitements infligés aux secondes par les premiers qui ainsi pouvaient se ''soulager'' de leurs angoisses et tensions. Ces femmes ne sont que des produits de consommation, interchangeables et remplaçables suivant les besoins, la demande précédait l'offre.

Un marché comme un autre, ou presque !

Femmes de réconfort

Les armées nippones se sont toujours illustrées par leurs exactions et leur brutalité envers les populations civiles au point que leurs supérieurs durent créer des lieux destinés au ''repos du soldat'', ceux-ci, nous l'avons vu, furent à l'origine de ces ''femmes de réconfort'', si mal nommées !

 

Vous l'avez deviné, le sujet de cette bédé ne prête pas à sourire mais évite, grâce à son graphisme non réaliste qui différencie bien victimes et bourreaux, et son scénario, le piège du spectaculaire racoleur, gagnant ainsi en force. Entre les chapitres l'auteur évoque les commentaires des amies à qui elle montrait son travail et ajoute photos et articles pour étayer son travail et l'ancrer dans la réalité.

 

En 2014 une exposition d'auteurs coréens au Festival international de la BD d’Angoulême sur la prostitution forcées de Coréennes pendant la seconde guerre mondiale suscita de vives réactions de l'ambassadeur du japon, Yoichi Suzuki. Preuve qu'il est difficile d'affronter son propre passé. Peut-être les nouvelles générations oseront-elles porter un autre regard sur leurs aïeux.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu BD Corée
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