Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 09:02

Si les cavaliers de l'Apocalypse sont 4 pourquoi les articles sur cette revue seraient-ils moins nombreux. Le maudit me convient mieux que son contraire.

S'il est un genre de bâtiments qui frappe l'imagination quand on le voit, même de loin, c'est bien un phare. Prenons ici celui de Tévennec, érigé en 1874 au large de la bais des Trépassés (mmm), entre la pointe du Raz et l'île de Sein. Les marins qu'il n'aurait pu sauver se promènerait dans ses escaliers et plusieurs de ses gardiens auraient connu un sort funeste. L'un se serait vidé de son sang en tombant sur un couteau, un autre serait trépassé entre les bras de sa femme qui pour le conserver l'aurait mis au saloir... Les survivants auraient sombré dans la folie à force d'entre des cris et des voix.

Il n'y a pas de fumée sans feu, dit-on, que s'est-il donc passé derrière ces murs ?

Cinq ans furent nécessaires à sa construction, ses situations et taille de son fanal firent penser qu'un seul gardien suffirait à l'entretenir. Le premier gardien, Henri Porsmoguer tiendra cinq mois, son successeur supportera la solitude un mois de moins, le suivant ne fera pas beaucoup mieux. Décision va être prise de doubler le poste. Des couples mariés ne feront pas beaucoup mieux. En 35 ans 23 gardiens se succéderont, un record. Le phare finira par être automatisé en 1910.

Des rumeurs couraient déjà, pendant sa construction des oiseaux ne tournaient-ils pas au dessus des ouvriers en criant ''Kers-kuit'' ? Va-t-en... Avant celle-ci un naufragé ne trouva-t-il pas refuge sur cet îlot, mais ne pouvant être secouru en raison des vagues il était mort, laissant derrière lui son fantôme. Lentement, mais sûrement, la légende se forma et s'étoffa de mystères, de morts et de spectres. Des études sérieuses menées à partir de 1990 montrent que rien de tout cela n'était vrai, si un gardien était mort c'était d'alcoolisme. Pour ce qui est de l'Ankou, habitant du lieu, rien n'est sûr.

Mieux qu'un phare Ys nourrit la légende depuis des siècles. Construite par le roi Gradlon pour sa fille Dahud, l'opposition entre le premier, se christianisant, et la seconde, vivant dans la débauche, conduisit la cité à connaître les foudres divines qui, ici, prirent la forme d'une vague immense.

Mythe ou réalité ? Et dans le cas de cette seconde, dans quelle mesure avait-elle nourri le premier ? Des ruines romaines furent prises pour des faubourgs de la ville engloutie. Faut-il voir là l’œuvre de missionnaires chrétiens habiles à utiliser des légendes préexistantes pour démonter la puissance de leur maître alors que débarquaient des celtes de Cornouailles dans ce pays de gaulois déjà, partiellement, christianisés ? Dahud n'étant que l'adaptation de la banshee, intermédiaire entre l'au-delà et notre monde. Qui ne respecte pas les commandements de dieu, et les ordres de ses représentants sur Terre, est passible de mort. Déjà !

Autre raz de marée gigantesque, celui qui aurait fait une île du ''mont Tombe'', rocher colossal sis en pleine terre, noyant au passage la forêt de Scissy et les villages alentours. Ce mont est plus connu de nos jours sous le nom de Mont Saint-Michel ! Historiquement quand Saint Aubert fonda le premier sanctuaire en l'honneur de Saint-Michel, le mont n'était déjà relié au continent qu'à marée basse. C'est bien plus tard que les moines de l'abbaye instrumentalise cette submersion, y voyant la domination d'un ordre nouveau sur l'ancien, la victoire de l'archange sur le diable, et accessoirement les cultes païens qui perduraient. La réalité est moins spectaculaire, et si des forêts existèrent autour du mont c'était bien avant l’ère chrétienne.

L'eau est cause de bien des drames, nul besoin de faire intervenir une quelconque déité là dedans, l'utiliser ensuite suffit.

Avez-vous déjà entendu parler de Gilles Garnier ? Je peux

supposer que non, tout comme moi. Cet homme pourtant fut le loup-garou de l'ermitage Saint-Bonnot près Amanges et comme tel condamné en 1574 à être brûlé vif. Difficile d'imaginer qu'il était un véritable lycanthrope, tout simplement un homme vivant en marge des autres, avec femme et enfants, dans un environnement difficile, il suffit que des crimes fussent commis aux alentours pour qu'il y ait confusion entre un bouc émissaire et un loup, c'est donc à une drôle de bête que nous avons affaire. La Franche-Comté connut plusieurs procès pour cette raison entre 1500 et 1633, vingt accusés furent brûlés, d'autres furent bannis. Encore fallait-il qu'il y eut procès, parfois la peur dominant les esprits craintifs et superstitieux, le coupable présumé devenait une victime avérée.

Parfois c'est une coïncidence qui est la cause du drame, par exemple quand Raphaël Lévy, nous sommes en 1669, traverse le village de Glatigny pour se rendre à Metz y acheter les provisions nécessaire à la fête de Rosh Ha-Shana. Le hasard malheureux, ou malicieux, veut que ce même jour un enfant de trois ans, Didier Le Moyne disparaisse. Lévy est capturé, jugé, pour la forme, et condamné à mort sous le prétexte que les juifs avaient l'habitude d'enlever de jeunes chrétiens pour voler leur sang. Nul n'entendra ses dénégations. Les autorités juives demandèrent par la suite à tout coreligionnaire d'éviter ce village, il faudra trois siècles pour que la vérité soit rétablie, entérinée, et l'innocence de Raphaël Lévy reconnue.

D'autres histoires nous sont présentées, il serait dommage que je vous prive du plus croustillant, du plus savoureux.

Ce n'est là qu'un survol d'un numéro à utiliser comme guide de voyage. Il serait sûrement possible de le prolonger jusqu'à nous tant les tragédies sont nombreuses et nous accompagnent. Histoire sans doute de rappeler, à ceux qui, eux aussi, eux encore, voudraient l'oublier, la vérité de la nature humaine.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages