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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 07:52

Rope - 1948 premier film tourné en couleur par Alfred Hitchcock

La caméra survole une rue, s'approche d'un immeuble, remonte, s'arrête sur une fenêtre aux rideaux tirés, un moment elle balaie le balcon, vide. La musique cesse et un cri retenti. Nous entrons et découvrons deux hommes en train d'en étrangler un troisième.

Brandon Shaw et Philip Morgan sont étudiants. Pour mettre en pratique l'enseignement de leur professeur, Rupert Cadell. Selon lui une théorie nietzschéenne reconnaîtrait le droit aux êtres inférieurs de tuer ceux qui leur sont inférieurs. Ah si c'était vrai...

histoire d'apporter du piquant à la situation ils invitent après cela, la famille de la victime, sa petite amie et leur professeur qui au cours du repas les observe, ayant noté une différence dans leur comportement.

Brandon est calme, sûr de lui ; il n'en va pas de même de son partenaire qui est nerveux, inquiet et doute de leur impunité. Cadell qui analyse leur comportement finit par s'interroger sur ce qui put se passer et soupçonner la réalité.

Basé sur la pièce Rope's End de Patrick Hamilton, elle même inspirée du meurtre commis en 1924 par Nathan Leopold et Richard Loeb, le film est un huis-clos dans un appartement bourgeois, tourné à la manière d'un unique plan séquence, ce qui favorise le rapprochement avec le théâtre. Pour cela Hitchcock filma huit séquences de dix minutes, longueur maximale des bobines de pellicule de l'époque, si bien raccordées qu'elles semblent ne former une prise unique.

Ce film souffre de ce parti pris technique de son réalisateur et l'attention des critiques et cinéphiles, ce ne sont pas toujours les mêmes, s'est souvent limitée à sa construction plutôt qu'à son scénario. Dommage car le scénario est digne d'intérêt. La culture donnant le droit de vie et de mort, en une époque où il en est, mais méritent-elles ce nom, qui voudrait la résumer à une kyrielle d'obligations semblables aux lignes d'un programme, qui autorise disais-je à se défaire des contraintes morales qu'elle-même professe pour se maintenir. La définition des personnages, celui qui tue sans remord, l'autre qui suit, dominé, mais ne parvient pas à assumer ce qu'il vient de faire. Mais l'important est-il là et pas dans la relation entre les deux hommes, pas question de parler ouvertement d'homosexualité dans un film de Sir Alfred, elle est pourtant là. Nous sommes aux états-unis, en 1948, le puritanisme sot domine.

Le professeur est affligé des effets de ses leçons, peut-être lui-même n'avait-il pas compris Nietzsche. D'autres, peu d'années plus tôt, étaient dans le même cas.

Il est permis d'enseigner un savoir sans le comprendre. Le problème vient des cerveaux qui le reçoivent.

Heureusement je ne professe pas !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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