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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:50

La police scientifique est à la mode, il suffit de regarder les séries policières à la télévision pour le constater. Raison de plus pour en chercher les origines et découvrir qu'elles sont plus anciennes que nous l'imaginions.

Il est clair pourtant qu'en tant que discipline enseignée dans une structure policière ou académique elle est apparue à la fin du XIXe siècle. Dès 1880 Alphonse Bertillon, commis à la préfecture de police de Paris met au point l'anthropométrie afin d'identifier les récidivistes en se fondant sur les mensurations de certaines parties du corps. En suisse, au début du siècle suivant, Rodolphe Reiss monte un cours de photographie judiciaire qui débouche en 1909 sur la fondation d'un institut de police scientifique à l'Université de Lausanne. Un cours de police scientifique existait à Sienne depuis 1896 donné par Salvatore Ottolenghi.

La recherche d'indices dans les traces et empreintes est une pratique héritée des chasseurs médiévaux. Observer, identifier, puis dresser le signalement le plus précis. Edmond Locard, fondateur du laboratoire de police technique de Lyon, rendit en 1937 un hommage mérité à ses devanciers. Les traités de chasse se multiplièrent à partir du XIIe siècle, consacrant d'importants chapitres à l'analyse des traces de pattes. Au XIV apparaissent des analyses comparatives des traces et les procédures pour développer le sens de l'observation et de l'induction.

Des traces de pattes aux empreintes digitales il n'y a qu'un pas.

C'est en Asie, dès le VIIe siècle, qu'apparait l'utilisation de ces empreintes, en Chine, contrats de divorce ou reconnaissances de dettes portent celles des personnes incapables de signer. En Europe elles apparaissent au milieu du XIIe, au revers de certains sceaux en cire. Ces pratiques existaient déjà à Babylone il y a cinq mille ans. C'est pourtant en Europe que paraissent les premières études scientifiques consacrées aux empreintes digitales. Le médecin et anatomiste italien Marcello Malpighi publie en 1686 une étude sur ces dessins sans pourtant envisager la moindre application policière.

Il faut attendre les années 1820 pour que le toxicologue Mathieu Orfila propose de les utiliser dans les cas d'infanticide. Il incite ses collègues à regarder avec soin les traces sur le cou du nouveau-né pour déterminer s'il s'agit d'une mort accidentelle ou criminelle. Dès 1857 en Inde, un fonctionnaire chargé du versement des pensions, William Herschel, utilise les empreintes pour identifier les fraudeurs qui tentent de percevoir leur pension à plusieurs reprises. Au Japon, le médecin écossais Henry Faulds tombe par hasard sur des poteries portant des empreintes digitales, il se met à les étudier. Ses travaux donneront en 1880 un article fondateur dans la revue Nature où il suggère d'utiliser les traces digitales sur une scène de crime. D'autres, à la même époque arrivèrent à la même conclusion. Une lettre retrouvée récemment, écrite en 1840 par le Dr Robert Blake Overton, à la suite de l'assassinat du politicien William Russel. Son auteur y suggère clairement d'utiliser les empreintes des suspects pour les comparer avec les traces relevées sur les draps et l'oreille de la scène de crime. En 1863 des travaux conduits par Paul-Jean Coulier et publié dans L'année scientifique et industrielle évoquent l'emploi des empreintes et donne un moyen de les faire apparaître. Coulier précise ''qu'il ne serait pas impossible de reconnaître à ces vestiges l'individu qui aurait touché le papier''.

Malheureusement cet article fut ignoré par les services de police et de justice.

Depuis les experts, et leurs tenues blanches, sont présents sur bien des scènes de crimes. Des progrès ont été fait et les techniques se sont améliorées. N'oublions pas d'où elles viennent et remercions Nicolas QUINCHE pour son passionnant article.

 

Et je pourrais continuer à exploiter ce magazine tant il est riche et varié. Les articles sur les yeux, sur les graphes où comment donner à voir le vide quantique, sont aussi passionnant. J'ai privilégié celui qui nous concernait et faisait le point sur le chemin probablement parcouru par nos ancêtres.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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