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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 08:19

Les Cahiers de Science & vie No 150 Janvier 2015

De savants lanceurs de charme

Sophie Crépon

Nous l'avons vu, et lu, Merlin réuni des compétences contradictoires mais complémentaires, associant science(s) et magie. Mais justement, qu'est-ce que la magie ? de quand date les premiers rituels magiques ? Quand religion, magie et science se sont-elles séparées pour devenr des domaines de pensée autonomes ? Pour Jean-Michel Sallmann, professeur d'histoire à l'université Paris-X-Nanterre, la magie est ''tout ce qui permet de modifier la substances des choses par des moyens surnaturels''. C'est un art pratiqué par un marginal doué de pouvoirs extraordinaires et détenteur de connaissances hors du commun lui permettant de bouleverser l'ordre naturel des choses. Elle se divise en trois types : la ''magie divine'' exercée par les dieux ; la ''magie cérémonielle'', impliquant l'utilisation de forces bénéfiques ou maléfiques, et la ''magie naturelle'', qu'explique aujourd'hui la physique et la chimie. Celle-ci était pratiquée par les alchimistes. Elle était blanche ou noire, bénéfique ou maléfique, légale ou illégale. Vont d'abord, dans l'Antiquité grecque, se séparer la religion et la magie puis la sorcellerie et la magie. La religion s'autonomise par l'apparition d'une théologie philosophie, ensemble de règles régissant les rites officiels, puis la magie, influencée par le jugement moral, se divise en magie, bénéfique, et en sorcellerie, malfaisante.

Jean Clottes trouve les premiers rites magiques dès la préhistoire, Fritz Graf, au contraire, rejette cette idée et nie le rapport entre magie et chamanisme. Les textes anciens montrent en effet que les termes ''magicien'', ''sorcier'' et ''magique'', apparus en Grèce entre le Ve av. J.C. Et le IIe après, renvoyaient aux prêtres perses et à leurs rites. Pline l'Ancien l'affirmait dans son Histoire naturelle : ''Zoroastre, roi des Perses, est à l'origine de cet art mystérieux qui se serait propagé en Grèce et dans le monde par l'intermédiaires des savants grecs, des juifs, des peuples d'Italie et des Celtes''. Ces prêtres avaient la responsabilité des sacrifices royaux, des rites funéraires, de la divination et de l'interprétation des rêves, certains assuraient aussi les rites privés et secrets qui pourraient être qualifiés de ''sorcellerie''. Or le chamanisme et ses pratiques visant à faire se rencontrer le monde des humains et celui des esprits de la nature et des membres décédés du clan ignorent la notion de malveillance.

Au Ve s av. J.C. les Grecs avaient absorbés des pratiques magiques égyptiennes, juives, sumériennes, babyloniennes et assyriennes. Les devins et mages exerçaient alors des exorcismes et une magie ''active'', envoûtements et divinations.

Selon l'égyptologue Yvan Kœnig, la pensée magique égyptienne accoucha de la coryance en la force performative du Verbe, que ce soit par l'incantation ou l'écriture.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident l'Église s'imposant, combattit la magie au nom de la lutte contre l'idolâtrie et l'hérésie alors que dans le monde musulman médiéval, magie et science participaient de la compréhension du monde.

 

Entre foi et savoir

Marie-Catherine Mérat

 

Les liens entre la science et l'église en Europe, au Moyen Âge ne cesseront de se resserer et de se distendre au fil des siècles tandis que la science antique, profane, sera peu à peu adoptée par l'église jusqu'à la redécouverte de la physique aristotélicienne.

''Dans l'étude de la vérité, l'église doit-elle se contenter du livre inspiré, la Bible, contenant toute la révélation, ou bien doit-elle aussi se servir du livre de la nature qu'étudie la science ?'' ainsi Georges Minois, dans l'Église et la science, histoire d'un malentendu, résume-t-il le combat que se livreront l'église et la science pendant plusieurs siècles.

Pour Saint Augustin, la science est utile pour déchiffrer la Bible !

Pendant le haut Moyen Âge, l'église contrôle la science. Des connaissances classiques il ne resque que des bribes : les Romains n'ont pas traduit la physique d'Aristote, Euclide ou Archimède. Il n'est pas utile de chercher des causes rationnelles aux phénomènes naturels. Pourtant au XIIe siècle tout va être remis en cause. Les écoles se multiplient, méthodes et contenus enseignés se transforment. C'est le triomphe de la dialectique, l'art de raisonner, de convaincre, de démontrer. Des textes scientifiques et phiosophies grecs et arabes nouvellement traduits se diffusent en Occident : traités de médecine, physique, optique, astronomie, alchimie... La nature apparaît dégagée de la sphère du sacré. Elle n'est pas un langage de dieu. Dès lors il devient possible de l'étudier via des méthodes indépendantes de la théologie et fondées sur la raison. La véritable rupture surviendra au XIIIe siècle avec la redécouverte d'oeuvres d'Aristote, sa Physique, Métaphysique, et de ses commentateurs arabes (Averroès notamment). Son œuvre renouvelle la physique, l'astronomie, la physiologie mais remet aussi en cause la toute-puissance de dieu. Le monde est éternel, nul besoin donc de création ex nihilo, la causalité des cieux sur le monde sublunaire qui enferme la toute puissance divine dans le jeu de lois naturelles et déterminismesastraux ; et l'unité de l'intellect qui s'oppose à l'immortalité de l'âme.

Thomas d'Aquin parvient à concilier la pensée d'Aristote et la pensée chrétienne alors que l'église tente de contenir la diffusion de la première. En 1277 une liste de 219 ''exécrables erreurs'' est publiée sous l'autorité d'étienne Tempier, évèque de Paris, toute tirées de l'enseignement des maîtres de la faculté des arts de l'université de Paris.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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