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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 09:00

Science & Vie – HS270 – mars 2015

Anne Lefèvre-Balleydier

 

Les grands singes manient les outils, ils disposent d'une forme de langage et sont doté d'une mémoire qui ressemble à la nôtre, et, parfois, la surpasse. Que reste-t-il à l'homo sapiens se prétendant ''humain'' ? Le sens moral répondent philosophes et biologistes.

Certains primatologues distinguent chez les grands singes, dans leurs interactions sociales, des comportements qui pourraient être de l’altruisme, de l'empathie. Si le sens moral plonge dans notre sous-sol généalogique il pourrait exister dans le tronc commun des primates et pouvoir s'exprimer dans les diverses branches qui en émanent.

Reste à en faire la démonstration. La captivité rend la chose difficile, éthiquement et pratiquement, et l'observation in situ est ardue.

Depuis vingt ans David Watts et John Mitani étudient les chimpanzés dans le parc de Kibale, en Ouganda et assistent à cette scène. Après chassé ensemble ils se rassemblent pour partager le repas. Banal direz-vous ! Non, car ici il s'agit d'individus appartenant rarement à la même famille (déterminée par analyse ADN). Les chimpanzés volent rarement de la nourriture, le chasseur partage lui-même sa proie, parfois en enlève les os avant de l'offrir. Celui qui partage n'attend pas d'avoir le ventre plein, il répond rarement à des pressions et conserve son libre arbitre et le partage pourrait être motivé par un soucis de réciprocité indirecte élaborée.

Outre leur tendance au partage les grands singent s'avèrent capable de s'entraider sans attendre une contrepartie immédiate. Fréquemment en cas de confrontation entre deux mâles, un troisième réconforte le perdant, souvent les grands singes se réconcilient, évitant ainsi un nouveau risque d'attaque. Est-ce de l'altruisme ou la volonté pour le consolateur de se protéger ? Difficile à dire, mais les motivations de l'homo sapiens sont-elles toujours exemptes d'arrière-pensées ?

Il arrive qu'un jeune se retrouve orphelin, dans le parc de Taï, en Côte d'Ivoire plusieurs furent adoptés par des mâles, attitudes rares, les mâles étant rarement intéressés par les petits et allant parfois jusqu'à l'infanticide. Dans la moitié des cas il n'y avait aucun lien génétique entre les intervenants.

Des expériences menées à Kyoto ont démontré une vraie collaboration, une entraide faisant qu'un singe donnait à un autre un outil qu'il ne pouvait atteindre afin d'atteindre une récompense.

Alors, sens moral, empathie, ou comportements nés de l'évidence que l'entraide était nécessaire à la survie du groupe en général, à la sienne en particulier ?

[L'homo sapiens est-il jamais désintéressé lors d'action semblant l'être, n'est-ce pas un moyen de flatter son égo, de dominer celui qui au final est son débiteur ? L'instinct grégaire peut inciter à aider quelqu'un que l'on pense être de son troupeau, pour la survie de celui-ci, et, par conséquent, la sienne.]

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Chenzen sapiens, le seul 31/01/2016 19:05

Bonjour Lee.

Article fort intéressant.
Il est certain que l'Homme, notre espèce de grand singe, tend à se croire doté de particularités exclusives et exceptionnelles qui en feraient "l'être suprême". L'Homme n'a rien inventé, même pas son ADN, qu'il doit à de minuscules cellules antédiluviennes et que le singe, au milieu, lui a généreusement transmis. L'organisation du groupe est toute aussi vieille, nous pouvons la retrouver dans tous les règnes animaux et végétaux, des poissons aux arbres. Quand au langage, il suffit de tendre son oreille dans la nature pour comprendre que nous n'en n'avons absolument pas la primeur. D'ailleurs, à ce propos, les anciennes espèces humaines parlaient déjà aussi, puisqu'il est impossible de partager des connaissances de chasse, de pêche, de fabrication d'outils, de domestication du feu, sans la parole.
Homo Sapiens est seulement là où la Vie a décidé de le conduire, rien de plus, tout comme les dinosaures ont eu leur période de deux cent millions d'années. Lorsque le fauve surgit, les hommes civilisés se marchent dessus pour sauver "leur peau", oubliant, avec générosité, leur prétendu sens de la civilisation. L'anthropocentrisme montre très souvent ses limites réelles.

Lee Rony 31/01/2016 22:51

Le genre Homo d'aujourd'hui parle beaucoup, mais dit-il quelque chose pour autant. Dans le passé les mots avaient un sens, une nécessité pour vivre et survivre, aujourd'hui le flot des vocables ne transporte plus que des idées creuses. Parler pour dissoudre le temps, pour s'entendre faute de s'écouter.
Moi-même ai-je quelque chose à dire ? J'en doute parfois.

Chenzen sapiens, le seul 31/01/2016 19:04

Bonjour Lee.

Article fort intéressant.
Il est certain que l'Homme, notre espèce de grand singe, tend à se croire doté de particularités exclusives et exceptionnelles qui en feraient "l'être suprême". L'Homme n'a rien inventé, même pas son ADN, qu'il doit à de minuscules cellules antédiluviennes et que le singe, au milieu, lui a généreusement transmis. L'organisation du groupe est toute aussi vieille, nous pouvons la retrouver dans tous les règnes animaux et végétaux, des poissons aux arbres. Quand au langage, il suffit de tendre son oreille dans la nature pour comprendre que nous n'en n'avons absolument pas la primeur. D'ailleurs, à ce propos, les anciennes espèces humaines parlaient déjà aussi, puisqu'il est impossible de partager des connaissances de chasse, de pêche, de fabrication d'outils, de domestication du feu, sans la parole.
Homo Sapiens est seulement là où la Vie a décidé de le conduire, rien de plus, tout comme les dinosaures ont eu leur période de deux cent millions d'années. Lorsque le fauve surgit, les hommes civilisés se marchent dessus pour sauver "leur peau", oubliant, avec générosité, leur prétendu sens de la civilisation. L'anthropocentrisme montre très souvent ses limites réelles.

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