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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:57

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Philippe Testard-Vailland

Les idées novatrices essaiment grâce aux médis écrits. La scolarisation et l'alphabétisation aidant, un nombre croissant d'hommes et de femmes y ont accés. La production de livres s'envole et la censure se desserre quelque peu. De mêmes, les libelles moquant la monarchie se vendent comme des petits pains.

La plupart des titres de presses sont contrôlés par l'État, ils se font peu écho des œuvres des Lumières en général, et de l'Encyclopédie en particulier. En retour les philosophes négligent la presse, pour ne pas dire qu'ils la méprisent, tout en convoitant les revenus qu'elle offre. Les nouvelles idées sont surtout l'objet de conversation entre beaux esprits à partir des années 1750 dans des salons tenus par des femmes de la haute aristocratie. Ceux-ci servent de relais aux Lumières dans les grandes métropoles judiciaires (Bordeaux, Aix-en-Provence...j et les villes hégergeant de fortes garnisons militaires (Strasbourg, Besançon...). Les Lumières s'immiscent dans les cafés parisiens comme le Procope ou le café de la Régence, le favori de Diderot qui en fait le décor du Neveu de Rameau.

L'impact des Lumières n'en est pas moins limité. Les inégalités d'alphabétisation ralentissent l'accès aux idées nouvelles, les femmes en sont les premières victimes. Journaliers et ouvriers lisent moins que les artisans, les commerçants, les bourgeois et ls nobles. Les régions instruites sont situées au nord d'une ligne Saint-Malo/Genève, au sud c'est une France du retard scolaire avec d'importantes nuances locales. Sans parler du contraste entre la ville et la campagne.

Le contraste reste patent entre des élites rêvant d'une société telle qu'elle n'est pas et des masses aspirant à améliorer leurs quotidiens.

Voltaire traite le peuple de ''canaille'' qui n'est pas digne d'être instruit, le baron d'Holbach précise ''Le peuple ne lit pas plus qu'il ne raisonne''.

Le poids de la religion limite également l'impact des Lumières, soupçonnées de vouloir s'affranchir des contraintes vis-à-vis de dieu.

Au final, le ''taux de pénétration'' des Lumières en XVIIIe reste faible. La population ne perçoit pas les mutations qui agitent le dernier siècle de l'Ancien Régime. Seule l'élite du tiers état et une petite partie de la noblesse s'engagent dans la dynamique de ce mouvement.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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