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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 09:00

악어 (Ag-eo) Kim Ki-duk - 1996 - 102'

Avant de découvrir la dernière (en date) œuvre, Pièta, de Kim Ki-duk dans quelques semaines si tout va bien, pourquoi ne pas se pencher sur sa première œuvre, tournée en 1996.

Pour se trouver le réalisateur quitte son pays et voyage en Europe, en train, s'essayant, en vain, à la peinture. La mise en scène n'est pas son ambition, c'est justement pour découvrir s'il en a une qu'il a entamé ce périple en quête de soi.

Il rentre en Corée et fini, sans que je sache encore comment, par se retrouver derrière une caméra, lui qui n'était pas amateur de cinéma et ne fit jamais d'école, comme quoi, mieux vaux être doué que travailleur, c'est moins fatigant.

Ceux qui ne sont ni l'un ni l'autre tiennent un blog !

Bref ! Crocodile est le (sur)nom d'un SDF qui vit près du fleuve Han qui traverse Seoul. Il vit là avec quelques compagnons d'infortune sans que l'on sache d'où il vient. Quelle importante ? Pour vivre il observe le pont sur le fleuve et les suicidaires qui choisissent cet endroit pour mettre fin à leurs jours, il plonge alors, non pour les sauver, mais pour les voler et dissimuler leurs cadavres afin de monnayer leurs restitutions. Le fleuve est son univers, le seul où il parvient à être, le temps d'un sourire, lui-même, indépendamment de ce qu'il y fait. Un retour vers son univers avant qu'il ne le perde, définitivement, en naissant.

Un jour pourtant il va sauver une jeune femme qui va rejoindre le groupe, la famille peut-on dire. Il y avait l'homme, Crocodile, le grand-père et l'enfant, manquait la mère.

Battue et violée, ce qui ne semble pas être nouveau pour elle, elle reste malgré tout, son destin semble tracé et inévitable.

Mis à part les noyés, pas assez nombreux, crocodile vend une espèce d'appareil censé favoriser la santé et l'énergie, il survit, refuse de penser qu'un avenir différent fut possible. Il s'est fait à son existence minable et la présence hyun-jun la perturbe. Mieux est inaccessible, pire, immérité, alors la brutalité le ramène à l'idée qu'il se fait de lui-même sans que l'on sache pourquoi ni quel est ce passé qui l'a conduit là, cul-de-sac de son existence dont il ne veut plus sortir. Être le ''monstre'', lui-même le dit, que l'on veut être demande de la constance dans l'effort, nager dans l'obscur, s'y dire chez soi, le penser peut-être, mais pas tout le temps. Il demeure sensible, vivant, humain, le saurien de son surnom est le masque qu'il a posé sur son présent pour oublier son passé et éloigner son futur.

Non, noyer son futur.

 

L'eau est rassurante, enveloppante... 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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