Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 08:50

Park Ynhui 박인희– 2012 – traduction de Benjamin Joinau – Illustrations de Alain Bert

Atelier des cahiers. Collection Littératures

Titre original : 공백의 그림자 (Gongbaek-eui geurimja)

Park Ynhui est né le 26 février 1930. il est poète et philosophe. Après des études à la Seoul National University il vient étudier à la Sorbonne à Paris puis sera professeur au Japon, en Allemagne, en France et aux états-unis.

 

 

Après de nombreux essais philosophiques et des recueils de poèmes, L'Ombre de vide est une anthologie de ces derniers publiés entre 1979 et 1989.

 

 

L'Ombre du vide

En préambule l'auteur évoque ses années sorbonnardes et dédie la publication de cet ouvrage au professeur et critique littéraire M. Albérès qui l'invita pour son deuxième séjour en 1961, à M. Revault d'Allonnes, professeur et rédacteur de la Revue d'esthétique qui lui recommanda de publier son article sur Mallarmé, à Jacques Derrida qui l'initia aux questions philosophiques et écrivit une lettre de recommandation pour qu'il obtienne une bourse à la University of Southern California, à Jean Grenier qui publia son essai dans la Nouvelle Revue Française en 1967, à Claude Mouchard, professeur émérite adjoint et rédacteur en chef adjoint de Po&sie, qui le publia à 2 occasions, à Jean-Pierre Chauveau, professeur émérite de littérature française à l'université de Nantes, qui le guida dans la rédaction de sa thèse sur Mallarmé et au poète Pierre Emmanuel qui l'encouragea à poursuivre ses aventures aux états-unis.

Sans oublier de nombreux amis !

L'Ombre du vide

Les premiers poèmes évoquent la neige et font le rapprochement avec la page blanche, cette compagne des poètes, la plus fidèle et la plus inquiétante aussi. Comment ne pas imaginer les mots comme les empreints de nos pensées, de nos émotions avec l'avantage que sur le papier elles ne s'effacent pas.

Et si le poète était un rêve, celui d'un papillon qui dort sans pouvoir se réveiller ? Sans le vouloir sans doute ! N'est-ce pas son désir, oublier le réel, contempler l'invisible, le rejoindre peut-être. Les thèmes de l'auteur sont là, non des réponses mais des indications, des propositions d'accompagner le lecteur sur des chemins qui mènent, peut-être, quelque part. Et si ce n'est pas le cas quelle importance ? Le vide n'est pas notre ennemi.

 

Mais le réel s'impose, comme le prouve ce poème rédigé durant la guerre de Corée, cette interrogation sur sa tombe, le vide qui s'annonce, la mort comme un autre territoire à explorer, pour retrouver sa mère, lui parler, écouter les oiseaux, rencontrer son âme en espérant en avoir une.

 

C'est de la vie elle-même dont Ynhui voudrait se réveiller, oublier ce cauchemar, retrouver l'herbe sous la neige et les souvenirs sous le présent.

L'Ombre du videL'Ombre du vide

Un poème en exemple, forcément :

 

59 Conversation avec un chiot (p110)

 

Le chiot et moi

Nous nous contemplions l'un l'autre

Étrange aux yeux de l'autre

Semblables aux yeux de l'autre

L'un à l'autre en interface

 

En postface, un court texte intitulé N'écoutez pas la voix d'un cochon. Il fut écrit, en français, durant l'été 1965, l'auteur se préparait à partir pour les états-unis. La Nouvelle Revue Française le publia en juin 1967. Park Ynhui s'interroge sur la validité du bonheur comme but d'une vie, il souligne sa honte d'appartenir à ce temps et son incompréhension devant un monde immense, écrasant et incompréhensible et sa prise de conscience que le plus grand philosophe du monde n'était qu'une bête, pensante mais sans pouvoir expliquer les mystères qui nous entoure. Animal mangeant, forniquant, vieillissant ; mortel ! Il regarde son pays, ses compatriotes apprenant l'anglais ou le russe pour pouvoir quémander dans l'une de ces langues puis son contact avec l'Occident, la France en particulier, qui l'émerveilla. Il se souvient de ses années à Paris, ville de pierre et de fer, solide, stable, froide. Il voit la civilisation se heurter à la nature puis la dominer avec la Raison pour Autorité Suprême.

 

Le Pays du Matin Calme colonisé par les Japs était un enfer, et la guerre n'attendait que de pouvoir se réveiller, enfin, et entendre les échos de ses hurlements repris par des milliers de bouches, ou de gueules. Les souvenirs de son enfance, de sa jeunesse, sont difficiles, pleins de souffrance mais aussi porteur d'espérance.

 

Il se définit comme ''laid de naissance, stupide, colérique, sale d'âme, gourmand de tout bien que maigre comme un os. Je suis un cochon, un vrai cochon.'' Tout est noir mais un grain de raison résiste comme une bougie tremblotante éclairant le chemin qu'il s'apprête à suivre.

 

Ce qu'il fait depuis 50 ans.

 

Le cochon est un animal avec lequel je me reconnais des affinités, or le fait qu'il est mon représentant dans le zodiaque Chinois. Je m'en suis découvert également avec Park Ynhui. À vous de découvrir si vous serez dans le même cas.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
commenter cet article

commentaires

PatiVore 28/02/2016 15:49

Merci, contente que tu aies apprécié, je t'enverrai un mail pour te dire à qui l'envoyer.
Lien répercuté sur le blog dédié au challenge https://challengecoreen.wordpress.com/2016/02/28/lombre-du-vide-de-park-ynhui/
Bonne continuation !

Lee Rony 29/02/2016 12:32

Ok ! Quand tu voudras. Une lecture intéressante en tout cas, j'espère qu'elle plaira à d'autres.

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages