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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:00

Child 44 - Daniel Espinosa – 2015 - 137'

Tout commence lors de l'Holodomor, la famine qui régna en Ukraine sous le règne de Staline et amplifiée par celui-ci, histoire de faire le ménage et d'assurer son pouvoir. Elle causa des millions de victimes et laissa derrière elle nombre d'orphelins hantés par ce qu'ils avaient vécus, endurés ou dus supporter pour survivre quand beaucoup autour d'eux mouraient.

Certains enfants furent placés en orphelinats, structures qui n'étaient qu'au minimum accueillantes, une nouvelle épreuve dont ne peuvent sortir que les plus forts.

1933, un enfant s'échappe, court devant lui, finit par tomber sur des soldats soviétiques qui le récupèrent et s'occupent de lui. Finalement l'armée se révèle bien plus sympathique, il fait l'expérience de la solidarité, de la camaraderie, de l'amitié même. Rebaptisé Leo il participera à la guerre contre l'Allemagne nazie jusqu'à la libération de Berlin. Léo figurera sur un cliché symbole de cette victoire et deviendra un héros de l'armée rouge.

Le conflit terminé il se retrouve dans la police d'état à Moscou, s'occupant d'affaires devant rester discrètes, de contre-espionnage tout en participant aux soirées officielles en compagnie de son épouse, racontant à l'envi comment ils se rencontrèrent, qu'elle lui donna un faux nom lors de leur premier contact mais qu'il finit par la retrouver et la conquérir.

C'est le mot !

 

 

Une affaire chasse l'autre, la nouvelle qui lui échoie, après qu'il eut capturé un ''espion'' met en cause diverses personnes. Le dossier qui lui échoit, donné par son supérieur hiérarchique comme s'il n'attendait que cela pour le piéger, concerne justement Raïssa, soupçonnée d'activités antisoviétiques. Accusation fourre-tout permettant de se débarrasser de n'importe qui.

Parallèlement Leo se retrouve confronté à une affaire de meurtres d'enfants, mais le ''paradis du socialisme'' ignore ces comportements déviants que seule la société capitaliste peut générer, il ne peut s'agir que d'une interprétation mensongère et hostile des événements. Et Leo devra convaincre un de ses camarades de guerre que son fils n'a pas été assassiné comme il l'affirme mais bien heurté par un train. Affirmer le contraire serait dangereux pour leurs carrières.

Ce n'est pas une bonne chose d'être curieux, encore moins de faire confiance à n'importe qui, votre ami, votre parent, votre voisin, tous peuvent être à la solde du régime, ou des opposants à celui-ci, encore qu'il y ait beaucoup plus des premiers que des seconds. Leo va l'apprendre à ses dépends. Pour protéger sa femme il va renoncer aux avantages de sa fonction et se retrouver muté dans un trou perdu, soldat sous les ordres d'un général qui ne l'apprécie pas beaucoup. Mais les crimes continuent, bien que chacun soit ''résolu'' il finit par apparaître évident qu'un seul criminel est à l'oeuvre, depuis longtemps, et qu'il agit sur le trajet d'une voie ferrée. Idéal pour marquer le début d'une piste.

 

 

Heureusement cela se passe à la fin de l'époque stalinienne et les changements qui s'annoncent verront une évolution positive de la société soviétique.

La trame est passionnante, le contexte intéressant, l'interprétation de qualité, entre Tom Hardy, Noomi Rapace, Vincent Cassel ou Gary Oldman. Pourtant quelque chose manque pour rendre le film captivant. Le comportement du héros peut-être, qui passe d'une situation à l'autre sans paraître avoir d'état d'âme, que ce soit pour défendre sa femme jusqu'à trouver ce tueur d'enfants dont il sent, sait ou redoute, qu'il ne lui est pas étranger. L'ambiance est aussi pesante que devait l'être la vie à cette époque, même s'il ne fallait pas le montrer. Le paradis n'est-il pas le mensonge que l'on se fait à soi-même en premier lieu ?

L'ensemble pourtant ne manque pas d'attraits, dans sa noirceur qu'illumine Noomi Rapace, victime elle aussi du système avant d'y trouver une chance de bonheur. La réalisation n'est pas à la hauteur de son sujet et le scénario est déséquilibré. Une durée moins longue et un montage plus rythmé eussent été favorables.

D'après le roman de Tom Rob Smith.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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