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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 09:00

Home from the Hill – Vincente Minnelli – 1960 – 150'  Résultat de recherche d'images pour "home from the hill"

Nous sommes au Texas. Wade Hunnicutt est un grand chasseur, cette fois il s'agit de gibier. Opportunité pour un mari jaloux des autres proies que cible Wade pour tirer sur celui-ci afin de se venger de son infortune. Du reste personne n'est surpris par cet incident. Son épouse, Hannah (Eleanor Parker) encore moins puisqu'elle se refuse à lui depuis qu'il a eu un fils, Rafe (George Peppard) avec une de ses maîtresses. Ensemble ils ont pourtant un enfant, Theron (George Hamilton) qui grandit dans cette ambiance oppressante et peu favorable à son épanouissement, à l'écart du monde, entre la domination de son père et la protection exagérée de sa mère contre laquelle Wade lutte, désireux de faire de cet enfant, un homme, un vrai ! Quitte à demander l'aide de Rafe pour cela alors que jamais il ne reconnu celui-ci comme son enfant.

 

 

 

 

 

 

La vie aurait pu s'écouler ainsi, entre apparences et non-dit, Hunnicutt trônant dans son salon, menant son petit monde sous le regard de ses trophées de chasse et de ses chiens. Sa femme cohabitant avec un mari qui la répugne et des névroses qui l'occupe, près d'un fils enfermé dans son enfance et d'un bâtard, métayer, habitant dans une cabane qui ressemble à une niche.

Theron pourtant est conscient de sa situation aussi demande-t-il à son père de l'aider à échapper à l'emprise de sa mère, las qu'il est d'être considéré comme un ''fils à maman''. C'est peut-être la chance pour eux de se (re)trouver, de se (re)connaître, de (re)construire une famille.

Quel meilleur environnement pour se découvrir, et faire ses preuves, que cette forêt immense et dangereuse ? Theron est seul, avec un fusil, avec pour cible ce sanglier qui ravage tout sur son passage, ce symbole d'une masculinité qu'il peut atteindre, dominer et s'approprier. Décor magnifique que ces marécage où le souffre génère un brouillard jaune, nature miroir de l'être primordial qui ne demande qu'à s'exprimer.

Theron vaincra l'animal, trop facilement à mon goût, mais le gain qu'il en retire sera un poids plus lourd que celui qu'il abandonne. Il découvre le véritable monde, ses difficultés, ses injustices, en l’occurrence celle faite à ce (demi) frère qui l'a accompagné, aidé, soutenu, sans jamais se plaindre ni rien demander. Il comprend d'où il vient, ce que sont ses parents, et, pire, où il va, porteur d'un modèle qu'il ne pourra que reproduire.

Difficile de se débattre face à son destin, dans les liens que le destin nous impose, mais la mort peut être une délivrance pour ceux qui restent.

Vincente Minelli sait jouer des symboles en les intégrant à la réalité, à moins que ce ne soit l'inverse, sa distribution est à la hauteur, dominée par une Eleanor Parker magnifique dans la froideur comme dans l'émotion. Mitchum sait donner de la sensibilité à un personnage qui pourrait n'être qu'un salaud monolithique. George Hamilton démontre des qualités qu'il aura peu l'occasion d'exposer par la suite, quand à George Peppard, s'il n'avait pas croisé l'alcool sur son chemin il aurait fait une plus grande carrière.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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