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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:31

Ossessione Luchino Visconti – 1943 – 140'

Le critique Umberto Barbaro est le premier qui utilise le terme de néo-réaliste pour qualifier un film bien que certains attribuent l'expression à Mario Serandrei, monteur de ce film. Quoi qu'il en soit Ossessione est considéré comme le premier film de ce courant qui devra pourtant attendre, nous comprenons pourquoi, la fin de la guerre, Rome, ville ouverte, de Roberto Rossellini, pour s'imposer.

 

Gino est un beau mécanicien qui voyage au gré de son désir et travaille selon les opportunités et ses besoins. Un jour il s'arrête dans un café faisant office de station service et de garage. Il ne peut pas ne pas remarquer Giovanna, jeune et jolie épouse de Bragana, le patron, qui présente un physique fort différent et peu amène. Entre eux le coup de foudre est immédiat et la jeune femme affirme à son mari que l'arrivant n'a pas payé son repas. Il doit donc rester et travailler au garage pour rembourser ce qu'il doit, ce qui lui permettra de faire mieux connaissance, le soir même, avec Giovanna. Le mécanicien lui propose de fuir avec lui mais retrouver la pauvreté l'effraie aussi préfère-t-elle la sécurité auprès de son époux à une vie moins confortable.

Gino repart pour Ancône où il veut s'embarquer. En ville il croise Giovanna et Bragana, ce dernier le convainc de revenir. Le voyage de retour sera fatal à l'époux... Les amants font passer leur crime pour un accident. L'avenir paraît idéal mais Gino soupçonne sa compagne de l'avoir instrumentalisé pour qu'il tue son mari et lui permette de toucher l'argent de l'assurance aussi la quitte-t-il pour aller retrouver Anita, une prostituée rencontrée à Ferrare. Ils se réconcilieront quand elle lui avouera qu'elle est enceinte.

L'accident pourtant a attiré l'attention de la police qui soupçonne la vérité. Sur le point d'être arrêtés ils s'échappent en voiture.

Mais celle-ci dérape...

Visconti adapte là le célèbre roman de James Cain Le facteur sonne toujours deux fois, sans en avoir les droits, aussi dut-il en changer le titre et ne pas en faire mention. Il en profite pour situer l'action dans l'Italie alors fasciste, dénonçant les contraintes du système, montrant la réalité sociale du moment, dénonçant des tabous comme l'adultère, le crime passionnel, le misère, le climat policier de l'état mussolinien, il évoque aussi la prostitution occasionnelle des femmes qui n'ont pas d'autres moyens de subsistance.

Le film fut censuré par les autorités qui exigèrent la destruction des négatifs, Visconti réussit à en sauvegarder un.

Tant mieux pour une réalisation qui est autant un film qu'un regard, acéré, porté sur une époque.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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