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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                                Sur la piste du loup

Le chien est le meilleur ami de l'homme, et ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. Depuis une décennies la datation des ossements et le séquençage de l'ADN ont changé nos idées sur ses origines en la renvoyant plus loin dans la Préhistoire que précédemment. Informations suggérant que cet animal prit une part déterminante dans l'évolution de l'homme.

L'étude évolutive d'une espèce domestique, ou celle de l'homme, est plus difficile que les autres. Sa proximité fausse l'objectivité et le contexte environnemental manque.

L'éthologie et la neurobiologie ont démontré que Descartes avait tort d'affirmer que les animent sont des machines, qu'ils ne sentent rien et ne pensent pas parce qu'ils ne parlent pas comme nous. Darwin écrivait qu'entre l'homme et les autres espèces, il y a une différence de degré mais non de nature.

Pour le chien la situation paraissait simple mais anthropocentrée, il était une espèce distincte des autres canidés mais on ignorait son ancêtre sauvage qui pouvait être une espèce disparue. Apparue au Néolitique, il y a environ 10 000 ans lorsque les chasseurs-cueilleurs s'étaient sédentarisés pour devenir cultivateurs. Il avait été le premier à vivre avec nous.

Tout cela est remit en question, à l'exception de son statut de premier animal domestique.

La difficulté était de savoir que les restes trouvés étaient ceux d'un chien et non d'un loup. L'amélioration des méthodes de datation et l'intérêt porté à ce problème explique que l'ancienneté du chien a été repoussée à 36 000 ans. Les études ADN démontrent que sa distance génétique avec le loup n'est que de 0,2%. entre le loup et le coyote elle est de 4 %. le chien ne descend pas du coyote ou du chacal, son ancêtre est le loup gris commun, Canis lupus. Il est issu du loup par sélection effectuée par nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs.

 

Pourquoi le chien était-il si utile et pourquoi fut-il sélectionné si longtemps avant les autres animaux domestiques ? Sans doute pour son aide à la chasse ou à la garde du camp. Comme gardien de troupeau cela arriva beaucoup plus tard avec l'élevage. L'homme se mit à chasser comme le loup, en bande, devenant plus efficace, s'attaquant à de plus grosses proies. Cette évolution sélectionné des capacités originales:station debout libérant les mains ; aptitude à la course de fond ; cerveau de plus en plus gros, utilisation d'armes, de techniques de chasse, de piégeage et de cuisson avec la domestication du feu ; aptitude se développant au langage verbal permettant de partager des informations complexes et de se concerter pour coopérer. Nos ancêtres cohabitaient plus facilement avec un canidé dont le comportement ressemblait au sien qu'avec son cousin chimpanzé. Ayant capturé des louveteaux dans leurs tanières il découvrit par hasard un mécanisme comportement nommé, en éthologie, ''imprégnation sociale''. Le louveteau qui ouvre les yeux et grandit au milieu des hommes s'intègre au clan, participe aux chasses, défend les hommes comme des membres de sa meute.

Les complications surviennent quand il devient adulte et veut progresser dans la hiérarchie pour se reproduire. Chez les loups seul le couple alpha y est autorisé. Cela dut favoriser la sélection de spécimens peu agressifs, se reproduisant entre eux pour obtenir, au bout de quelques milliers d'années, des chiens dociles et amicaux. Le loup fut donc infantilisé pour rester immature et accepter la dominance de ses maîtres.

Les chiens primitifs ressemblaient à des huskies sibériens et si c'est ces hautes latitudes que la domestication commença c'est peut-être suite à la glaciation du pléistocène, le froid augmentant la difficulté de la chasse et rendant indispensable un nouveau compagnon faisant office de rabatteur. Explication possible mais sûrement pas unique. Avec le temps des caractères furent sélectionnés mais des qualités furent perdues, comme la vision nocturne, le hurlement ou l'alimentation collective des jeunes. Le volume cervical du chien est aussi plus petit d'un tiers.

Plus tard la raréfaction des troupeaux put pousser les hommes à créer l'élevage, sans chiens pour encadrer de grands troupeaux jamais ceux-ci n'auraient pu s'établir.

Autre impact de la domestication des canidés, les homos sapiens auraient pu profiter de leurs présences et se développer plus vite que les Néandertaliens, pourtant présent en Europe depuis plus longtemps. Deux modes de vies se seraient trouvés en concurrence, le plus adaptés ayant finalement triomphé.

Quand il fallut passer de la chasse, devenue trop efficace, à la culture puis à l'élevage l'apport du chien fut indispensable. Il permet une meilleure exploitation de la nature, jusqu'à ce que celle-ci devienne exagérée, mais là il n'y est pour rien.

 

Je me trouve de plus en plus de raisons d'aimer les chiens, les ''primitifs'' plus que les autres bien sûr.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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chenzen, le seul 18/01/2016 18:56

Bonjour Lee.
Sujet et article très intéressants. Il est vrai que la vision anthropocentrisme de l'Homme lui fait toujours dire, à tort, "qu'il s'est créé à la seule force de sa volonté", mettant de côté tous les animaux qui y ont contribué. Le chien/loup est une part fondamentale de cette réussite car sans son adresse à la chasse, sans sa capacité à défendre ses maîtres jusqu'au sacrifice, l'Homme du néolithique n'aurait jamais pu affronter les fauves. Les quelques milliers d'Homo Sapiens ne doivent leur survie que grâce aux autres animaux. Neandertal ne pouvait passer à l'agriculture ni à l'élevage, le climat ne s'y prêtait pas du tout, ni les espèces domesticables. Homo Sapiens a bénéficié d'une chance particulière, et le chien lui a ouvert des territoires, de nouveaux horizons d'établissement.
Dire que quelqu'un "est un chien" est donc lui faire grand honneur.

Lee Rony 18/01/2016 21:42

Bonsoir Chenzen, le seul.

Je ne peux qu'approuver cette remarque, étant moi-même plus canin que humain. Comme j'aimerais oublier cette ''con-science'' qui me fait halluciner pour retrouver le plaisir de courir dans les bois, de sentir les mille fragrances de la nature.

Et ne n'oublie pas le plaisir du prédateur... Mais c'est une autre histoire.

chenzen, le seul 18/01/2016 18:55

Bonjour Lee.
Sujet et article très intéressants. Il est vrai que la vision anthropocentrisme de l'Homme lui fait toujours dire, à tort, "qu'il s'est créé à la seule force de sa volonté", mettant de côté tous les animaux qui y ont contribué. Le chien/loup est une part fondamentale de cette réussite car sans son adresse à la chasse, sans sa capacité à défendre ses maîtres jusqu'au sacrifice, l'Homme du néolithique n'aurait jamais pu affronter les fauves. Les quelques milliers d'Homo Sapiens ne doivent leur survie que grâce aux autres animaux. Neandertal ne pouvait passer à l'agriculture ni à l'élevage, le climat ne s'y prêtait pas du tout, ni les espèces domesticables. Homo Sapiens a bénéficié d'une chance particulière, et le chien lui a ouvert des territoires, de nouveaux horizons d'établissement.
Dire que quelqu'un "est un chien" est donc lui faire grand honneur.

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