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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 09:00

Secret Ceremony – Joseph Losey – 1968 - 105'

Londres, Leonora (Elizabeth Taylor) se regarde dans la glace, s'observe un moment puis ôte sa perruque blonde puis le reste d'une tenue si racoleuse qu'elle est une vraie carte de visite. Elle se change, enfile une tenue sombre, là encore qui fait office de présentation. Brune désormais, en deuil, où pourrait-elle aller sinon dans un cimetière. C'est sur la tombe de sa fille qu'elle se rend, comme souvent, passant d'une personnalité à l'autre, prostituée à temps partiel, mère en souffrance à temps complet. Rails qu'elle suit depuis longtemps sans que rien n'indique que cela doive changer.

Forcément il va se passer quelque chose. Dans ce cimetière elle est suivie par une jeune femme. Cenci (Mia Farrow) est une jeune femme, héritière et orpheline. Visiblement elle prend Leonora pour sa mère et finit par la convaincre, mais ce n'est pas si difficile, de venir s'installer chez elle.

Leonora quitte donc son logement pour la grande maison de Cinci, essaie de s'adapter à cette maison aussi gaie qu'une morgue où se croisent deux illusions. Celle de Cinci qui la prend pour sa mère, celle de Leonora également qui voit dans la jeune femme celle que sa propre fille aurait pu devenir. L'héritière lutte contre ses pulsions, ses hantises, s'accrochant au souvenir de sa génitrice disparue, incarnée par Leonora, mais aussi en piochant dans diverses doctrines au gré des modes, de ses fantaisies, les mâchant jusqu'à ce qu'elle ne lui fasse plus effet et qu'elle en trouve une autre.

Mais croire en un mensonge est difficile pour l'une comme pour l'autre, chacun s'y efforce mais la vérité est un courant contre lequel il est difficile de lutter.

Il ne manquait plus que l’intervention d'un nouvel acteur, Albert, beau-père de Cenci avec lequel la jeune femme entretient des relations plus érotiques que familiales. Histoire, peut-être, de jouer à être sa mère sans devoir être une femme pour autant.

Dans ce cadre glacé où le présent n'est pas invité il était inévitable que le déni finisse par s'estomper, rongé qu'il était par la peine et la culpabilité.

 

Si vous cherchez une comédie, passez votre chemin, si ce sont des portraits de la fatalité, de pantins dirigés par la folie sur la scène du tragique, mais avec force et talent, alors vous ne serez pas déçu mais heureux que votre invitation ne soit qu'une illusion.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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