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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 09:03

The Dirty Dozen - Robert Aldrich - 1967

La seconde guerre mondiale fait rage, selon l'expression consacrée. Le débarquement s'approche, en préalable l'état-major décide d'une mission capitale mais si risquée qu'il fait appel à des soldats inhabituels : des criminels condamnés aux travaux forcés ou à de longues peines de prison. Le pari étant que ces hommes n'ayant rien à perdre prendront tous les risques en échange du gain possible : leur libération, malgré les méfaits commis.

Le major Reisman est nommé pour former cette équipe et l'entraîner en vue de la mission à venir. Il désapprouve l'idée, la trouve dangereuse et doute de la fiabilité des hommes qu'il aura sous son commandement. Militaire avant tout il obéit malgré ses réticences et va former un groupe d'une douzaine d'hommes, les emmener dans un camp discret, à l'écart des autres centres de formation et va les entraîner dans des conditions difficiles pour former un véritable groupe où l'individu n'a plus sa place et doit être prêt à se sacrifier pour, non la survie des autres, mais la réussite de la mission. Tâche difficile que de transformer ces hommes, fortement individualistes et rétif à l'obéissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un long travail que métamorphoser ces hommes, soumis à une violence qu'ils connaissent bien, mais reformatés pour un but transcendant les erreurs qu'ils firent dans leur passé. À vrai dire dans ce film si les méchants le sont vraiment, les ''bons'' ne méritent pas toujours ce terme, malgré l'héroïsme montré par les ''salopards'' en quête de rachats, s'attacher à eux n'est pas simple en regard des raisons de leur présence dans ce groupe.

Le jour dit le groupe est parachuté, la mission commence, elle va être à l'image du conflit, brutale, impitoyable et mortelle. Il ne s'agit pas pour Aldrich de faire de la guerre un spectacle sublimé et irréel mais dans montré la crudité, la cruauté, pas de pitié pour les officiers allemands, pas question de retenir ses coups, il s'agit de tuer ou d'être tué et face à ce choix chacun des salopards sait comment se comporter. Sans doute furent-ils, aussi, choisis pour cela, cette aptitude à tuer dix personnes pour abattre une seule cible avec la certitude d'être, pour une fois, de faire le bien. Ça rajoute au plaisir, puisque la guerre peut aussi en être non, non en dépit de sa laideur mais grâce à celle-ci, une espèce de bain de réalité où les contraintes que la société nous impose se dissolvent dans l'action, avec, quelque part, l'espoir de ne pas lui survivre pour retrouver la banalité d'un quotidien sans danger mais insupportable.

Dans ce film les salopards sont plus que douze et certains ont la poitrine couverte de médailles et les épaules jonchées d'étoiles dont l'aspect doré cache mal le sang qu'elles coûtèrent.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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zenchen, le seul 09/02/2015 22:04

Bonjour lee,

Un autre grand Lee qui joue dans cette production où sont réunis des acteurs à l'aube de leur célébrité. Dirty Dozen reste une oeuvre cinématographique qui a marqué les mémoires, ainsi que son temps.

Inspirée, à la base, sur l'histoire des commandos largués sur la Normandie à quelques heures du jour J, ce film demeure une fiction, dans laquelle courage, suspens, et, souvent, humour, s'enchevêtrent au gré des différents acteurs. Charles Bronson "tirait la gueule" durant tout le film (on dit qu'il ne voulait pas y participer), tandis que Donald Sutherland récupère le ton avec ses facéties multiples. C'est donc un équilibre permanent parmi ces acteurs. Il reste tout de même ce rôle étrange du psychopathe misogyne, tenu par Telly Savalas, qui fait tâche pour ce type de mission. Jamais aucune armée n'aurait envoyé un tel énergumène (psychotique) pour une opération spéciale de premier plan. Sans doute que Robert Aldricht (le réalisateur et anti-militariste) voulait dire que la guerre est une folie. Chacun y trouvera donc sa propre conclusion.

Un film excellent à découvrir, et redécouvrir, avec toujours autant de plaisir.

Lee Rony 10/02/2015 21:14

Lee Marrant vs Lee Marvin !
Sun Tzu avait tout compris il y a 25 siècles en soulignant que le meilleur moyen de gagner une guerre c'est encore de ne pas la faire ! J'ai peur que ce qui manque vraiment à l'espèce (temporairement) dominante sur Terre c'est de savoir quoi faire de la paix ! Celle-ci existera-t-elle un jour en dehors des cimetières ? J'avoue en douter. Quand à Savalas, je suis sûr que tu as vu juste. En Kojak, sa sucette dans la bouche, il était bien plus sympathique !

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