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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 08:30

여행자 - Ounie Lecomte - 2009 - 92'

Ounie Lecomte réalise là un premier film autobiographique où elle utilise son expérience d'enfance coréenne adoptée par une famille française. Son prénom original étant Eun Hee ayant été francisé.

Je me demande bien pourquoi !

Dans les premières minutes du film, une production FranCoréenne, Jinhee et son père sont encore ensemble, la petite fille aime être sur le vélo paternel roulant dans les petites rues, elle est heureuse et la perspective d'aller acheter un gâteau la remplie d'aise. N'est-il pas question d'un voyage ?

Quand ils arrivent, sans qu'on ait encore aperçu le visage du géniteur mais seulement des parties de son corps, une ombre, une silhouette, déjà fantôme avant que d'être parti, dans l'institution Jinhee ne se doute pas de ce qui l'attend, elle ne comprend pas où elle arrive, qui sont ces enfants qui courent entre les bâtiments, et cette grille semblable à celle d'une prison qui la domine pour l'écraser.

Jinhee ne comprend pas ce qui se passe, ou du moins elle ne le veut pas. Comment son père pourrait-il la laisser derrière lui comme ça, comme on se débarrasse d'un objet encombrant dont on n'a plus l'usage ? L'institution catholique fait ce qu'elle peut pour l'accueillir, ses camarades ne sont pas hostiles, chacun étant passé par là, pourtant elle se recule, se bloque, refuse de manger, va se percher au sommet du poteau maintenant la grille, encore, une sœur viendra l'ouvrir pour qu'elle ne saute pas et lui montrera qu'elle peut partir si elle le souhaite.

Mais pour aller où ? Que ferait-elle seule, elle a besoin d'un toit, de pouvoir manger, et nul endroit ne l'hébergera hors l'orphelinat.

Finalement l'évidence va s'imposer, contre son espoir, son rêve que son père revienne la chercher, bien qu'il ait quitté leur domicile sans laisser d'adresse. Elle doit admettre que le passé ne reviendra pas mais que l'avenir peut valoir la peine de le connaître.

Elle a une meilleure amie, Sookee, quand la première boude, se renfrogne et communique difficillement, la seconde sourit, apprend l'anglais parce qu'elle pense qu'un couple étranger peut venir pour elle, comme ce fut souvent le cas en Corée. Jinhee nie sa condition, l'autre veut s'en sortir, et ce sont des positions contraires.

Ce sera un abandon de plus, qu'il soit compréhensible ne le rend pas moins douloureux pour la petite fille.

Le temps est implacable et l'instinct de vie doit s'imposer. Jinhee va s'enterrer, seul son visage sort du sol, des feuilles, elle reste ainsi un moment alors qu'elle entend les cris des autres pensionnaires. C'est qu'il est temps pour elle de renaître, l'enfant qu'elle fut n'existe plus.

Elle s'extrait de sa position, rejoint les autres, ses semblables. Quand une famille vient pour elle refuser sera impossible et si elle baissait la tête en arrivant elle la lève en prenant l'avion pour reprendre le cours de sa vie.

Un film sur l'abandon autant que sur l'adoption qui évite la dramatisation avec une mise en scène discrète d'une réalisatrice qui connaît le sujet, et, surtout, l'interprétation de Kim Sae-ron, déjà vu dans ''A Girl at my Door'' et ''The Man from Nowhere''. Je piste ses autres films.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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