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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                        Le réveil de l'obscurantisme

 

Depuis 4 siècles la science s'est libérée des chaînes et entraves que veulent lui imposer les sectateurs d'un dieu, qui pour être soi-disant unique n'en porte pas moins des noms différents.

Galilée et Descartes au XVIIe siècle énoncèrent le postulat d'objectivité, proscrivant dans l'activité scientifique la considération des fins. La science s'oppose au raisonnement finaliste, solution de facilité consistant à renvoyer un problème non résolu, mal posé, inaccessible aux facultés cérébrales de certains, à dieu, créateur de l'ordre de la nature.

Rien ne se perd, la preuve. Les créationnistes cherchent à rabaisser la science au rang de discours hypothétique cherchant parallèlement à ériger une idéologie en science. Ceux-ci refusent que l'activité scientifique interfère avec la question de dieu en ranimant, tel un zombie, l'argument du dessein, résumé ainsi par Voltaire : l'horloge prouve l'horloger.

Rappelons que le créationnisme est une idéologie qui agglomère des tenants de religions diverses venus du monde entier, états-unis, Inde, Arabie saoudite, Belgique...

Profitons-en pour nous pencher sur l'époque qui vit la séparation des discours de la science et de la théologie, et la distinction entre croire et savoir. Aux XVIIe et XVIIIe la science s'est construite sur l'affirmation de son autonomie et son indépendance à l'égard de l'argument du dessin.

À l'âge classique la science se passe difficilement de dieu qui la fonde en renfermant les principes nécessaires à son activité, de son côté la science montre que la nature est bien ordonnée. La théologie se lit dans la nature.

C'est Pascal qui mettra en évidence que les faits scientifiques sont de nature historique, dépendants des expériences et, donc, du progrès technique. Ce que les savants anciens voyaient comme une loi définitive peut être remis en cause et sa fausseté démontrée. Lui succédera le postulat d'objectivité déjà vu, puis la critique du raisonnement finaliste par le chancelier Bacon suivi par Spinoza qui sera exclu de la communauté juive d'Amsterdam le 27 juillet 1756 pour avoir professé que la volonté de dieu est un asile de l’ignorance.

Au XVIIIe les encyclopédistes agiront pour débouter ceux qu'ils appellent les ''causes-finaliers''.

Ernst Mach dans La Mécanique (1904) insiste sur l'idée que le principe d'économie ne peut plus être référé à dieu mais référé à la science-elle-même, conçue comme recherche permanente d'un optimum, cherchant à présenter un maximum d'explications des phénomènes en un minimum de propositions.Leibniz, déjà, soulignait que les sciences progressent en s'abrégeant.

Le science est le produit des principes d'économie et de simplicité qui structurent, fondent et guident l'activité de l'esprit. Poincaré soulignera que s'il est possible de se passer de dieu il ne l'est pas de se passer de métaphysiques.

Pascal, croyant et savant, nous légua les moyens méthodologiques de penser la distinction entre croire et savoir : la croyance repose sur l'autorité et la foi, le savoir repose sur la raison et l'expérience. Aujourd'hui les tenants du dessein intelligent instrumentalisent une fausse science – la doctrine créationniste – pour servir leur propagande. Darwin étant leur cible principale. Ils cherchent à faire croire que la théorie darwinienne est une hypothèse concurrente de la leur. Ils veulent ainsi insinuer le doute chez ceux qui n'ont jamais réfléchi (par incapacité peut-être) philosophiquement aux enjeux et à l'illégitimité de l'argument du dessin et sont prêt à se laisser tenter par la thèse finaliste. Ils veulent supprimer le critère de distinction entre croire et savoir, entre l'idéologie et la science.

Ils visent à faire interdire l'enseignement de l'évolution pour lui substituer leurs dogmes.

La superstition et le fanatisme n'en demandaient pas tant pour prendre également ce visage, il suffit de suivre l'actualité pour lui en voir d'autre ; l'inquisition et ses méthodes remontant du gouffre obscur où elle pourrissait.

Derrière Darwin c'est la liberté d'expression qui est le but à atteindre, puis celle de penser afin de revenir à un monde d'où l'intelligence serait aussi absente que dans le cerveau des intégristes quelle que soit leur étiquette.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Chenzen, le seul 18/01/2016 19:11

Bonjour Lee.

Ce "Dieu" est tartiné à toutes les sauces, il y en a même qui prétendent parler avec Lui ! C'est dire. Aujourd'hui, nombre de physiciens quantiques tentent d'en apporter confirmation, ou infirmation, et les théories mathématiques se succèdent d'epsilon à lambda au carré que multiplie la vitesse de la lumière ! Dieu est insondable, seule sa "probabilité" est équationnable.
A dire vrai, vouloir prétendre définir Dieu est plutôt présomptueux, une hérésie, car comment peut-on donner un cadre à quelque chose qui, "par définition", est hors du cadre, puisqu'Il l'a lui-même créé ? Une souris de laboratoire peut-elle définir l'univers ? Il en est de même pour l'Homme, son cerveau n'a pas la capacité d'englober l'intégralité qui fait que ce Dieu est Dieu ; on ne peut que supposer l'imaginer, mais en aucun cas prétendre l'avoir définit, et encore moins avoir engagé une discussion avec cette Haute entité.
Les religions sont des phares aveugles, présomptueuses.

Lee Rony 18/01/2016 21:38

Bonsoir Chenzen, le seul.

L'esclave s'imagine un maître à la hauteur de sa propre vanité, histoire d'être en dessous, mais tout juste. Une infime partie peut-elle imaginer une totalité ? J'en doute. Tout juste peut-elle s'imaginer l'égaler à 99 %. Chacun se fait un dieu à la mesure de l'idée qu'il se fait de lui-même sans voir que la déité qu'il dessine est si médiocre qu'elle est blasphématoire.

Chenzen, le seul 18/01/2016 19:11

Bonjour Lee.

Ce "Dieu" est tartiné à toutes les sauces, il y en a même qui prétendent parler avec Lui ! C'est dire. Aujourd'hui, nombre de physiciens quantiques tentent d'en apporter confirmation, ou infirmation, et les théories mathématiques se succèdent d'epsilon à lambda au carré que multiplie la vitesse de la lumière ! Dieu est insondable, seule sa "probabilité" est équationnable.
A dire vrai, vouloir prétendre définir Dieu est plutôt présomptueux, une hérésie, car comment peut-on donner un cadre à quelque chose qui, "par définition", est hors du cadre, puisqu'Il l'a lui-même créé ? Une souris de laboratoire peut-elle définir l'univers ? Il en est de même pour l'Homme, son cerveau n'a pas la capacité d'englober l'intégralité qui fait que ce Dieu est Dieu ; on ne peut que supposer l'imaginer, mais en aucun cas prétendre l'avoir définit, et encore moins avoir engagé une discussion avec cette Haute entité.
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