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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 09:00

Marc Agapit - Collection Angoisse – No 40 – 1958

 

une femme marche depuis quinze minutes dans l'avenue d'une grande ville dont elle ne sait pas le nom, ce n'est pas grave puisqu'elle ne sait pas non plus comment il s'appelle, d'où il vient ni où il va. Sa mémoire se limite au quart d'heure précédent mais n'est pas vide pour autant, elle comprend ce que les passants disent et lit les devantures des magasins. Elle a comprit, elle souffre d'amnésie. Peut-être l'agent de police réglant la circulation pourra-t-il l'aider mais celui-ci, au moyen de son bâton, lui indique l'autre côté de la rue.

Elle traverse et vois une vitrine garnie d'un store couleur cerise, avec, au-dessus, les mots : AGENCE T.C. Écrits en majuscules jaunes. Pensant qu'il peut s'agir d'une agence de renseignements elle tourne le bac de cane et entre.

- Vous faites des filatures, des recherches, demande-t-elle.

Une réponse positive lui étant apportée elle expose sa requête : elle voudrait savoir qui elle est. Ne pouvant remplir de fiche, elle signe au moyen de ses empreintes la fiche d'inscription puis raconte ce dont elle se souvient, les dernières quinze minutes. La remarque de son vis à vis la fait constater qu'elle dispose d'un sac à main auquel elle n'avait pas prit garde jusqu'alors. Dans celui-ci elle découvre diverses choses dont une clef et un miroir, l'occasion de se regarder.

Et de ne pas se reconnaître.

L'homme qui l'a reçut la fait entrer dans une autre pièce, genre salle d'attentes, où d'autres personnes sont assises. Elle en profite pour demander ce que signifient les lettres T.C. Et reçoit diverses réponses ; Tous Crimes, Toutes combines, Toutes Causes...

Régulièrement une dame ouvre une porte, cite un nom, quelqu'un se lève puis sort. Pour elle la dame ne dit que ''Vous, là-bas !''

Elle est conduite dans une cave, murs nus et humides, plafond voûté, meublée d'une table couverte d'un tapis noir, éclairée par une bougie. Un homme lui explique que ses empreintes ont révélées qu'au commissariat elle fit la demande d'un passeport qu'elle n'a pas réclamé sur lequel figure son nom et son adresse. Un taxi va venir la chercher et la conduire chez elle, en banlieue, dans la campagne. Le maire de la localité la connait.

En remerciant de la rapidité et l'efficacité de l'enquête, elle s'entend répondre que la devise de l'agence est : travail-célérité. À l'énoncé de sa ville de résidence un souvenir semble lui revenir mais trop brièvement.

AGENCE TOUS CRIMES

Comme prévu elle prend un taxi puis un bus. Après un quart d'heure le conducteur lui dit qu'elle est arrivé. Heureusement puisqu'elle n'a rien reconnu du trajet comme de la place où elle débarque. Mais elle ne trouve pas l'adresse indiquée sur son papier. Elle demande donc à une femme qui semble l'avoir reconnue de l'accompagner. Celle-ci accepte d'autant plus facilement qu'elle fait le ménage chez elle. Les deux femmes arrivent à destination, une maison isolée sur le bord de la route. À nouveau une image traverse son esprit sans qu'elle ait le temps de la reconnaître. Elles entrent, l'autre va faire du café, ça lui fera du bien. L'ayant interrogé l'autre personne lui dit s'appeler Marie Trégnier, pour s'expliquer elle avoue avoir perdu la mémoire et ne connaître son nom, Jacqueline Vermot, que parce qu'il est noté sur le papier. Elle continue son interrogatoire pour apprendre qu'elle fut institutrice, à l'école des filles, et est à la retraite. Tout le monde semble l'apprécier.

Marie s'en va, Jacqueline reste seule dans une maison inconnue avec les portraits de parents qui ne lui disent rien et d'un neveu tout aussi étranger.

Le Jardin n'est pas plus évocateur mais une femme l'appelle de l'allée du cimetière qui lui fait face. L'étrange est que celle-ci ressemble à sa mère. Ce n'est pas tout, son neveu est là aussi ! Quand on frappe ! Des voisines, conduites par Marie Trégnier sont là qui viennent satisfaire leur curiosité autant que prendre de ses nouvelles. Quand Jacqueline leur dit qu'elle doit d'abord prendre le martinet pour que sa mère corrige son neveu. L'effet est immédiat, Marie se signe en affirmant que sa mère est morte et son neveu au loin et trop âgé pour encore subir cette punition.

Jacqueline est stupéfaite, elle fonce à l'étage, fouille la maison, mais celle-ci est vide.

Elle pousse un hurlement prolongé et s'affale sur le plancher.

 

Au réveil elle se retrouve dans son lit, Marie l'a soigné et le médecin l'interroge. Elle raconte donc à nouveau ce qui lui est arrivé, l'amnésie, la vision de sa mère... Un mois se passe, elle se remet doucement. Discutant avec Marie elle apprend que son neveu ne portait ce titre que par commodité, en fait il était l'enfant d'amis de son père, tous deux paralysés et ne pouvant élever Denis.

 

Retrouvant la capacité de marcher, elle visite la maison, au grenier, dans un vieux bahut plein de hardes et de jouets démantibulés, elle découvre une liasse de feuillets écrits de sa main et intitulé :

JOURNAL DE MA VIE

par Jacqueline Vermot

Exactement ce dont elle avait besoin pour connaître son passé !

 

Tout commence par la relation de l'arrivée de Denis à la maison, et le portrait qu'en fait sa propre mère n'a rien de plaisant : un vrai démon ! Et le journal continue sur la vie avec ce petit monstre et les coups qu'il faut lui donner pour le calmer, jusqu'à manquer le noyer.

 

Pendant sa lecture un rire éclate derrière elle, un jeune homme lui fait face qui l'appelle tantine et affirme rentrer de voyage... Jacqueline est sous le charme de ce jeune homme à la tête de dieu grec. Il lui raconte le plaisir qu'elle prenait à le battre, à le voir nu, troublée et honteuse. Il reconnaît avoir causé la mort de sa mère, qu'ensuite il est allé en maison de redressement puis a fait des études de dessin avec la rente donnée par ses parents, puis, à la mort de ceux-ci, avec l'héritage, les fêtes qu'il fit. Tout est là, dans le journal, si elle ne le croit pas elle peut lire ses propres phrases.

 

Quand elle veut se jeter dans ses bras elle ne rencontre qu le vide et tombe sur le sol où elle sombre dans l'inconscience.

 

Nous n'en sommes là qu'à un tiers du roman. Rassurez-vous pourtant, Jacqueline saura pourquoi elle a perdu la mémoire...

J'espère vous avoir donné envie de connaître la suite, quand à demander les services de l'AGENCE T.C. soyez circonspect !

 

La collection Angoisse est mythique chez les amateurs de fantastique et Marc Agapit fut un de ses meilleurs auteurs et relire cette histoire, sa première, quelques années après sa découverte fut une expérience si agréable que je compte la répéter avec quelques autres pépites de cette série du Fleuve Noir. Le style n'a pas vieilli même si l'histoire est loin de celles que l'on découvre aujourd'hui, une plongée dans le temps nostalgique et plaisante.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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