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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 07:21

The Night of the Iguana – John Huston – 1964 - 125'

La carrière de John Huston est marquée par des chefs-d’œuvres et des échecs retentissants. Fan de littérature il adapta beaucoup de romanciers, Dashiell Hammet, Rudyard Kipling ou Herman Melville. En 1964 il se penche sur l’œuvre de Tennessee Williams déjà été porté à l'écran par Elia Kazan, avec Un tramway nommé Désir, Baby Doll. Huston s'attaque à La Nuit de l'Iguane.

Le révérend lawrence Shannon (Richard Burton) est suspendu pour ''fornication et conduite indigne'' et doit quitté l'église. Il s'installe dans un hôtel tenu par Maxine Faulk (Ava Gardner), veuve d'un ami à lui. Pour gagner sa vie il se reconvertit en guide touristique et fait découvrir la jungle mexicaine à de vieilles américains. Une toute jeune fille, Charlotte Goodall (Sue Lyon qui sera Lolita pour Stanley Kubrick) qui voyage en compagnie d'une vieille fille regrettant sa situation n'est pas insensible au physique de l'ancien pasteur et tente de faire mieux connaissance avec lui. Outre ses ouilles payantes l'hôtel où ils s'installent accueille également une peinte et son grand père, poète et nonagénaire. Ce qui n'est donc pas incompatible.

L'ambiance est torride, à la moiteur du climat se joignent les vapeurs de l'alcool. Il faut bien faire semblant de s'occuper. Le vieux poète Nonna récite ses vers, histoire de changer des autres, ressassant ''tel un aveugle montant un escalier ne menant à rien''. Illustration de Shannon alors qu'il monte en chair au début du film, pour avouer ses péchés à ceux qui sont là pour le juger, ou qu'il gravisse ceux de l'hôtel pour rejoindre Charlotte qui l'attend dans sa chambre. Elle qui l'observait d'en haut, tel un iguane qui guette sa proie. Je peux descendre, remonter, je n’en suis pas si sûr, aveu lucide de l'ancien pasteur à Maxine. Ce n'est pas pour rien non plus que l'hôtel domine l'océan et la jungle, qu'il faille grimper pour y accéder. Un lieu aux frontières des tentations, avouées ou non, mais où elles peuvent se rencontrer, s'exacerber.

Les personnages de Tennessee Williams sont souvent pris entre ce qu'ils voudraient être et une réalité qui n'est pas à la hauteur. Vu de loin ils semblent les rouages d'un mécanisme conçu par le destin et qu'aucun grain de sable ne viendra bloquer.

Huston sait remonter ses personnages, les utiliser dans une mise en scène qui manipule le spectateur qui s'attend à une montée dramatique mais voit le contraire jusqu'à ce qu'il ne sache plus à quoi s'attendre. Un sourire ne fait baisser la tension que sur le moment, qu'il cesse et celle-ci croît à nouveau.

Les personnages ne sont que des pantins dirigés par leurs pulsions et instincts, les premières prenant souvent le pas sur les derniers, Williams semblant parfois se moquer d'eux, parfois les prendre en pitié, comme s'il se retrouvait en chacun d'eux.

Ce qui devait être le cas.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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