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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 08:05

Tim Burton – 2015 – 105'

Dick Nolan est journaliste et s'occupe des échos sur la vie des célébrités dans un journal versé dans le sensationnalisme. Il est le narrateur de ce film qui nous raconte la vie de Margaret Ulbrich.

Nous découvrons celle-ci en train de faire ses bagages pour quitter son époux en compagnie de sa fille. L'avenir est incertain mais rester avec un tel homme ne serait pas bénéfique pour elle. Dans ses bagages elle emmène également ses toiles, son ambition est de vivre de son art.

Désir louable mais difficile, surtout en 1958 où les artistes femmes sont rares et le rôle du mari prépondérant dans le couple.

À San Francisco elle retrouve une amie heureuse de la voir ayant repris sa liberté, déniche un logement et cherche un travail. Chose difficile mais sa patience sera récompensée.

Bien que peintre des petits bonshommes sur des lits pour enfants dans une manufacture soit loin d'être son idéal.

Parallèlement elle continue à peindre et présente son travail dans des parcs publics l'autorisant. Elle fait le portrait de n'importe qui pour un prix ridicule. À côté d'elle un autre peinte, Walter Keane, essaie de vendre ses croutes, des vues de Paris, pour beaucoup plus cher. Ville dans laquelle il clame avoir vécu et étudié dans l'immédiat après-guerre. Il remarque la jeune femme, entame le conversation avec elle, lui affirmant qu'elle possède le talent dont lui manque. Un moment de sincérité rare pour lui. Ils finissent par se rapprocher et quand l'ex-mari de Margaret essaie de récupérer leur fille il propose de l'épouser.

Comment dire non à une solution qui arrangerait tout. Ou presque !

Leur vie est plus facile mais leur ambition de devenir peintre perdure. Un soir, dans un club de jazz, Walter propose au propriétaire de louer ses murs, ce que ce dernier accepte. Ainsi pour faire une vente finira-t-il par s'approprier les toiles de son épouse, toutes représentent des enfants dans des situations différentes mais avec des yeux disproportionnés par rapport au reste du visage.

Profitant d'une altercation avec le patron de la boîte Walter devient le sujet d'un entrefilet, pour lui c'est l'évidence que la publicité est le moyen de se faire connaître et de vendre des œuvres signées Kean.

Petit à petit ces toiles vont rencontrer le succès, d'abord avec Olivetti, descendant du fabriquant des machines à écrire, avec d'autres vedettes ensuite. Walter sait user de son charme pour vendre des toiles, pour utiliser des vedettes pour se faire un nom. Faisant des peintures de son épouse de véritables succès, non-reconnus par les critiques qui comptent, mais l'important n'est pas là. Pour lui l'argent est le critère principal et s'il doit usurper le talent de son épouse cela ne le choque pas, du moment que le succès est au rendez-vous.

Ainsi aura-t-il l'idée de vendre des affiches, puis des reproductions, plutôt que les toiles elles-mêmes. Si une vaut 5000 dollars il vaut mieux en vendre cent fois plus pour cent fois moins cher.

Andy Warhol retiendra la leçon.

Mais Margaret vit mal la situation, de ne pas être reconnue, même en trouvant un style différent, de vivre dans le mensonge ; même sa fille ne doit pas connaître la vérité. Walter devient accro à l'argent, au succès, il est prêt à tout pour gagner plus, heureux de faire la une des journaux, de fréquenter des stars de Hollywood.

Jusqu'au jour où il finira par tenter de tuer sa femme et sa belle-fille. Celles-ci vont s'enfuir pour Hawaï ou Margaret finira par avouer la vérité à la radio.

Le scandale sera immense et suivi d'un procès qui fera la preuve du talent de l'un et de l'autre.

Étrange histoire que celle d'un couple où le talent de l'un est exploité par l'ambition de l'autre qui faut d'être un artiste se révèle habile commerçant à l'aube des années 60 et du triomphe mercantile d'un Andy Warhol.

Tim Burton trouve là un sujet idéal, qu'il peut utiliser en lui ajoutant cette touche personnelle qui marque chacun de ses films. Christoph Waltz campe un Walter Keane qui finit par croire en son illusion, faute de quoi il lui faudrait reconnaître qu'il n'est qu'un escroc, et Amy Adams est parfaite en peintre qui ne peut s'imposer dans un monde d'homme et doit affronter ses peurs pour finir par s'imposer dans un monde où l'homme est dominateur.

L'art est une chose, le commerce en est une autre. Quand ils se rencontrent le second dévore le premier et n'en laisse qu'une ombre révélatrice d'une époque qui a choisit son camp.

Pas le mien !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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