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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 07:21

Dossier Pour la Science N 86 Janvier – Mars 2015

Tous bipèdes !

François DRUELLEGilles BERILLON

 

Quel est le point commun entre un moineau, un tyrannosaure et vous, ou moi ? Plusieurs réponses sont possibles bien sûr, l'une d'entre elles est la bipédie, cette posture permettant de se déplacer debout sur ses pieds pour lutter contre la vérité. L'animal bipède le plus connu est l'être humain mais ses parents les plus proches, les grands singes, le sont aussi.

Des générations de paléontologues, anthropologues et anatomomorphologistes ont recensé et analysé ces bipédies. La preuve fut apporté que tous les primates de l'Ancien Monde (les catarhiniens) la pratiquaient, au moins occasionnellement indiquant que l'ancêtre commun des grands singes et des humains l'était. Les grands singes disposent d'une grande variété locomotrices suivant la niche écologique où ils se trouvent, peu sont vraiment spécialisés. L'homme moderne lui aussi, bipède principalement, peut néanmoins pratiquer l'escalade, le saut ou la suspension, la composante quadrupède semble pourtant avoir disparu.

La bipédie habituelle est donc une spécificité humaine, mais elle est répandue, occasionnellement chez les primates. Elle permet de libérer les membres antérieurs utilisables pour d'autres tâches. Posturale, on la retrouve dans des activités liées à l'alimentation, pour accéder plus facilement à des fruits et des baies. Elle permet également le transports des denrées, elle est aussi utilisée en cas de signal d'alerte pour repérer un prédateur, pour choisir la bonne direction, mais aussi pour s'orienter dans un milieu comme la savane. Elle s'observe durant les jeux, les interactions sociales, combat ou démonstration de force, elle est aussi une position typique pendant la copulation.

La bipédie confère donc un avantage, cependant elle implique un équilibre délicats sur les membres postérieurs conduisant à rechercher ses bases biomécaniques. Techniquement la bipédie est un déplacement fait d'une succession de la phase d'appui et de celle de vol des extrémités, avec des phases de double appui, sans cette dernière il s'agit d'une course. Chez l'homme la phase d'appui représente environ 60 % du cycle, celle du vol, 40 %. chez les autres primates la première phase est un peu plus longue.

Chez l'homme, l'anatomie est en rapport avec la posture et l'équilibre, par exemple avec un positionnement vers le haut et un raccourcissement du pelvis, une succession de courbures de la colonne vertébrale, des membres inférieurs en extension et pieds voûtés relativement peu flexibles. Les autres primates ne disposent d'aucun de ces arrangements anatomiques.

Récemment fut mis en évidence l'importance de l'apprentissage de la marche bipède chez le petit d'homme. Il passe par une expérience contribuant à son affinage alors que chez les autres primates elle est bien inférieure. Dans une perspective paléoanthropologique ce sont les valeurs adaptatives des mécanismes de transition et d'équilibre qu'il faut étudier pour comprendre comment la quantité de marche bipède non assistée augmenta graduellement chez nos ancêtres homininés. C'est la nature habituelle de cette locomotion qui caractérise l'homme moderne et non la bipédie qui est partagée par tous ses plus proches parents.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Chenzen, le seul 23/10/2015 19:25

Bonjour Lee.
Petit correctif, la bipédie n'est pas une spécificité humaine, elle date d'au moins 300 millions d'années avec l'apparition des reptiles bipèdes (Eudipamus). La bipédie a été conservée par les dinosaures carnassiers, puis certains marsupiaux, ainsi que les oiseaux géants de l'après-dinosaures (Gastornis par exemple).

En principe, lorsque l'Evolution trouve qu'elle a élaboré une mécanique efficace de survie, elle la transmet à d'autres espèces. La bipédie n'est rien d'autre que de la marche ; ce qui se pratiquait déjà dans les océans du Cambrien (mollusques, étoiles de mers, et autres arthropodes). L'Homme en a naturellement hérité par son premier ancêtre hominidé (Il y a 47 millions d'années déjà).

Certains grands oiseaux, comme les émeus et les autruches, ont également adopté cette forme de déplacement. Les kangourous ont opté pour un moyen proche de la bipédie ; c'est le saut, car il consomme peu d'énergie, mais ce n'est pas un moyen efficace et discret pour traquer une proie.

L'Homme n'est donc pas un privilégié en la matière, ni un innovant, c'est l'Evolution qui l'a rattrapé.

Lee Rony 26/10/2015 10:28

Heureusement LEEvolution est là pour corriger les erreurs de la Nature.
Justement, les premières lignes de cet article soulignent bien que la bipédie n'est pas la particularité de l'unique Homo Sapiens, dont les initiales seules suffisent à le définir.

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