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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 07:15

Science & vie 1167

Mammatocumulus

(Alexandra Pihen)

Le 23 décembre 2008 apparaît pour la première fois au large du Japon un colosse glacé perché au-dessus d'une masse orageuse monumentale à environ 13 km d'altitude et s'étalant sur plus de 700 km de longueur. Nicolas Ferlay, du laboratoire d'optique atmosphérique de Lille, fut le premier à le remarquer devant son ordinateur. Six années seront pourtant nécessaires pour confirmer l'existence du phénomène. C'est désormais chose faite, la grande famille des nuages vient de s'agrandir, la décision finale restant à l'organisation mondiale de météorologie.

L'intérêt serait de pouvoir observer à l’œil nu ce nuage mais sa situation, au-dessus de tous les autres, de nuit, rend la chose quasiment impossible. Pour faire le portrait du nouveau venu il fallut une constellation de satellites météorologiques, puis le radar de CloudSat qui permit de vérifier sa taille et sa position, quand u radar laser Caliop, il attesta la régularité des structures qui apparaissent au sommet, et qui se répètent sur des centaines de kilomètres. Ce qui à première vue, sur un écran d'ordinateur, ressemblant à des poils s'est avéré être des montagnes arrondies gigantesques, 20 km de large et 4 km de hauteur. Ces structures ressemblant à un autre nuages, bien plus petit, appelé mammatus, celui-ci fut donc nommé mammatocumulus. Sa température oscille entre -43°C et -68°C !

reste à démontrer l'influence du mammatocumulus sur le climat terrestre. Il pourrait engendrer des échanges de vapeur d'eau entre la troposphère et la stratosphère, celle-ci ayant une influence non négligeable sur le climat.

 

La domestication des cochons, vaches, chevaux, chiens...

(Vincent Nouyrigat)

Depuis longtemps il apparaissait que les mammifères domestiqués affichaient sur leurs corps des stigmates incompréhensibles que les biologistes appellent ''syndrome de domestication''.

Regardez un épagneul et un loup, un cochon et un sanglier, une vache laitière et un aurochs... Les premiers majoritairement montrent des oreilles tombantes, ou réduites, un pelage couvert de taches blanches, une mâchoire et des dents raccourcies, parfois une queue recourbée et une morphologie juvénile, un cerveau plus petit et des cycles de reproduction plus fréquents.

Les animaux domestiqués seuls affichent la combinaison de ces traits atypiques dans la nature. Ces caractéristiques ne semblent pas liées entre elles et sont trop généralisées pour être le fruit de mutations génétiques aléatoires ou résultant d'une sélection par l'homo sapiens.

Le premier Darwin en 1868 aborda la question dans ''La Variation des animaux et des plantes sous l'effet de la domestication''.

Diverses hypothèses cherchaient à expliquer ces phénomènes, des études se concentrèrent sur le phénotype lié à la coloration d'un animal mais cela n'expliquait pas l'ensemble des traits domestiques.d'autres explication furent proposées, l'absence de prédateurs permettant une coloration du pelage plus visible, la réduction du stress qui aurait modifié l'expression des gènes. Ces traits venaient-ils d'un choix fait par nos ancêtres du Néolithique ? Rien ne vient étayer ces suppositions.

En 1959 Dmitri Beliaïev entrepris de domestiquer des renards, choisissant les plus dociles à partir de tests d'agressivité et de capacité à accepter la proximité de l'homme. En dix générations apparurent '' les traits de domestication''. Aujourd'hui ils se sont affirmés et les descendants de ces renards ont le comportement de n'importe quel chien.

L'origine de ces altérations viendraient du choix de nos ancêtres de choisir les spécimens les moins craintifs et les plus dociles pour en faire leurs compagnons. Attitude qui aurait eu des conséquences sur le développement embryonnaire de nos compagnons !

Pour comprendre ce phénomène il faut savoir qu'en cas de stress face à un danger la glande surrénale libère des catécholamines, molécules augmentant le métabolisme, ainsi l'animal a-t-il plus de chance de pouvoir fuir ou se battre. Les spécimens domestiqués présentent une glande surrénale petite et de faible activité, témoignage d'une déficience de la crête neurale, intégré au système nerveux primitif, qui participe au développement embryonnaire.

Choisir des animaux peu craintifs c'était sélectionner des animaux dotés d'une crête neurale déficiente dont les cellules participent à la formation des cellules de pigmentation ainsi que de nombreux tissus et cartilages. Les traits domestiques divers auraient donc une cause commune.

Tous les spécialistes ne sont pas d'accords sur cette proposition qui n'explique pas tout, elle reste néanmoins une avancée pour comprendre un phénomène curieux. Reste à comprendre notre besoin de domestication, notre envie (besoin?) de vivre en compagnie d'autres animaux, je ne suis pas le dernier dans ce cas.

Reste à faire un bilan global, nos compagnons ont profité de leur proximité avec nous, ils ont sûrement perdus aussi. La ''civilisation'' est à ce prix.

Et pour nous ?

Je crains que l'étude ne reste à faire mais que personne ne soit désireux de s'y risquer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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chenzen, le seul 26/08/2015 20:12

Bonjour Lee.

Magnifiques reportages. Les mammatocumuls sont assez flippants, sans doute parce qu'on n'en voit pas comme ça tous les jours. On dirait des nuages "en hauteur", comme si toute leur énergie pointait vers le haut. Dorénavant, je ferai attention au ciel. :+))

Merci pour cette étude sur la modification des espèces domestiquées qui est très intéressante. En tant que prédateur suprême", l'Homme a besoin d'animaux domestiqués asservis et dociles, cela lui a tout de même garantit sa survie à la sortie de la dernière grande ère glaciaire, puis, la mise en place des premières civilisations. Le lait, la peau, les poils, la force de travail ont rendu tout possible en peu de décennies.
Espérons que les robots ne fassent pas de même avec nous.

Lee Rony 28/08/2015 22:00

Je doute qu'ils ressentent le besoin de nous domestiquer, en revanche il ne m'étonnerait pas que ce soit nous qui le désirions.Tant d'exemples prouvent ce tropisme de la psyché humaine.

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