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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 09:10

Plutôt que de porter son attention sur les combats menés par Jeanne d'Arc, Dreyer préféra le procès de la pucelle en mettant en avant les visages pour favoriser les émotions, les ressentis et l'opposition entre Jeanne et ses accusateurs.

C'est presque, dans l'esprit, un documentaire sur le déroulement de la procédure. D'un côté une victime dont le destin se lit sur le visage, de l'autre la peur devenu de la haine de la part de l'Église face à cette femme qui remet en cause son autorité. D'un côté une femme de foi, de l'autre des hommes de pouvoir qui refusent de voir celui-ci remis en cause.

Jeanne est condamnée d'avance, les audiences deviennent son chemin de croix et son exécution sera son calvaire. La d'Arc de Dreyer renvoie aux martyres de l'aube de la chrétienté (laquelle passa directement au crépuscule, mais c'est une autre histoire), à la douleur de la Vierge. C'est une femme qui sans doute, à l'image du Christ, savait dès le départ quel serait sa destinée et la fin, sur Terre que celle-ci prendrait. Seul moyen pour l'un comme pour l'autre d'affirmer son message. Quelle valeur auraient-eu Jésus et Jeanne s'ils avaient vieillis comme vous et moi ?

Mais surtout vous.

La couronne qu'elle ceint renvoie à celle que porta Jésus.

La mort de Jeanne est toute dans le regard de Renée Falconetti. Son corps est encore là, soumis au supplice, mais son regard déjà dépasse le réel pour découvrir l'au-delà divin qui va l'accueillir.

Falconetti habite son rôle comme rarement une actrice put le faire, actrice de théâtre elle entra dans l'histoire du cinéma avec cette seule interprétation. Autre participation à noter, celle de Antonin Artaud, dans le rôle de l’abbé Jean Massieu, qui conseille à Jeanne de renier ses voix divines.

À l'origine Dreyer devait réaliser un film parlant mais les difficultés techniques qu'il rencontra, le parlant commençait, le conduisirent à renoncer à cette idée pour se contenter des intertitres habituels pour une réalisation muette.

Ironie de l'histoire le premier négatif disparut dans un incendie, un second montage réalisé à partir des chutes par Dreyer connut le même sort. Ce n'est qu'en 1981 qu'un double du premier négatif fut découvert dans un asile psychiatrique d'Oslo ce qui nous permet de découvrir l’œuvre telle qu'elle fut voulu par son auteur.

Il va sans dire que ceux qui ne l'auront pas vu risquent de finir sur le bûcher !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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commentaires

alain 10/02/2015 23:01

Une force extraordinaire dans ces visages.
Amitiés impressionnées

alain 10/02/2015 22:56

Une force extraordinaire dans ces visages.
Amitiés impressionnées

alain 10/02/2015 22:55

Une force extraordinaire dans ces visages.
Amitiés impressionnées

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