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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 09:05

Gion est le célèbre quartier des plaisirs de Kyoto, c'est celui des geishas, ou geiko. Dans le passé un demi million de ces jeunes femmes attendaient de distraire les soirées d'hommes en mal de compagnie, pour eux-mêmes comme pour un dîner d'affaire où venir accompagné était bien vu. De nos jours elles ne sont plus que quelques centaines. ''L’hôtesse'' l'a remplacé, au kimono se substitue la minijupe.

National Geographic 3H - Special JAPON - 2

Pour une petite soirée l'idéal serait d'engager trois geishas ; une tachikata (danseuse), une jikata (joueuse de shamisen) et une jeune maiko. Celles-ci sont des apprenties mais leur jeunesse compense leur inexpérience. Il n'en reste que 29 à Gion, leur beauté fait qu'elles sont très demandée.

C'est une preuve d'ignorance de confondre geishas et prostituées, le mot signifie ''personne d'art'', mais d'un art si nippon qu'il est difficile à apprécier pour un étranger qui ne connait rien à la culture du pays. Malheureusement il faut bien reconnaître que la nouvelle génération s'est éloignée de sa propre culture en cédant à la facilité, à l'immédiateté. Nul doute pourtant qu'elles seront là aussi longtemps que le Japon existera.

De longues études et pratiques sont nécessaires pour obtenir ce titre, il faut étudier le chant, l'art du bouquet et le théâtre. Les vacances sont rares, un jour par moi en moyenne, inutile de dire qu'ici ce rythme serait inacceptable, l'inverse aurait plus de succès. Le temps pour se maquiller et s'habiller est de trois heures, avec l'onagoshi-san, l'habilleuse qui va l'aider à enfiler ses trois kimonos et disposer ses 11 ceintures et obis. Côté rémunération, une geisha peut gagner en une soirée le salaire mensuel d'une secrétaire.

Devenir hôtesse est plus facile, ne demande pas de formation ni de gros frais de vêtements mais il s'agit là d'un simple travail, être geisha c'est une carrière.

Autre profession féminine spécifique à l'archipel : les Ama ! Les nymphes de la mer qui plongent pour ramener des aliments, et pas des perles. Autrefois à moitié nues elles portent désormais des combinaisons, utile quand la température de l'eau approche les dix degrés.

Les Ama se divisent en deux catégories, les kachido (celles qui marchent) travaillant dans l'eau peu profonde à proximité du rivage et les funado (celles des bateaux), plus âgées, plus expérimentées, qui plongent au large. Si ce sont des femmes qui pratiquent cette activité et non les hommes c'est qu'elles peuvent tenir plus longtemps dans l'eau, restant une minute en apnée à chaque plongée et descendant à plus de 20 mètres.

Tout aurait commencé avant J-C. Quand la déesse du Soleil, Amaterasu-Omikami ordonna à la princesse Yamato-hime, fille du onzième empereur, de fonder un lieu de culte à Ise. Sur les lieux la princesse goûta un awabi, le trouva délicieux et demanda à ce que d'autres soient apportés régulièrement au sanctuaire.

La tradition continue !

 

Impossible d'évoquer le Japon sans parler de sa capitale. Tōkyō est un enchevêtrement d'autoroutes urbaines, de voies ferrées, d'immeubles, de rues où se pressent les millions d'habitants de la ville, les dizaines de millions quand on considère la conurbation qui s'étend sur un rayon de 50 km. Apparemment un contexte difficile à supporter, et pourtant, une fois passé un moment de crainte, l'immersion se révèle presque facile. Chacun y met du sien, fait ce qu'il faut au bon moment, les transports respectent leurs horaires, c'est une horloge parfaitement réglée dans laquelle chacun peut se glisser en suivant le mouvement général. Un occidental verra là l'esprit de la ruche en action où tous prédomine sur chacun, pourtant l'intelligence du groupe n'efface pas l'existence individuelle même si celle-ci répugne à s'afficher en pleine rue.

Il reste possible de sortir des grandes artères noires de monde pour emprunter les rues transversales et découvrir un décor bien différent, c'est quitter une ville à l'agitation perpétuelle pour trouver un quartier provincial, les buildings de verre et de béton laissent la place à de petites maisons, les grands magasins sont remplacés par des étalages colorés de fruits et de légumes. La voiture a disparu et le piéton peut tranquillement flâner et découvrir un oasis de paix et de verdure, avant de replonger dans l'effervescence.

Vous pensez que les japonais ne pensent qu'à travailler avant de rentrer, quand ils en ont le temps, chez eux pour prendre un peu de repos avant de recommencer ? C'est en partie vrai, mais pour supporter ce rythme ils savent se laisser aller, faire la fête, et boire, parfois plus que de raison. Voir quelqu'un tituber dans la rue le soir n'est pas plus rare que choquant. Autre qualité du Japon, une cuisine riche et variée dont nous n'avons que quelques aperçus, modifiés et adaptés à nos goûts.

Traditionnellement les hommes se retrouvent entre collègues et les femmes entre amies bien qu'il soit de plus en plus fréquent de dîner en couple. Si vous avez des amis japonais il est probable qu'ils vous inviteront au restaurant, d'abord parce que leur logement peut être trop petit, ensuite parce qu'ils aiment protéger leur intimité. À l'extérieur ils seront plus à l'aise, attendez de les voir dans un karaoké et vous les découvrirez sous un jour inattendu !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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